Un grand maître de la psychologie des profondeurs C.G. Jung (1875-1960) par L.-J. Delpech

(Extrait de la revue des deux mondes. Août 1968) L’année dernière paraissait un livre : Ma vie, souvenirs, rêves et pensées [1] du grand psychanalyste suisse C.G. Jung. Rapidement, treize mille exemplaires furent vendus, le nombre eut été sans doute beaucoup plus important si ce livre avait paru plus tôt, beaucoup de lecteurs de Jung […]

La médecine hermétique de Paracelse par Éric Marié

(Revue Le chant de la licorne. No 16. 1986) L’œuvre écrite de Paracelse [1] est considérable, plusieurs milliers de pages, regroupées pour la première fois par John Huser, de 1589 à 1603. Parmi les nombreux sujets traités, la médecine y tient une place importante. Poursuivant sur la voie empruntée par Arnauld de Villeneuve (1235-1311) ou […]

Un style hermétique Albert-Marie Schmidt

Inaugurée par les byzantins et les Arabes, fabuleuse dans son expression, merveilleuse dans son projet, l’alchimie impose aux chatoyantes spéculations de la Gnose maintes parures orientales. Elle s’enchante aux allégories colorées et complexes. Elle tient en mépris la sobriété des métaphores classiques. Habile à inventer entre les ordres divers de l’être des correspondances fantasques, elle impose à ses sectateurs une ascèse bien réglée. Tandis que, dans l’« Œuf philosophique », globe de cristal soi­gneusement clos, ils surveillent la coction et la métamorphose du « compost », mélange secret d’où, comme d’un embryon, prisonnier de l’utérus, naîtra la pierre philoso­phale, ils doivent passer par les exercices gradués d’une lente purification. Ils professent la croyance que pour parfaire le « Grand Œuvre », régénération de la matière, ils doivent poursuivre la régénération de leur âme. Cette gnose tâche vite à prendre un aspect chrétien. De même que dans leur vase scellé, la matière meurt et ressuscite, parfaite ; de même, ils souhaitent que leur âme, succom­bant au trépas mystique, renaisse pour mener en Dieu une existence extasiée.

Réflexions sur l’or des alchimistes par Emmanuel D’Hoogvorst

Tout ici-bas, disent les Philosophes, n’est que poussière et cendres. C’est le monde de la génération et de la corruption. Seul de toutes les substances sublunaires, ce beau métal est inaltérable. L’hypothèse des alchymistes est donc la suivante : si l’or, soleil terrestre, est indestructible, c’est qu’il possède en lui un principe physique d’immortalité. Si les hommes savaient la puissance et la médecine qu’il a en lui, ils abandonneraient toutes leurs occupations pour se mettre à la recherche du secret que le Souverain Créateur a déposé dans les mines, afin d’y trouver cette guérison et régénération auxquelles aspire le genre humain.

Érotique de l’alchimie par Élie-Charles Flamand

L’alchimie affirme la nécessité d’une base matérielle pour l’édification d’une œuvre spirituelle. Selon ses concep­tions, les transformations que l’alchimiste fait subir à sa matière première sont analogiquement liées au pro­cessus initiatique qui s’opère spirituellement chez celui-ci. Du fait de l’Involution, la matière semble être ce qui demeure le plus éloigné du Divin. Pourtant, c’est au tréfond de la masse hyléenne déchue que l’opérateur trouvera l’étincelle du Feu incréé et pourra alors se transmuer spirituellement en communiant avec la trans­cendance. Le monde n’est en vérité qu’une forme illu­soire sous laquelle l’Absolu peut apparaître…

Le tarot alchimique par Michel Bulteau

Comment à partir d’un jeu de cartes peut-on arriver à l’âme philosophale ? Certainement parce que l’avenir et le symbolisme du Grand Œuvre se retrouvent sur la même pierre, comme dans la parole du Zohar : « Aux temps futurs, chacun pourra voir l’âme de l’Écri­ture. » Chacun revêtira ici la pèlerine du Mage, s’appuiera sur son bâton et tiendra sa lanterne. Ainsi passera-t-on de la terre noire à la lumière solaire. Le Tarot, en effet, véhicule quelques secrets de l’Art chymique.

Alchimie, contes et légendes par J. Rebotier et J.M. Agasse

Le corps, l’âme et l’esprit vital sont comme la lampe, l’huile et la mèche. De même que la mèche ne saurait servir dans une lampe sans huile, de même l’esprit vital ne saurait être utilisable dans un corps sans âme. L’es­prit vital du corps, c’est le sang, l’âme en est le souffle, qui se répartit dans le sang et le cœur, jusqu’aux extré­mités du corps : ce dernier, vous le savez, consiste en chair, en os et en nerfs. Sachez que si vous logiez l’esprit vital seul dans le corps sans y introduire l’âme, le corps n’aurait point de clartés ; il serait comme enveloppé de ténèbres. Quand vous y faites pénétrer l’âme, le corps s’affine, se purifie et prend un bel aspect. Saisissez bien ce que je vais vous décrire, car c’est une chose importante et personne ne pourrait être guidé vers la science cachée dont je parle, s’il ne connaissait ce chapitre. Ne voyez-vous pas que le feu possède une clarté, des rayons et de l’éclat ; si vous l’arrosez avec de l’eau, la clarté et l’éclat disparaissent et il devient ténèbres après avoir été clarté.

Carl Gustav Jung et alchimie par Guy Béatrice

Attentif à toutes les formes revêtues au cours des âges par la pensée humaine dans sa quête obstinée de la vérité, le psychanalyste zurichois n’avait pas été sans remarquer les analogies existant entre les rêves de certains de ses patients et les textes alchi­miques anciens dans lesquels, à l’encontre de ses confrères, il n’avait pas craint de se plonger afin de mieux appréhender les mécanismes de l’esprit.

L’alchimie dans l’épopée occidentale par Jean Markale

Car l’essentiel se trouve là : avant d’être opérative, l’Alchimie est un mode de pensée, une véritable structure mentale, une remise en cause de la logique aristotélicienne, une sorte de science paralogique ou plutôt hétérologique. Or il apparaît bien que le système de pensée des Celtes ait été lui aussi hétérologique. L’Alchimie met en relief la « mystérieuse et profonde unité » de la nature, de l’homme et du divin. La pensée celtique n’envisage pas l’être humain autrement que participant pleinement à la nature et à la divinité. L’Alchimie prétend agir en même temps sur le corps et sur l’esprit, sur l’inanimé et sur l’animé, en niant la différence que la pensée classique établit entre ces deux notions. Les Celtes ont toujours refusé le fossé entre nature et culture, entre corps et âme, insistant sur le fait que l’esprit ne s’incarne pas, mais se matérialise, ce qui n’est pas la même chose…

Qu’est-ce que l’alchimie ? par Robert Amadou

L’alchimie s’exprime en symboles, et il faut bien dire que beaucoup d’alchimistes ne comprennent pas les textes qu’ils lisent et ne comprennent peut-être pas les textes qu’ils écrivent. Il m’est arrivé de trouver tant d’imitations, de plagiats ! et des exemples encore plus intéressants de véritable délire poétique ! Et tant d’alchimistes qui, lisant ou écrivant des textes d’alchimie, s’imaginaient comprendre, et en fait ne comprenaient pas ! La question se pose : Qu’y a-t-il à comprendre ?