Jacques Pradel : L’alchimie, entretien avec Eugène Canseliet


05 Jul 2014

Eugène Canseliet (18 décembre 1899 à Sarcelles – 17 avril 1982 à Savignies), est un auteur et alchimiste français. Il fait des études au lycée Thiers puis aux Beaux-Arts à Marseille. Il lit Les Grands Initiés de Schuré et découvre l’alchimie à l’âge de 13 ans à la lecture d’un exemplaire sur papier japon d’Hermès dévoilé de Cyliani, édité pour la première fois en 1832. Il se familiarise avec l’occultisme en lisant Papus, Stanislas de Guaita, Fabre d’Olivet. Il prétend n’avoir commencé à fréquenter réellement Fulcanelli qu’à partir de 1916 jusqu’en 1922. Fulcanelli lui aurait présenté Jean-Julien Champagne, fin connaisseur de l’alchimie, qui lui fait lire L’alchimie et les alchimistes de Louis Figuier. En 1920, Canseliet entre à l’usine à gaz de Sarcelles et commence à pratiquer l’alchimie. Il assiste, dit-il, à une transmutation en 1922, par Fulcanelli… Il passe pour avoir été l’unique disciple de Fulcanelli. Il a rédigé pour chacun des ouvrages publiés de son maître prétendu (Le mystère des cathédrales et Les demeures philosophales) trois préfaces.

(Revue Question De. No 51. Janvier-Février-Mars 1983)

Cet enregistrement diffusé par France Inter le 28 octobre 1979 est le dernier réalisé avec Monsieur Canseliet avant sa mort. Rappelons que cette illustre figure, aussi renommée pour son humilité que pour ses travaux, a marqué l’histoire de l’alchimie de notre siècle. Ses ouvrages, et ceux de Fulcanelli dont il fut le détenteur, témoignent de la pérennité de l’œuf philosophal.

Êtes-vous devenu alchi­miste pour faire de l’or, pour devenir ce que l’on a longtemps appelé un brûleur de charbon ?

Non, bien sûr. Et à cette époque, je ne connaissais pas encore peut-être l’expres­sion, disons la périphrase péjorative, qui désignait les alchimistes. Mais je n’avais pas encore touché en rien à ce que l’on peut appeler le laboratoire. Quoique le laboratoire de l’alchimiste n’est pas bien compliqué ; il s’agit surtout d’avoir un bon fourneau, si on travaille par voie sèche, ou alors des brûleurs, de l’appa­reillage en verre, c’est-à-dire des ballons et des cornus, si on pratique par la voie humide.

C’est très mystérieux pour quelqu’un qui ne connaît pas du tout l’Alchimie. Qu’est-ce qu’il y a derrière tout ce que vous venez de dire ?

Mais non, ce n’est pas mystérieux. L’Al­chimie n’est pas une science, attention ! Non, non, c’est trop indéfini. C’est La Science, non seulement avec l’article, mais avec une capitale, La Science avec une majuscule, La Science par excellence. Pourquoi, parce que cette Science repose sur une philosophie. Voilà bien d’ailleurs ce qui, tout en les chagrinant, tente les physico-chimistes actuels, c’est de n’avoir pas de philosophie ; et c’est bien pour cela qu’ils ont appelé leur philosophie « la gnose ».

Vous dites l’Alchimie, c’est La Science ; vous dites aussi qu’il faut un fourneau, un appareillage finalement extrêmement simpliste, alors quel est le but de l’Al­chimie ? L’Alchimiste pour le commun des mortels c’est celui qui dans le secret d’un cabinet, justement avec plus ou moins les moyens du bord, tente de transmuter un métal, de faire de l’or avec du plomb ?

Oui mais l’alchimiste n’a pas ce but. Je répondrai directement et brièvement à votre question : pour le philosophe (le philosophe était un alchimiste ; en par­lent d’un alchimiste on disait le philoso­phe et on avait compris qu’il s’agissait d’un alchimiste) ; or le philosophe qui veut remonter au créateur, ne le peut avec succès, et sans danger, que par la ma­tière créée. Si donc vous n’avez pas en philosophie un substratum qui vous sou­tienne et vous protège, c’est-à-dire la matière sur laquelle ou par laquelle vous allez œuvrer, eh bien vous ne pouvez pas avancer. Je ne veux pas dire par là, et j’insiste, que la spéculation n’est pas valable, ce serait immédiatement sup­primer l’étude et la lecture.

Mais quand même, Eugène Canseliet, la fabrication de l’or c’est une étape sur un certain chemin ?

La fabrication de l’or, la fabrication des pierres précieuses et le diamant y com­pris vient par surcroît. Le but de l’Alchi­mie c’est de découvrir la pierre philo­sophale, c’est-à-dire la médecine univer­selle ; voilà le vrai but. Et la pierre philosophale destinée comme médecine à l’ar­tiste parce qu’elle lui apporte, par illumination, la connaissance et la pos­sibilité de vivre au-delà des limites ordi­naires réservées aux humains. Mais cette médecine qu’il utilise, lorsqu’elle est pré­cipitée, c’est-à-dire jetée sur l’or, trans­forme l’or métallique, en or de transmu­tation, en pierre transmutatoire ; et c’est seulement cette pierre qui transmute. Voilà.

Mais beaucoup de gens ont parlé de cette transmutation de plomb en or (c’est le plomb que l’on prend toujours au départ).

C’est le cliché ordinaire ! L’Alchimie c’est l’Art chimérique ! C’est cela qui consiste à fabriquer de l’or ! Mais non ! Ce n’est pas le but de l’Alchimie ! Le but unique de l’Alchimie c’est la pierre philosophale ou la médecine universelle.

Mais cette pierre philosophale, elle se trouve à la suite d’opérations bien maté­rielles. Vous parlez du fourneau, vous avez un fourneau chez vous ? Et vous y travaillez ?

Évidemment ! Je me sers de ce four­neau.

Depuis quand ?

Alors là ça va loin tout de même… Enfin je dirai que mes travaux au laboratoire ont exactement commencé alors que j’étais à l’usine à gaz de Sarcelles.

Eh bien il s’est passé quelque chose de bien extraordinaire dans l’usine à gaz de Sarcelles dans les années 1920. Quel­qu’un a transmuté du plomb en or, et cette transmutation historique de plomb en or, Pauwels et Bergier l’avaient racon­tée dans « Le matin des magiciens ». Le fameux Fulcanelli dont Eugène Canseliet est considéré comme le fils spirituel, au­rait réussi le grand œuvre, (Fulcanelli est certainement un pseudonyme derrière le­quel se cacherait un alchimiste français que personne n’a jamais vu travailler pour vivre et qui aurait d’ailleurs par la suite disparu dans de mystérieuses conditions). Eugène Canseliet qui a été à la fois le témoin et l’acteur principal de cette scène extraordinaire va nous la raconter en détail…

Que s’est-il passé cette année-là dans l’usine à gaz de Sarcelles ?

Fulcanelli a donné la preuve de son sa­voir en me faisant à moi-même exécuter devant lui d’abord et plusieurs autres ensuite … Au demeurant nous n’étions que quatre, je l’ai plusieurs fois écrit, en transmutant sur ses indications… il y avait un fragment plus gros et deux autres plus petits… avec des fragments de pierre philosophale qui étaient évi­demment peu importants eu égard à ce que j’ai transmué ; si bien même que je n’avais pas pris assez de plomb (c’était simplement du plomb à gaz) et que l’or était trop rouge et cassant, sil a fallu remettre du plomb pour l’amener à la texture enfin à la constitution normale de l’or.

Si j’ai bien compris, vous n’aviez pas 25 ans à l’époque ?

Non ! Mon père venait de mourir et j’avais installé précisément dans la chambre où il était mort et où la che­minée était excellente, mon petit labora­toire ; c’est là que j’ai commencé à tra­vailler. Mais la transmutation s’est faite en 1922 ; j’allais prendre 23 ans. Et là je vais prendre 80 ans.

Vous avez donc coupé des morceaux de canalisations de gaz en plomb ; et de­vant les autres personnes vous avez changé du plomb en or ?

Oui.

Et quel était le but de Fulcanelli en opé­rant cette transmutation ce jour-là ?

C’était surtout je crois à mon intention…

Ce jour-là un garçon qui avait donc 23 ans, sur les indications de quelqu’un d’autre qui était Fulcanelli, a changé du plomb en or ?

Oui ! Et 120 grammes, cela fait tout de même quelque chose !

120 grammes d’or à partir d’une vulgaire canalisation en plomb, c’est quelque chose effectivement, mais si on entend bien Eugène Canseliet, le but de l’Al­chimiste ce n’est pas de fabriquer de l’or. Alors quel est-il vraiment ce but ? Je lui ai demandé de nous le dire claire­ment…De nous dire par exemple s’il s’agit d’arriver à ce qu’Eugène Canseliet appelle l‘« Éternel présent », l’immortalité autrement dit ?

Oui. Cette possibilité de vivre quasi-éternellement… J’en ai un exemple… J’en ai un exemple, je ne reviendrai pas là-dessus ; mais c’est par la médecine universelle, c’est-à-dire par cette belle pierre rouge, qui n’est pas la pierre de trans­mutation, non pas du tout ! C’est cela qu’il faut chercher avant tout ! Mais sans arrière-pensée, sans volonté de lucre, de puissance, de domination, non alors là, ça ne va plus !

Si le but du travail alchimique est, disons, d’accéder à cette « immortalité », est-ce que cela n’est pas tout de même un but très personnel, très égoïste ?

Non ! Si je vous disais, bien sûr cela va peut-être faire sursauter, mais l’Alchimie est la Science aristocratique par excellence, pas de collectivité ; de la charité certes, mais à la manière de Saint-Paul… C’est la connaissance… Oui évidemment, c’est cruel ; combien ne voient dans l’Alchimie que le souci d’ap­porter le bonheur partout à toute la société ; croyez-vous que la société ac­tuelle en soit bien digne ? Ça n’est pas là un but bien noble… Lais­sons les gouvernements s’occuper de cela, cela permet de faire leur élection.

Est-ce que Fulcanelli dont on ne sait pas grand-chose sur la vie, mais encore moins sur la mort, ou sur la disparition, est-ce que Fulcanelli n’a pas atteint ce degré suprême ?

Fulcanelli me donne nettement l’impres­sion que pour lui le temps ne compte pas. Quand je dis le temps, j’entends le temps-durée ; cette matière qui compte tant, car c’est une matière le temps. C’est là que l’on voit l’Alchimie rejoindre la Science actuelle. Ce sont les mêmes conceptions. Les Alchimistes, bien avant les savants de la physico-chimie, pro­clamaient que la matière c’était l’esprit, que l’esprit est matière. Tout simplement. Et les opérations vous en donnent la preuve. La matière, l’esprit pèse, il est lourd, il pèse, il est grave. Et cette seule constatation vous paie de bien des efforts, croyez-moi. Parce que quand un petit bout est vrai dans une chose grande, il n’est pas possible que tout le reste ne soit pas au diapason.

Vous venez de parler de Fulcanelli au présent… ?

Oui parce qu’il vit toujours. J’en ai eu la preuve. Comme je vous le disais à l’instant, pour lui le temps ne compte pas. Oui on a avec lui l’impression que donne la jeunesse ; rien ne donne plus, surtout quand on est vieux, plus l’impres­sion de l’éternité que la jeunesse ; le temps ne s’écoule pas de la même ma­nière.

Oui, vous l’entendez, Eugène Canseliet parle de Fulcanelli au présent, Fulcanelli a donc cette année 1979 : 140 ans. Eu­gène Canseliet a rencontré Fulcanelli il y a un peu plus de vingt ans, il le jure il a rencontré Fulcanelli en Espagne.

Donc cette année-là une voiture s’arrête devant la maison d’Eugène Canseliet près de Beauvais. Dans cette voiture il y a un émissaire de Fulcanelli. On montre à Eugène Canseliet des papiers qui prou­vent que Fulcanelli est vivant. Eugène Canseliet va se retrouver en Espagne dans un mystérieux château, près de Séville pense-t-il, et je lui ai demandé de nous raconter cette scène extraordi­naire…

Eh bien quand je l’ai revu, il avait 113 ans, c’est-à-dire en 1952. J’avais à cette épo­que 53 ans. J’ai vu un homme sensiblement de mon âge. Attention, je précise, Fulcanelli en 1922 et même avant, c’était un beau vieillard, mais c’était un vieillard. Il m’a reçu en arrivant. J’étais assez surpris. « Tu me reconnais ? » Je lui ai dit : « Oui, Maître, bien sûr. »

Vous avez rencontré Fulcanelli à une époque certainement importante de votre travail alchimique ? Est-ce qu’il vous a donné quelque chose, est-ce qu’il vous a fait faire un bond considérable dans votre travail à l’époque ?

Oui. Ah, là évidemment j’ai vu des choses fort singulières, des choses étranges, parfaitement étranges qui me donne tout simplement l’impression qu’il y a une société… Il y a des gens qui sur la terre vivent sur un autre plan que le nôtre, ça c’est sûr.

Donc vous avez vu cet homme qui avait rajeuni dans une atmosphère que vous qualifiez vous-même de très étrange. Quel était le but de cette rencontre ?

C’était pour mon instruction. Si je ne trouve pas la pierre, je vais certainement disparaître. Il a voulu certainement me donner la preuve de la médecine univer­selle, de la vérité de la médecine uni­verselle. Je sais bien que cela va faire rigoler beaucoup de monde ! Cela n’a pas d’importance !

Vous avez donc passé quelques jours là. Vous habitez maintenant du côté de Beau­vais. Vous allez bientôt avoir 80 ans. Où en êtes-vous de votre travail et de votre chemin alchimiques ? Est-ce que vous pensez que vous trouverez la pierre ? Est-ce que vous pensez que vous arri­verez au terme de vos travaux ? Avez-vous eu d’autres nouvelles de Fulcanelli depuis ?

Il n’est pas impossible que je réussisse. Pas du tout. Comme disait Fulcanelli lui-même : « Si Dieu le veut », qu’il lisait : « Si Dieu le feu », cabalistiquement.

Est-ce qu’à ce moment-là vous disparaî­trez de la circulation ?

Si je ne réussis pas, il faudra bien que je suive la route de tout le monde.

Mais si vous réussissez ? Parce qu’il semble que lorsqu’un alchimiste réussit il disparaît des lieux où on le connaît et on le retrouve bien ailleurs ?

C’est une comparaison un peu présomp­tueuse. Quel est l’état d’esprit que l’on acquiert lorsqu’on a absorbé la pierre, et lorsqu’on est transformé par cette absorption ? C’est pas facile à dire. C’est comme si on voulait expliquer la durée, expliquer Dieu.

Donc cette pierre philosophale vous ne l’avez pas trouvée mais vous la cherchez encore ?

Oui ! Je peux bien le dire après tout ! Puisque c’est vrai ! J’en suis à la ter­minale. L’alchimiste c’est un physico-chimiste qui travaille en collaboration avec le cosmos. Voilà pourquoi son travail est canonique.

Eugène Canseliet a tenté quatre fois, il a frôlé quatre fois la fameuse coction, celle qui mène à la pierre philosophale. Je pense que l’on peut fabriquer une bombe H sur un fourneau de cuisinière mais il ne faut pas trop en parler. C’est la question que j’ai posée à Eugène Canseliet : Est-ce que vraiment les alchimistes ont dans les mains ces forces épouvan­tables ?

C’est ce qui fait peut-être l’intérêt consi­dérable que porte d’abord depuis déjà pas mal de temps la Russie du côté des traités alchimiques ; et maintenant à la suite de la Russie, les pays anglo-saxons. La Russie est une vieille nation, c’est bien toujours au fond la Sainte Russie ; la Grande Catherine est là qui profile son ombre derrière le Soviet.

Donc vous répondez oui à cette ques­tion ?

Oui. L’alchimiste pourrait déclencher des forces. Involontairement. Et c’est pourquoi avant d’attaquer la dernière coction, il faut être bien sûr, autant qu’il est possible de l’être de ne pas manquer cette opération, parce que si l’œuf phi­losophal s’ouvre tout d’un coup, cela pourrait bien être la bombe sans explo­sion qu’on cherche et qui ferait sauter toutes les autres. Il y en a trop qui sont répandues à la surface du globe pour tenter la chose d’une manière légère.

Vous êtes sûr qu’aucun alchimiste jamais ne trahira ce genre de secret ?

Non je ne crois pas. S’il est vrai. D’ail­leurs pour arriver là, il faut tout de même être un vrai. Je ne me donne pas de l’encens pour arriver jusqu’à ce mo­ment-là ! Jusqu’à entendre les sons musicaux des couleurs. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle la gamme, chroma­tique ; c’est alchimique. Cela veut dire la gamme colorée. C’est réglé, comme l’horloge du temps.

C’est une énorme responsabilité de ma­nipuler des forces qui pourraient pro­duire ce genre d’accidents ?

Oui c’est une responsabilité, bien sûr ! C’est une grosse responsabilité ! Et il ne faut pas en user à la légère. C’est trop grave. Et je le répète, il y en a des bombes en dépôt à la surface du globe, à droite, à gauche, en haut, en bas, dans tous les sens.

Vous avez dit : « Personne ne pourra em­pêcher l’Alchimie de venir à son heure. » Est-ce que vous pensez que dans les temps actuels c’est une période favorable à une renaissance ou à une…?

C’est obligatoirement une période favo­rable. Elle n’attend pas d’être reçue favorablement, elle ne s’impose pas, il y a une volonté supérieure qui l’impose parce qu’elle va avoir un rôle sauveur, une action salvatrice. Cela peut incliner la masse des humains à beaucoup plus de sagesse, beaucoup plus de pondéra­tion.

Cela pourra peut-être entraîner quelques hommes politiques et quelques dirigeants de ce monde ?

Ils sont bien trop occupés d’autres choses. C’est simplement des soucis temporels qui les agitent au nom de profits, de gains : « ôte-toi de là que je m’y mette ! » Non ça n’est pas pour eux ! Si les hommes qui conduisent le pays étaient occupés un peu de philoso­phie alchimique, disons hermétique, pour ne pas effaroucher, il y aurait peut-être un peu plus de sagesse et de discernement, ça c’est sûr !

Il est difficile d’obtenir des alchimistes un langage clair ?

On ne peut pas tout dire ! On ne peut pas tout dire en clair ! D’ailleurs la phi­losophie s’y oppose, disons la règle d’obédience s’y oppose, car il y a des règles à observer ; mais l’Alchimie est très accessible, très accessible à celui qui a un peu de courage, quelque peu de courage, de patience, de persévérance ; au fond c’est une science aussi bien sûr comme toutes les autres. Quelle est la science, quelle est la discipline, à l’École avec un grand E, dans les études, qui ne demande pas un effort, qui ne demande pas qu’on lise les livres, qu’on pénètre les textes ?

Vous voulez dire finalement que l’Alchi­mie doit se mériter, qu’il ne faut pas que la voie soit trop simple ?

Oui, il ne faut pas. La divulgation, car il s’agirait alors de divulgation, ne profite pas plus à celui qui en est bénéficiaire qu’à celui qui la donne, non. Il y a tou­jours l’effort nécessaire. On a rien sans peine, il faut tout de même faire un effort, c’est nécessaire. D’ailleurs c’est amusant car il y a un livre, c’est un album, qui est constitué d’images sans paroles, d’images symboliques, toutes relatives très étroitement à l’Alchimie, qui se termine par ces paroles écrites : « Prie, lis, lis, relis, travaille et tu trou­veras. » Et c’est bien vrai ! Voyez comme le côté spéculatif est nécessaire par la lecture. Il faut étudier. Il faut étudier comme en toute discipline où l’on veut arriver à quelque chose, où l’on veut obtenir un résultat, autant que possible un succès.