Nouveau regard, nouvelles pratiques, entretien Léon Geerinckx et Christine Hardy


05 Feb 2014

(Extrait de La science devant l’inconnu par Christine Hardy. Édition Rocher 1983. Copyright Christine Hardy)

C.H. — Vous m’avez parlé de médecine spirituelle. Qu’enten­dez-vous par là ?

L.G. — La plupart des maladies prennent naissance dans le psychisme qui joue le rôle de contrôle du corps. Tout mauvais contrôle peut entraîner des défaillances. Aussi, le médecin qui n’agit pas sur les effets mais sur les causes sera celui qui pourra éviter les défaillances de se produire. On estime que 80 % des maladies ont ainsi une origine spirituelle.

C.H. — Pourquoi ce pourcentage de 80 % ?

L.G. — Ces 80 % viennent d’abord du fait qu’en occident, le moral intervient pour 50 % dans la guérison. Les Tibétains, eux, disent : « La médecine spirituelle, c’est 100 % de la guérison. » Nous avons remarqué qu’en fait le corps et l’esprit dépendent l’un de l’autre. Je prendrai l’exemple du diapason. Le diapason, finalement, c’est un petit bout de fil de fer, vu d’une certaine façon ; mais il a une forme telle qu’en lui donnant une chique­naude, il sort le fameux « la », c’est-à-dire l’âme du diapason. Toutefois, si le diapason était fêlé, il ne donnerait plus du tout le « la » ; ainsi le « la » dépend quand même de la qualité du support. Pour cette raison, on ne peut pas dire que l’esprit est responsable à 100 % des maladies.

En ce qui concerne le corps humain, la conscience est logée essentiellement dans la zone psychique. La conscience, en fait, est dans tout le corps, surtout chez ceux qui sont très développés. Elle est même hors du corps. Disons néanmoins que le centre est dans la zone psychique.

C.H. — Qu’appelez-vous la zone psychique ?

L.G. — Le système nerveux central et les plexus.

C.H. — Les chakras ?

L.G. Les chakras sont les résultats. Les plexus sont les fils de fer et les chakras sont le « la ». Donc la conscience (le conscient et l’inconscient) est surtout centrée sur l’ensemble du psychisme.

Nous nous sommes dit : ce n’est pas l’artisan qui fabrique le métal du diapason qui est important, c’est la personne qui lui a donné la forme idéale, qui contrôle sa forme. Dans le cas de l’homme, c’est l’aspect contrôle qui est le plus important, puisque la conscience se trouve dans la zone de contrôle.

C.H. — Vous introduisez une notion de forme intéressante, parce que en fait il y a différentes formes psychiques et diffé­rentes notes associées ?

L.G. — Absolument, nous avons même fait des études ici et montré que le psychisme peut s’enrichir approximativement de 10 exposant 36 (1 suivi de 36 zéros) structures nouvelles.

C.H. — Et ces structures sont liées à des formes ?

L.G. — Ce sont toutes des formes différentes. Ce sont des états psychiques différents.

C.H. — Pouvez-vous nous donner quelques-uns de ces états psychiques ?

L.G. — Les cas les plus simples sont les cas matériels. C’est par exemple une invention. Avoir inventé la locomotive corres­pond à une structure nouvelle.

C.H. — Et de l’utiliser aussi ?

L.G. — Oui, de l’utiliser sur le plan spirituel ou, ce qui revient au même, de l’utiliser sur le plan de la matérialisation globale. L’aspect spirituel se distingue, par rapport au matériel, par son aspect global. La locomotive est un phénomène tout à fait global. Or le spirituel pourrait devenir une matérialisation globale et serait ainsi infiniment plus profitable à l’homme.

L’aspect spirituel, c’est donc l’agencement des choses globale­ment, et l’aspect matériel, localement. Mais, en fait, le matériel et le spirituel sont fondamentalement la même chose ; seul, un degré de complexification, de complétude, les sépare.

Pour revenir à la médecine, les 80 % viennent du fait que la conscience, qui est l’élément agissant de cette médecine, se trouve du côté contrôle. On ne pourrait pas mettre 100 % car il y a des gens qui naissent avec un karma génétique et ce n’est pas de leur faute s’ils sont débiles.

C.H. — Ne croyez-vous pas que lorsque les Tibétains disent que la guérison spirituelle, c’est 100 %, ils ne nient pas la possibilité d’une guérison qui porterait sur le corps uniquement, mais que, quel que soit le plan sur lequel on agisse (le corps, l’esprit ou la psyché), on peut avoir une guérison totale si les méthodes sont bonnes. C’est-à-dire que l’on peut choisir d’agir sur le plan que l’on veut et de toute façon il y aura un résultat ?

L.G. — Mon avis n’est pas exactement celui-là, mais ce serait de dire que dans l’absolu, effectivement, tout est contrôlable, donc tout est corrigeable, c’est peut-être ce que vous voulez dire ?

C.H. — Je voulais dire que n’importe quelle partie est tellement reliée au tout que, quel que soit le plan sur lequel on agisse, cela atteint le tout ; c’est ce qui permet à la médecine corporelle d’être aussi efficace.

L.G. — C’est vrai, on pourrait alors généraliser toutes les médecines en une seule, dans ce cas-là. Mais si on fait une distinction, comme je le fais, entre médecines somatique, psychiatrique et spirituelle — ce qui correspond aux maladies somatiques, comme la grippe, aux maladies mentales, comme la névrose et aux maladies spirituelles, comme le fanatisme ; si on divise en trois, ce qui est, disons, commode, et si par ailleurs on prend l’homme comme référentiel, et non pas la totalité de l’univers, dans ce cas-là, je pense qu’il est valable de dire que l’homme peut agir sur 80 % des maladies. Ce qui est important, c’est que le jour où la médecine spirituelle pourra vraiment être pratiquée couramment 80 % des maladies seront supprimées de la Terre. Ainsi cette médecine annonce la fin de la médecine en général, parce que la médecine aujourd’hui soigne, mais en fait elle sous-entend la prévention, et la prévention, dans le modèle spirituel, cela signifie que l’on précède le mal avant qu’il n’apparaisse. De sorte que la médecine sera remplacée par l’éducation.

C.H. — Et le contrôle ?

L.G. — C’est le contrôle par la conscience. Nous avons des documents consacrés à l’éducation du futur. C’est un thème de recherches très poussé ici. L’éducation commence, bien sûr, avec les enfants, et même au niveau prénatal. Car nous avons déjà étudié une éducation prénatale.

C.H. — Sous quelle forme ?

L.G. — Par exemple, en faisant écouter de la musique à une mère enceinte dès le cinquième mois.

C.H. — Pour l’instant, cette éducation prénatale est donc sonore ?

L.G. — Sans doute, mais la position du corps de la mère est importante, on peut communiquer par la posture…

C.H. — Par les pensées aussi…

L.G. — Par les pensées, c’est certain. On devrait d’ailleurs commencer l’éducation de l’enfant, comme cela a été dit très justement, vingt ans avant sa naissance… en éduquant déjà les parents ! Enfin, on tourne dans le cycle : plus on éduquera le monde, plus le monde pourra s’auto-éduquer. Nous commen­çons donc très tôt. Dans cette recherche à laquelle participent actuellement trente chercheurs, nous allons jusqu’à l’éducation ésotérique, ce qui est évidemment nouveau, car aujourd’hui, il n’y a guère d’éducation, ni chez l’adolescent, ni, a fortiori, chez les moins jeunes.

Nous pensons toutefois que la faculté d’abstraction ne se manifeste pas avant dix-sept ans, or l’ésotérisme, nécessitant des zones nettement plus évoluées, présuppose une part d’abstrac­tion. Si l’on ne peut transcender, par manque d’abstraction, on ne va pas très loin.

En d’autres mots, toutes les fonctions du corps plafonnent, que ce soit la capacité respiratoire, la force musculaire, l’acuité visuelle, etc., sauf une : la conscience qui, elle, peut se développer à l’infini.

C.H. — Mais lorsque l’on développe la conscience, on éveille alors les sens sur un nouveau plan.

L.G. — Oui, ce n’est qu’une question d’expression.

C.H. — La vue peut, par exemple, être prolongée par la clairvoyance.

L.G. — Oui, mais alors on ne l’appelle plus un sens, chez nous…

C.H. — Vous l’incluez dans la conscience ?

L.G. — Oui bien sûr, nous profitons des canaux qui existent, comme les sens, pour aller plus loin, c’est certain, mais, sans cette conscience, la vue ne peut pas être réalisée.

C.H. — Oui, c’est vrai.

L.G. — C’est une question de mots, mais sinon, tout à fait d’accord. On peut donc se multiplier au niveau de l’épanouissement de soi, considérablement, surtout dans le sens de la création de soi. Pour prendre un exemple matériel et pour rappeler aussi les 10 exposant 36 structures psychiques que l’on peut ajouter en nous, je dirai que l’homme peut matérialiser, peut concrétiser, peut exister, dans toutes sortes de formes de vies humaines.

C.H. — Quand vous prenez 10 exposant 36, cela veut-il dire que l’homme que l’on vit actuellement, c’est le N° 1, ou bien a-t-il déjà accès à plusieurs nombres ?

L.G. — Je crois que l’homme d’aujourd’hui, c’est un peu triste à dire, n’est pas beaucoup plus évolué que le primitif d’il y a peut-être 10000 ans, sauf sur le plan matériel. Mais sur le plan spirituel, je ne crois pas que l’occident ait gagné beaucoup.

C.H. — Si nous prenons en considération ce qui a été développé sur le plan technique, et si, maintenant, la recherche prend pour objet le plan spirituel, étant donné notre énergie d’évolution qui est extraordinaire, on peut penser que nous irons très loin sur ce plan.

L.G. — Mais l’homme moyen d’aujourd’hui puisque c’est à celui-là que je pensais — n’est pas plus évolué que ces primitifs, et parfois on se demande s’il n’a pas perdu certaines choses importantes. Cela il faut le signaler. Quand on parle de civili­sation, on doit ajouter civilisation matérielle. En effet, cette évolution reste tout à fait localisée ; en fait l’âme de l’homme, le psychisme profond, le cosmique, le christique, le parapsychi­que, le magique, l’alchimique, tout cela n’a pas beaucoup évolué.

C.H. Cependant, il y a quand même quelque chose d’essen­tiel. Alors que l’on voyait dans les temps anciens un seul sage sur 10000 personnes arriver à certains états de conscience supé­rieurs, on a l’impression, actuellement, que de nombreuses personnes sont capables d’accéder à ces états. Cela fait une différence au niveau de la planète, peut-être.

L.G. — Je le crois, mais c’est plutôt dans ce qui se sépare.

C.H. — Alors comment ressentez-vous cette mutation ?

L.G. — Cette mutation a, je pense, deux aspects qu’il faut considérer pour ne pas se leurrer sur cette nouvelle dimension. Tout ce qui est spirituel correspond à un territoire non balisé, où il est possible de monter très haut, mais où il est aussi possible de se perdre. Les saints nous ont montré maintes fois que la montée spirituelle est par moment aussi une chute en enfer, et si on se plaint autant des sectes, ce n’est pas que l’on soit contre l’esprit, mais parce que, trop souvent, les sectes nous montrent des chutes en enfer.

Cela veut dire que cette montée spirituelle que je constate aujourd’hui, bien qu’à ses débuts, a des prémisses très encoura­geantes, malgré de nombreux pièges. Et, en tant que philosophe, c’est-à-dire comme tous ceux qui essaient de tenir compte de la vérité, je crois qu’il faut garder à l’esprit que même les « grands » spiritualistes peuvent se tromper ; je prendrai pour exemple « Finhorn », qui représente le centre le plus apprécié en Europe et aux USA, pour dire « faites attention ».

Je vais vous expliquer de quoi il s’agit. Pour moi, la spiri­tualité comporte deux volets : l’épanouissement de soi, et la création de soi. L’épanouissement de soi, c’est ce que fait « Finhorn », c’est-à-dire développer tout ce qui est agréable en soi, tout ce qui, par plus de conscience, permet de voir plus loin, tout ce qui donne donc un épanouissement croissant. Et effectivement cela va dans le sens du bonheur, incontestablement. Mais le bonheur peut être notre premier piège également…

C.H. — Il l’est ! C’est là où l’on décide de s’arrêter. C’est la limite que l’on se donne en se disant : « Eh bien, maintenant, je vais être dans la béatitude. »

L.G. — Voilà, exactement ! Vous avez très bien compris ; cela me fait plaisir parce qu’il n’y en a pas tellement qui le comprennent. J’en ai d’ailleurs parlé à quelqu’un à « Finhorn », il disait oui, mais je sentais bien médiumniquement que c’était pour me faire plaisir, et comme j’avais assisté à deux jours de présentations, j’avais remarqué que jamais ils n’abordaient l’au-delà des choses ; cela tendait toujours vers l’épanouisse­ment, vers le bonheur de soi.

C’est qu’en effet, et je suis ravi que vous ayez perçu cela aussi, l’homme n’est pas, comme la plupart de nos contempo­rains le croient, quelqu’un qui est dans l’univers uniquement pour jouir.

Car si nous regardons l’étoile, l’atome, la fourmi, le chêne, ou toute autre création, nous constatons que la vie est un combat permanent. Et l’homme semble être la seule créature qui a cette naïveté extraordinaire de croire que la vie consiste à rester dans un fauteuil ; et comme « penser » demande encore trop d’efforts pour certains, ceux-ci préfèrent une télévision qui pense à leur place. Beaucoup de gens malheureusement en sont arrivés à ce sentiment tout à fait absurde. S’il est vrai qu’il faut chercher le bonheur, le plaisir, la jouissance (cela va de soi), il n’empêche que le néant, la fin du monde, la mort, sont toujours à portée de main. Viser notre destin, cela veut dire : exister plus. Exister plus, ce n’est donc pas seulement jouir, c’est aussi se défendre contre un univers qui est en partie anti-humain.

C.H. — Et qui nous enferme sans arrêt dans un petit coin de l’espace.

L.G. — Et qui nous enferme, absolument. Ainsi donc il faut s’épanouir, mais il faut profiter de cette conscience illimitée pour continuer un effort de consolidation de notre monde et prendre possession de l’univers aussi loin que l’on peut.

C.H. — Et dépasser sans arrêt la limite que l’on s’est donnée.

L.G. — C’est cela.

C.H. — Il y a quelque chose qui m’intéresse beaucoup et dont j’aimerais que vous reparliez. Vous avez dit que le spirituel était un territoire non balisé. Alors n’a-t-on pas là justement un problème. En effet, le développement spirituel et psychique, dans les époques passées, était très balisé. Les gens, ou bien ne se développaient pas, ou bien étaient pris dans le contexte des religions ou des spiritualités de leur culture.

Et c’était totalement balisé, puisque toutes les étapes du chemin étaient connues par les anciens qui les avaient parcou­rues, ou par les textes. Donc maintenant, si l’on n’a plus de bali­ses, n’est-ce pas parce que le développement qui nous attend a été jusqu’à présent hors de portée ou, deuxième solution, parce que notre langage est différent et qu’il nous faut des balises différentes ? Pour moi, je crois que les deux sont justes.

L.G. — Mon point de vue est un peu intermédiaire. Je ne pense pas qu’autrefois, on croyait l’homme capable de trans­former le monde et l’univers.

C.H. — Oui, ça, c’est essentiel. Et c’est justement ce qui est différent maintenant.

L.G. — Ainsi autrefois on balisait parce qu’il suffisait de suivre la recette et on vivait un état de bonheur plus complet.

C.H. — Certainement. De plus, ce n’était pas une création personnelle. Donc on ne pouvait pas dépasser la limite des balises, on était enfermé par ces balises. Mais nous qui n’avons pas de balises, nous pouvons aller plus loin.

L.G. — Voilà ! On s’est débarrassé de ces balises et je crois que c’est une bonne chose. Et je ne dirais pas que cela nous mène dans un terrain où l’on risque de se perdre, non, ce n’est pas pour cela qu’on se perdra nécessairement.

C.H. — En fait, s’il y a plus de danger, on peut aussi aller plus loin.

L.G. C’est cela. Mais il existe une science dont je suis l’auteur, la « fabrologie », qui donne la méthodologie du progrès. Pour résumer cette science qui comporte actuellement une tren­taine de lois méthodologiques, je dirai ceci : « on peut toujours retrouver le cap de la réalité maximum, de l’existence maximum, de l’optimisation existentielle, en avançant avec les liens latéraux suffisamment nombreux. »

C.H. — La communauté, par exemple ?

L.G. — Voilà ! Prenons d’abord un exemple très simple, puis un exemple un peu plus compliqué. Dans les voitures : autrefois on fermait la portière en donnant un coup de clé. Puis, il y a une vingtaine d’années, on a introduit une fermeture automa­tique ; maintenant, il suffit de claquer la porte pour qu’elle se ferme à clé. Aujourd’hui, on tend à revenir au passé parce que trop souvent les gens, oubliant leurs clés à l’intérieur, avaient les pires ennuis.

On avait apporté une amélioration en créant cet automatisme, mais cette amélioration était locale, non globale. Ce progrès apportait donc une facilité mais ne tenait pas compte de la psychologie de l’homme, c’est-à-dire de l’oubli. Aujourd’hui, on a tout supprimé en se disant tant pis, alors que ce qu’il fallait faire (et qu’on fera sûrement dans les prochaines années) c’était d’établir, par les microprocesseurs, un mécanisme empêchant la fermeture automatique aussi longtemps que la clé restait sur le contact. Ce qui, d’ailleurs, ne coûterait vraiment pas cher.

C.H. — On peut dire que le progrès a atteint une phase maximum sans tenir compte, comme vous l’exprimez, de la psychologie de l’homme. Or actuellement, on voit une nouvelle orientation dans l’économie, qui tient compte de facteurs tels que le psychisme et le spirituel, et non pas seulement de la production du travail. On peut remarquer en effet que l’économie, en privilégiant l’épanouissement de l’homme dans la société, entre dans une nouvelle voie, et c’est très intéressant.

L.G. — Absolument. Le second exemple dont je voulais vous parler est nettement dramatique : le progrès de la médecine, en abaissant la mortalité infantile, a créé la surpopulation et la famine, donc beaucoup de drames. Il ne fallait pas introduire cela sans tenir compte du reste.

C.H. — Sur cette question, effectivement, on s’aperçoit que les grands idéaux de l’homme : liberté, égalité, démocratisation, etc., sont mis face à face avec la réalité mondiale, la vie de l’homme, la vie elle-même, et là aussi on doit trouver une nouvelle voie.

L.G. — Exactement. Ainsi, on ne peut plus progresser, comme on l’a fait, de façon unidimensionnelle ; il faut le faire de façon globale.

C.H. — Oui, on est obligé de prendre en considération la planète entière, car les problèmes qui se posent sont à cette échelle. Pouvez-vous nous parler de vos autres recherches ?

L.G. — Suite à des expérimentations que j’ai faites sur des animaux, des plantes et aussi des substances, j’ai remarqué que les différentes espèces s’étaient définies à partir de créneaux d’existence. Tout se remplit mutuellement, et dès qu’il y a lutte ou appel potentiel, il y a remplissage.

Ainsi, l’homme est le résumé de l’univers : toute créature plus complexifiée est en fait le prolongement de niveaux de complexification inférieurs ; on peut montrer que toutes les structures de l’univers, c’est-à-dire toutes les structures des créatures, se trouvent sous forme de traces en l’homme.

C.H. — Comme si chaque animal avait été au bout d’une qualité particulière et que ces qualités soient toutes résumées, mais pas aussi parfaitement, en l’homme. Par contre, l’homme a la possibilité intégrale de tout ce qui a été expérimenté par les différents ordres de vie.

L.G. — Exactement. Ces études ont montré avec précision que non seulement c’était vrai, mais qu’il y avait autant de caractères humains que de créneaux d’existences animales, végétales et substancielles.

Cela donne naissance à une typologie animalienne, végéta­lienne et substancienne. L’ensemble de ces typologies s’appelant la typologie naturalienne, qui est donc une sorte de perfection­nement du bestiaire. Une conséquence pratique de cette étude est la constatation que, finalement, tout individu a un rôle (comme les animaux ont leur créneau de survie), que ce soit un mystique, un poète, un ingénieur, un médecin ou un sociologue, tous les hommes ont un rôle à jouer, alors que l’on sait très bien que dans le monde présent et passé, très très peu de fonctions étaient admises et que peu de gens pouvaient travailler dans les domaines qui leur plaisaient vraiment ; on acceptait le travail parce qu’il fallait bien vivre, mais c’était toujours « tel père, tel fils » ; c’est-à-dire qu’on suivait une règle pas toujours appré­ciée mais qu’il fallait accepter pour vivre.

Je veux donc dire que dans le futur il y aura un métier pour chacun et que ce métier correspondra à quelque chose que l’on aimera. Ça, c’est très important. Alors chacun sera roi dans sa spécialité et nous aurons l’autorité de notre compétence. Ainsi le meilleur de l’homme pourra enfin se développer au bénéfice de l’humanité. Car on ne demande pas mieux que de donner cet effort à l’ensemble du corps humain qui n’est pas l’individu, mais l’humanité. Parce que l’individu dépend du groupe, et la vie de l’individu n’a pas de sens si ce n’est la vie de l’humanité.

C.H. — Ce qui se dégage ici, c’est le contact. Vous avez dit que les nouvelles balises étaient la communication, le passage d’information, le contact.

L.G. — C’est ça. Pour profiter des connaissances des autres, le contact sera nécessaire. Ainsi, pour monter plus haut dans sa propre compétence, il faudra s’appuyer sur d’autres compétences, donc passer par la communication. Ainsi l’autre ne devrait plus jamais être un concurrent, mais un allié. Et nous serions autant de pierres d’une pyramide qui s’élèverait de plus en plus haut.

C.H. — Je crois qu’il y a là un énorme problème dans le comportement humain par le fait que, pendant des centaines d’années, nous ayons vécu en compétition comme si l’espace que prend l’autre empiétait sur notre propre espace. Mais à partir du moment où l’on est centré en soi-même, dans la profondeur de l’être, on ne peut pas être mis en question par l’espace de l’autre. Au contraire, son espace est une information parfaite, totale, et plus il est centré sur lui-même, plus l’information est riche ; et la communication devient synthétique.

L.G. — Oui, on additionne nos forces existentielles. C’est essentiellement vers cela que la communication va aboutir, alors qu’aujourd’hui, dans une entreprise, on informe pour faire plaisir aux syndicats, mais cette information est vide de sens. En vérité on noie le poisson alors que l’on refuse de diffuser la vraie information.

Au niveau des mass-média, c’est pareil. Tout ce que l’on reçoit, à la télévision, dans les journaux, à la radio, est une information qui fait croire qu’on informe, mais qui n’informe pas. Même l’enseignement n’informe pas ; la meilleure informa­tion n’est pas dispensée. Et justement, dans nos recherches communicatives, nous comptons là aussi donner le meilleur. Ainsi ce que nous disons en ce moment, c’est quand même la structure du meilleur, je pense, c’est-à-dire : voir en fait pour­quoi on est là et ce qu’on a intérêt à faire.

C.H. — Je crois que si l’on ressent actuellement le monde en état de crise, c’est que nous n’avons pas la solution du problème global qui se pose à l’humanité. Comme cette solution n’a jamais été présente, même dans le passé (on ne peut pas se référer à des balises, aux schémas déjà faits) à ce moment-là l’autre devient forcément une source d’informations absolument nécessaire, on ne peut même pas s’en passer et cela nous pousse à aller plus loin.

L.G. — Tout à fait. Alors une chose qui va être passionnante dans le futur lointain, parce qu’on est incapable de la réaliser aujourd’hui, c’est la création de nouvelles propriétés d’existence. Pour l’instant, ce que nous faisons, c’est découvrir, inventer et canaliser (ce sont les trois voies de l’innovation psychique) mais on ne fait pas de création dans le sens qu’on apporterait une nouvelle propriété d’existence. Un exemple : la locomotive n’est pas une nouvelle propriété d’existence, la locomotive n’est en fait qu’un aboutissement de ce qui existait déjà, puisque cette propriété, le transport, existait déjà.

C.H. — Pensez-vous que l’on puisse vraiment créer quelque chose de totalement nouveau ?

L.G. — Nous en sommes persuadés, pour la simple raison que la nature préhumaine (c’est-à-dire avec des moyens plus faibles que notre psychisme) a créé, depuis le néant, toutes les propriétés de l’univers. Par exemple, l’abstraction psychique est une création extraordinaire.

C.H. — Oui, mais à condition de se placer simplement dans le schéma de la terre close sur elle-même, et de penser que la complexification a donné naissance à la conscience humaine. Mais peut-on se placer seulement dans le cadre de la planète, en pensant qu’il n’y a pas d’autres consciences dans l’univers ?

L.G. — C’est exact. Alors, en philosophie, il existe un principe qui est le principe de réalité : on ne pense qu’avec ce qu’on sait. Évidemment, ce que vous dites là est une hypothèse gratuite, mais on ne peut pas travailler à partir de telles hypothèses. On peut les garder sous le coude, pour voir s’il n’y a pas un nouveau chemin à creuser, c’est vrai, mais on ne peut pas appuyer notre raisonnement sur des choses que l’on ne sait pas.

C.H. — Mais le fait de penser que la conscience est née d’une complexification plus grande, c’est une hypothèse aussi ! alors a-t-elle plus de chance, ou moins de chance d’être juste ?

L.G. — Non, celle-là est vérifiée.

C.H. — Mais on ne peut pas vérifier actuellement, donc affirmer, qu’une conscience plus grande, ayant interféré avec l’évolution de l’homme, n’a pas existé dans le cosmos. Alors l’hypothèse de l’homme seul dans le cosmos, sur terre, est-elle plus crédible que le fait de penser qu’il y a d’autres consciences dans le cosmos ?

L.G. — À mon avis, c’est un faux problème, parce que dire cela suppose la connaissance d’une structure supérieure à celle de l’homme. Or nous ne connaissons pas de structures supérieures à notre psychisme. Personne n’a vu de structures supérieures. Ce n’est pas parce que l’homme est capable de pénétrer dans les entités, d’inventer Dieu, de vivre des états divins, ce n’est pas parce qu’il est capable de choses extraordinaires, que, pour cela, ces structures sont différentes de lui. Pour l’instant, c’est toujours son psychisme qui crée ces structures.

C.H. — Dans votre schéma, il n’y a pas d’entité plus grande que l’homme.

L.G. — On peut en supposer, par contre. Mais personne n’en a jamais vu concrètement, c’est-à-dire de façon localisée, hors de l’homme ; on n’a pas encore à ce jour détecté quelque chose, sinon, évidemment, des résultats du psychisme. Sur le plan du psychisme, effectivement, tout cela a été perçu, mais c’était tou­jours des structures ayant une origine humaine.

C.H. — Vous cherchez à créer de nouvelles structures, quelles peuvent être ces structures ?

L.G. — Je vous ai donné un exemple matériel avec la loco­motive ; toute découverte matérielle est l’introduction d’une nouvelle structure, mais pas nécessairement de nouvelles pro­priétés.

Ce qui se passera ira essentiellement dans le prolongement de la courbe de complexification matérielle. En effet, il y a trois cent mille ans, l’homme travaillait le bois : il avait un javelot. Il y a dix mille ans, il avait déjà du métal : le bronze en parti­culier. Il y a sept mille ans : il avait le levier. Il y a treize siècles : il avait la poulie (ce n’est pas si ancien que cela), etc.

Maintenant les choses se resserrent, il y a accélération des inventions. Et l’on constate que toutes les inventions depuis trois cent mille ans vont vers une complexification croissante.

Il est évident que l’avion est plus complexe que la locomo­tive ; la télévision est encore plus complexe, l’ordinateur, énor­mément plus complexe, et ainsi de suite…

On va donc vers une complexification croissante. L’état de complexification maximum atteint par la nature préhumaine, c’est le cerveau humain, l’homme s’en rapproche et l’homme continuera cette courbe qui va dépasser le cerveau humain.

C.H. — Et que se passera-t-il lorsqu’on dépassera le cerveau humain ?

L.G. — Eh bien, quand on le dépassera, on créera de nouvelles propriétés.

C.H. — Du cerveau humain ?

L.G. — Pas obligatoirement cela pourra concerner d’autres choses.

C.H. — La création ne dépassera jamais la complexification de nos propres structures, puisque c’est nous qui créons ?

L.G. — Ce n’est pas vrai, bien qu’effectivement on l’ait dit. Mais on connaît très bien le processus, par exemple : deux structures de complexification égale qui entrent en interaction peuvent créer, ensemble, une complexification supérieure.

C.H. — Alors ces deux structures pourraient être le cerveau de l’homme et sa technique ?

L.G. — Par exemple. Et plusieurs cerveaux humains aussi. Donc c’est un ensemble de structures humaines.

C.H. — Ainsi on atteint une possibilité d’évolution qui s’augmente par elle-même ?

L.G. — C’est ça : une courbe exponentielle. Disons que ce n’est pas très précis, mais on perçoit qu’elle avance. Tout ce que l’on fait va vers une complexification croissante.

C.H. — Vous nous avez parlé de nouvelles structures maté­rielles. Qu’en est-il des structures spirituelles ?

L.G. — Une structure nouvelle a la qualité spirituelle le jour où elle devient globale en prenant l’homme comme référentiel dans cette globalité. Alors le global veut dire (comme on l’a vu tout à l’heure avec la clé de voiture ou la baisse de mortalité infantile) un lien nouveau radialement, mais soutenu par des liens latéraux.

Cela veut dire que lorsque j’apporte une nouvelle structure, non seulement cette structure est nouvelle en soi, mais elle se trouve liée à l’ensemble des autres structures. En termes clairs : imaginons que j’invente la structure qui peut faire de telle sorte que mon psychisme matérialise en prise directe, c’est-à-dire je pense au téléphone… et le téléphone se fabrique auto-automatiquement.

Alors cette invention, il faut la compléter suffisamment pour qu’elle trouve un accord avec toutes les structures environnantes. Et c’est ainsi qu’on peut respecter l’harmonie tout en progres­sant, tout en apportant de nouvelles structures.

Donc, une structure est nouvelle quand elle est spirituelle ; et elle est spiritualisée lorsque son introduction sur Terre est accordée avec le reste. C’est comme cela qu’elle acquiert son aspect global. Disons qu’une usine n’est pas spirituelle parce qu’elle pollue et, de ce fait, n’est pas en harmonie avec le reste.

C.H. — Et dans les applications, qu’est-ce que cela donne comme possibilités ?

L.G. — Alors dans les applications, on en a fait beaucoup ici. Nous avons plusieurs sciences nouvelles à notre actif. Je vais commencer par une. Nous prétendons avoir été les premiers à objectiver l’esthétique, pour la première fois sur Terre. On dit que le sentiment du beau est un phénomène essentiellement subjectif. Or nous prétendons avoir objectivé cela pour la pre­mière fois. On a fait un travail de huit ans, avec vingt-six cher­cheurs, et on a décrypté tous les facteurs psychiques qui étaient responsables de cette impression du beau.

C.H. — Les Grecs connaissaient l’harmonie…

L.G. — Oui, mais ils ne connaissaient pas les structures ner­veuses, les structures psychiques, et tous les aspects inconscients de l’homme pour décrypter cela.

Prenons un exemple : comparons l’arbre et la tour Mont­parnasse. A priori, nous ne savons pas ce qui est le plus beau. Or voici ce qui se passe. Quand un homme voit la tour Mont­parnasse, son regard cherche (et c’est automatique) à reconnaî­tre de quoi il s’agit et effectivement, au bout de quelques frac­tions de secondes, il reconnaît le phénomène « tour ». En fait cela se passe inconsciemment puisque dès l’instant où l’on voit, on reconnaît. Mais cela prend un certain temps, de reconnaître, c’est de l’ordre de deux à cinq centièmes de seconde. Une fois qu’il a reconnu, — imaginons que ce soit un paysan qui ne soit jamais venu à Paris et voie la tour pour la première fois — il contemple le bâtiment. Mais comme toutes les fenêtres se suivent et se ressemblent, il a intégré tous les éléments du bâtiment en l’espace de quelques secondes. Alors on constate que comme il a tout vu et n’a plus rien à découvrir, c’est fini, c’est-à-dire que la tour Montparnasse a tendance à arrêter le processus de découverte. Tandis que pour un arbre, le temps de reconnais­sance a la même vitesse, il est même un peu plus rapide (ce qui est positif pour le sentiment du beau, car plus il faut chercher à reconnaître quelque chose, plus cela crée de l’angoisse), mais par ailleurs on n’arrive pas à intégrer l’ensemble des feuilles et des branches qui vont dans toutes les directions. Et on peut rester contemplatif devant l’arbre parce que le psychisme conti­nue à travailler inconsciemment, et ça fait du bien. Voyez que là, on rencontre déjà deux processus psychiques qui expliquent pourquoi l’arbre a un effet plus beau que la tour Montparnasse.

C.H. — C’est juste, je le ressens très bien. Parce que c’est cela, la beauté. C’est de pouvoir entrer dans un état de contem­plation.

L.G. — Eh bien donc, on a analysé par décryptage du psy­chisme la réalité extérieure puis on l’a pratiqué sur un très très beau monument vu de l’intérieur : Notre-Dame de Paris. Nous avons établi un chiffrage mathématique et Notre-Dame de Paris a eu droit à 88 %.

On peut actuellement établir scientifiquement le degré d’esthé­tique d’un point de vue donné à l’intérieur de Notre-Dame de Paris. Si l’on change de point de vue, cela peut évidemment fluctuer. C’est un travail assez long qui nous a pris plusieurs semaines. C’est donc une recherche qui a très bien marché.

C.H. — Quels scientifiques font partie de ce groupe de recherche ?

L.G. — Il y a des architectes, des artistes, des philosophes, des psychologues enfin, donc un grand nombre de spécialités. Bon, cela est une première recherche.

Il y en a une autre qui nous attire beaucoup. C’est un groupe que j’ai voulu lancer déjà à deux reprises, mais malheureusement les gens ont abandonné, par manque de courage, et parce qu’ils n’étaient pas prêts, ou par manque de moyens, peu importe.

C’est le projet Elixir. Le projet Elixir consiste en une équipe de gens, généralement des universitaires, mettons soixante per­sonnes, qui devaient lire deux ou trois revues par jour ; le centre en question devant être abonné à pratiquement tous les journaux et revues du monde. J’ai failli réaliser ce projet à l’université de Trois-Rivières, au Québec, mais ils n’ont pas tenu le choc. Ces gens doivent sélectionner une première fois les quelques rares articles intéressants — on estime qu’il y a un article intéressant sur mille ou deux mille qui paraissent — donc c’est très faible comme pourcentage.

C.H. — Quel est le critère pour déterminer qu’ils sont inté­ressants ?

L.G. Nous avons toute une science pour définir ce qui est intéressant. C’est d’abord quelque chose qui n’a pas été déjà dit, quelque chose qui innove. Ensuite, que ce soit très clair et concerne l’homme directement. Il y a donc un certain nombre de critères.

Puis ces articles sélectionnés sont alors soumis à une autre équipe qui resélectionne. Car on a remarqué qu’à la première lecture on subit l’effet choc du contraste. On croit que c’est intéressant à cause du contraste, et quand on relit une semaine plus tard, on s’aperçoit que cela ne présente pas d’intérêt.

Ainsi les articles déjà sélectionnés sont refiltrés une seconde fois et, chaque mois, on publie aux abonnés une petite feuille où se trouvent les quatre, cinq ou dix articles… alors là : suprê­mes ! Quelque chose qu’il faut avoir lu.

C.H. — Et les autres programmes ?

L.G. — Un autre projet qui a failli démarrer, c’est le projet Tivir. Il s’agit de sélectionner des penseurs de fond (des gens qui ont beaucoup réfléchi), au moins deux à trois cents, et de leur permettre d’écrire dans un journal qui soit leur journal. Cette revue serait adressée à tous les penseurs et mise à la disposition du public. Elle serait donc réalisée par les plus grands cerveaux, mais constituée de petits articles. Je dînais d’ailleurs récemment avec le directeur d’une grande école de journalisme de Paris et lui faisait observer : « C’est quand même curieux que les journaux aient un tel niveau de banalité. Est-ce qu’il ne serait pas possible de rajouter au moins une phrase qui rattacherait le sujet au cosmique ? » il me répondit : « Vous avez raison, mais combien en seraient capables ! »

Un autre projet très proche qui semble marcher est : « La Pensée Sans Frontières. » Comme catégorie de projet : c’est celui d’une société de service professoral. Cela ressemble à une société d’intérim qui fait l’interface entre les spécialités de haut niveau et les clients qui demandent des cours ou des séminaires sur un sujet précis. Nous devenons ainsi une sorte d’université volante. Il n’y a pas besoin de bâtiment, car les conférences se passent chez le client. Nous publions les programmes dans le monde entier, catalogués par matières.

Un de ses avantages est que cela permet aux spécialistes de rencontrer un autre public, d’autant mieux que les prix ne sont pas élevés. On peut donc promouvoir des personnes compétentes n’ayant pas suivi la filière habituelle. Par exemple : un paysan spécialisé depuis trente ans sur le problème des pucerons en milieu aquatique ; aucune université ne possède un tel spécialiste, mais nous pouvons tomber par hasard sur lui et le faire connaître. Et ce paysan peut se retrouver quelques mois plus tard au Ghana où il y a un grave problème de pucerons, et tout le monde en tire bénéfice.

Il y a cinq ans que j’ai eu cette idée, j’ai créé cette société au sein du Collège International du Tiers-Monde. Cela fonctionne déjà. Nous avons recruté soixante spécialistes sur une campagne de trois cents invitations et nous lançons une nouvelle campagne de trois cents invitations ; à la fin de l’année, nous aurons un programme de trois cents sujets de conférences.

Maintenant, pour parler d’un dernier domaine : dans la sym­bologie, ma part d’innovation, c’est de montrer certaines des structures qui sont cachées par les symboles.

Ce qui m’a plu, c’est de dire : allons plus loin, peut-être peut-on découvrir ces structures. Or j’ai trouvé des voies nou­velles pour découvrir ces structures. Il fallait inverser le pro­cessus scientifique : une science fonctionne en prolongeant ce qui est déjà connu. Or je commence par la vision cosmique, c’est-à-dire par les choses les plus éloignées, et je remonte jusqu’à la physique. Et cela m’a permis de découvrir des avenues, qui étaient des hypothèses au départ, et qui se sont vérifiées.

BIBLIOGRAPHIE

Léon Geerinckx Physicien et philosophe ; Il a été professeur à l’UPP, à l’AUPAC, au Collège International du Tiers-Monde et à l’Université Verte.
Il a édité en 1986-87 une revue de philosophie appelée le Journal de l’Aakhor,
Léon Geerinckx a écrit de nombreux articles dans différentes revues.
Des dossiers de recherche sur :
– médecine spirituelle
– épistémologie
– spiritologie
– éducation ésotérique
– structure du cosmos

Christine Hardy est Dr es sciences humaines et ethnologue. Son blog en anglais : http://chris-h-hardy-dna-of-the-gods.blogspot.fr/. Dernier livre publié en Français : La Prédiction de Jung : La métamorphose de la Terre. Dervy, 2012. En anglais : DNA of the Gods: The Anunnaki Creation of Eve and the Alien Battle for Humanity, Bear & Co., USA & Canada, mars 2014. À Lire aussi son interview dans le numéro 104 de 3e Millénaire.