Guy Despinardes : Swami Sivananda


03 Jun 2010

(Revue Énergie Vitale. No 11. Mai-Juin 1982)

« Le monde est là pour que se joue le destin du Seigneur ».

(Texte védique)

Le développement total est Yoga. A moins de faire un effort, vous resterez le même homme, même dix ans plus tard. Dieu a donné à chacun de nombreuses facultés. Vous devriez les développer. Vous devriez être capable de préparer aussi des galettes de blé. Vous devriez connaître la correction d’épreuves d’imprimerie et la technique de l’impression. Et également la comptabilité. Vous devriez pouvoir donner des conférences, donner des cours ; vous devriez développer toutes les facultés cachées. Se développer d’un seul côté ne tardera pas à devenir fastidieux; le développement de toutes les facultés engendrera la plénitude.

Swami Sîvânanda

Les premières années :

Swami Sivananda qui portait le nom civil de Kuppuswami naquit le huit septembre 1887 dans une toute petite cité du sud de l’Inde, nommée Pattamadai, dans l’état actuel de Tamil Nadu.

Ses parents qui étaient fort pieux descendaient eux-mêmes d’une longue lignée — où l’on relève des Saints — et d’érudits sanskritistes. Le père était le collecteur d’état des impôts et taxes, personnage considérable, assimilable alors à un ministre des finances, de l’état d’Ettayapuram. Mais en fait il était beaucoup plus préoccupé des choses de l’esprit que de problèmes matériels ; ses mains n’avaient même jamais manipulé de l’argent et il confiait cette opération à son épouse. Les gens le révéraient en tant que « mahan », grande âme.

C’est dans cette atmosphère de piété et de bonté, dans le cadre bucolique d’une paisible rivière, bordée de fleurs chatoyantes, d’arbres au feuillage vernissé ou pigmentés de fleurs éclatantes, de pâturages généreux où paissait le bétail, que le futur Maître de Yoga grandit et se développa.

Il grandissait d’ailleurs très vite, à l’image de cette race des Malabars dont il était issu, et déjà sur son corps d’enfant se profilait une stature imposante. Ses études primaires puis secondaires furent brillantes ; chaque année la distribution des prix était pour lui l’occasion d’occuper la plus haute marche sur le podium et ainsi les rayons de sa bibliothèque se garnirent rapidement. Une année il reçut une édition abrégée des œuvres de Shakespeare et il se mit à les apprendre par cœur dans le mois qui suivit. Il enchanta le gouverneur anglais de Madras venu visiter son collège, tout comme il suscita plus tard à l’ashram l’admiration de nombreux visiteurs par sa parfaite connaissance du grand poète anglais. Le Raja d’Ettayapuram, intrigué par les compliments qu’on ne cessait de lui faire, sur le jeune Kuppuswami, lui témoigna une grande affection et l’aida dans l’accomplissement de ses études.

Après l’obtention du diplôme de « matriculation » (qui comme le baccalauréat marque la fin du cycle secondaire) on retrouve le jeune homme à Tiruchirappali à la « Society for the Propagation of the Gospel », institution de grande renommée dans le sud de l’Inde et dirigée par des pères jésuites, ce qui peut expliquer, par la suite, les très nombreuses références de Sivananda au christianisme.

En 1905, après avoir satisfait aux études préparatoires, il entra à l’Institut Médical de Tanjore qui correspondait alors à une Faculté de Médecine. Il avait soudainement fixé son choix sur cette carrière parce qu’il lui semblait que c’était par elle qu’il pouvait le mieux assumer son brûlant désir de venir en aide à son prochain, et Dieu sait si l’Inde regorge de gens à soigner. Il se jeta de toutes ses forces dans cette nouvelle phase d’études, transportant constamment sur lui un livre et un carnet de notes sur lequel il consignait toutes les remarques que saisissait son esprit en éveil permanent. Vivant pleinement son apprentissage de la médecine il passait ses jours de congé à l’hôpital aidant aux soins et étudiant de nouveaux cas sous le regard protecteur des médecins de l’établissement.

Il en était à la moitié de sa médecine lorsque son père mourut et sa mère tomba gravement malade. Comme il y avait encore deux autres enfants à la maison, la poursuite d’études aussi longues et coûteuses s’avérait tout à coup impossible. On proposa alors au jeune homme d’apprendre un autre métier qui lui permettrait des gains presqu’immédiats. Mais il voulait être médecin pour guérir les âmes et les corps, alors il s’obstina, se prit à réfléchir et trouva finalement une solution qui ne manquait ni d’audace, ni d’originalité. Avec 100 roupies empruntées pour assumer les frais de lancement, il fonda tout bonnement un journal médical qu’il intitula « AMBROISIE » (Ambrosia en anglais). La première parution eût lieu en 1909 sous la forme d’un mensuel de 32 pages, dans lesquelles il traitait de la santé, de l’hygiène, de la diététique, de médecines traditionnelles telle l’« ayurvédique » et modernes comme l’homéopathie. Ce journal, précurseur de nos actuelles revues médicales, connût un rapide succès et comme Kuppuswami ne pouvait se permettre de rémunérer des médecins et auteurs en renom, il rédigeait tout par lui-même en signant de divers pseudonymes… Ainsi éditeur, rédacteur et expéditeur du journal, il ne s’enrichit pas cependant de ses ventes, d’autant plus qu’il distribuait gratuitement un grand nombre d’exemplaires aux pauvres gens qui ne pouvaient pas l’acheter. Il pût tout juste achever ses études grâce à cette idée géniale certes mais matériellement improductive.

Il obtint son premier emploi chez deux pharmaciens associés de Madras dont il gérait pratiquement à lui seul l’officine en tenant les comptes, examinant les malades et dispensant les médicaments. Mais en 1913 les pharmaciens s’étant séparés, le Dr Kuppuswami décida qu’il lui fallait entrer hardiment dans le « vif de son sujet » et pratiquer la médecine intensivement, à la mesure de son inépuisable vitalité. Il s’embarqua résolument pour l’Indonésie où il comptait un ami de sa famille mais dont il ne conservait qu’une vague adresse. La traversée fût agitée et il dut prodiguer ses soins aux passagers incommodés. Lorsqu’il enjamba enfin la passerelle, à l’arrivée, il présenta, du haut de sa haute silhouette, aux Malaisiens qui ne le connaissaient ni ne l’attendaient, son inséparable passeport : un large et irrésistible sourire… Déjà le médecin prend le pas sur le nouvel arrivant et sans perdre un moment il fonce en direction de l’hôpital, comme une mère tendre et vigilante accourt auprès du nouveau-né qu’elle entend crier. Swami Sivananda, nous a lui-même relaté à l’ashram, cette première prise de contact du Dr Kuppuswami avec la vie du milieu hospitalier :

« Le médecin chef que je désirais rencontrer n’était pas à l’hôpital. J’avais faim, la nourriture à laquelle je n’étais pas habitué à bord, m’avait déclenché une terrible dysenterie et j’errai dans la ville, ne sachant trop où je pourrais trouver à manger. J’avisai un Malabar qui me conseilla de me rendre dans un temple et d’y prendre quelque caillé et du riz. Mais les prêtres du temple n’étaient pas aussi hospitaliers que le laissait entendre mon Malabar ! Je réussis cependant à trouver quelque nourriture qui me rafraîchit agréablement puis je pris un billet pour me rendre dans le district du Caoutchouc au domicile du médecin chef de l’hôpital car je m’étais engagé à ne prendre aucun repos tant que je n’aurais pas rencontré l’homme dont j’avais besoin. Je le tins enfin et par chance il avait justement besoin d’un médecin. Il me demanda : « Pourriez-vous assurer seul la direction d’un hôpital ? ». Je rétorquai : « — Je peux même en diriger trois s’il le faut ». Le dynamique médecin ne croyait pas si bien dire car il finira effectivement par assumer la responsabilité de trois départements différents. Il allait finalement demeurer dix ans à Kuala Lumpur pour y exercer son apostolat de médecin des pauvres. Il y avait en effet beaucoup de pauvres ouvriers dans les plantations de caoutchouc ou d’hommes de peine employés aux rudes travaux du port. Ces infortunés, ainsi que leur famille, souffraient de malnutrition, de conditions de travail et d’habitat déplorables et constituaient des proies faciles pour les maladies. Le Dr Kuppuswami les soignait avec amour et compassion, dans des conditions cliniques qui n’étaient pas toujours très confortables. Aussi lui arrivait-il de diriger des malades gravement atteints sur un établissement spécialisé, leur assurant le transport, s’occupant de toutes les formalités d’admission, puis continuait à prendre de leurs nouvelles. Il ne pouvait se contenter d’appliquer un traitement en fonction de diagnostic, il lui fallait humaniser sa médecine en gagnant la confiance et l’amitié de ses patients. Ce n’est pas seulement à l’hôpital que Kuppuswami pratiquait la générosité, son domicile était ouvert à tous, il en avait fait une sorte de maison d’accueil où venaient se réfugier les nouveaux arrivants du continent indien, sans gîte, sans travail et sans argent, c’est-à-dire dans la condition que lui-même avait connue autrefois. Il les traitait en hôtes estimés et leur cherchait lui-même du travail.

Certes il connut de grandes joies durant cette phase de sa vie professionnelle de médecin ; il trouvait encore le temps de pratiquer le sport, d’écrire des ouvrages sur la médecine et l’hygiène, de devenir Membre de l’Institut Royal de la Santé Publique de Londres, membre de la Société Asiatique… Mais il y connut aussi des peines cruelles en perdant sa femme et son enfant du terrible typhus. Il augmenta encore ses charges de travail s’adonnant de plus en plus à la prière, à la Méditation ; il rechercha la compagnie des sages avec la même avidité qu’il avait manifestée pour celle des pauvres. Puis un jour il décida d’aller faire un long pèlerinage, un de ces pèlerinages en dehors de toute notion de temps et de distance, où le pèlerin — ce fou de Dieu — inclut autant de lieux sacrés que son organisme et sa vision mystique peuvent en supporter…

De retour dans son village natal le Dr Kuppuswami céda tout d’abord à la joie de retrouver ses amis et sa famille à laquelle il apportait de l’argent et de nombreux objets mais il comprit très vite que le dialogue à peine renoué touchait déjà à sa conclusion et de la gare voisine où il était allé s’enquérir de l’arrivée de colis expédiés depuis la Malaisie, il décida de monter vers le nord avec la même fulgurance qu’il avait décidé, dix ans plus tôt, de cingler vers les mers du sud. Le nord c’était d’abord Bénarès, l’antique Kashi, cité sainte entre toutes celles de l’Inde millénaire, que le Gange purifie et que les invocations sacrées de ses fidèles rendent chère aux dieux qui lui épargnent l’oubli du temps dans les affres de la mort des civilisations… Qui reconnaitrait l’élégant gentleman de Malaisie, à la taille bien prise dans des costumes de bonne coupe, à la prestance soulignée d’un large nœud papillon, d’une fleur épanouie à la boutonnière, de bagues joliment ouvrées, dans cet ascète imberbe, l’humble « dhoti » traditionnel serré à la taille, portant encore gauchement son vase à ablutions et à mendicité ? Il est là parmi ses frères « sâdhus » frissonnant dans le petit matin, le visage un instant illuminé par le rougeoiement des bûchers funéraires que l’on attise, en les rechargeant de bois et en y faisant couler quelques onces de beurre fondu. Une main charitable a entouré ses larges épaules d’une mince couverture, protégeant ce corps dont il vient de faire le don, afin de mieux assurer la Paix de son mental plongé dans la Méditation profonde, à la recherche de sa Divine Origine. S’est-il seulement rendu compte qu’il venait de recevoir sa première aumône de renonçant ? C’est peu probable car son esprit est déjà loin, au-delà de la multitude de temples sacrés qui répercutent, dans une quincaphonie de sons de cloches et de conques, l’appel à la prière et à l’envol des âmes vers « Moksha », la suprême et définitive délivrance, tandis que les enveloppes charnelles se consument et que leurs cendres se perdent dans le lit du fleuve….

Rishikesh ou la terre promise

Il est bien long l’itinéraire de pèlerinage que l’inconscient du Sâdhu Kuppuswami a tracé à travers les routes infinies de l’Inde du Nord. A combien de portes a-t-il frappé, lui, qui respectueux de la règle dés moines errants ne devait jamais prendre de nourriture à la même main plus de trois jours d’affilés ? A-t-il su, en cette chaude journée de mai 1924, alors que quittant Hardw?r, première grande cité sainte de la vallée du Gange, et tandis qu’il s’engageait sur une mauvaise route qui s’essoufflait à se frayer sa voie au milieu de la jungle envahissante, qu’il en avait enfin bientôt fini de ce cheminement épuisant et sans espoir de halte ? A la mi-journée il s’assit au pied d’un arbre et se mit en contemplation ; une « tonga », petite voiturette tirée par un cheval survint et l’inonda d’un nuage de cette impalpable mais envahissante poussière des terres arides. Lorsque la clarté se fit à nouveau l’ascète en ouvrant les yeux aperçut une pièce de cinq roupies qui brillait à ses pieds ; il sourit doucement mais ne la ramassa pas car si son esprit voguait déjà vers les cimes éthérées de la vie spirituelle, son « moi » n’était pas encore tout à fait entré dans la peau de son nouveau personnage de moine errant. Il atteignît les premières maisons d’une petite ville toute ramassée dans l’amorce d’une boucle du Gange comme le soleil déclinait sur le faîte des montagnes voisines. A une échancrure, au tournant de la route, il put apercevoir le fleuve, maigre en cette période de sécheresse, qui se coulait péniblement entre les rochers, découvrant son flanc rocailleux. Comme il se sentait loin des eaux profondes et sombres de Bénarès. Une vaste véranda où clignotaient des flammes vacillantes de lumignons attira son regard. On y devinait des silhouettes immobiles qui se tenaient au ras du sol ; bientôt, tandis qu’il approchait, des chants se firent distincts et l’oreille déjà experte du moine-médecin les identifia avec ravissement : des sâdhus étaient en train de glorifier Ganesha, le dieu le plus populaire de l’Inde avec une tête d’éléphant et un corps d’homme — tout cela parce que Shiva, grand Maître des Yogins, impatient de retrouver son épouse, la délicieuse Parvati, n’avait pas su reconnaître en ce gardien vigilant de la chasteté de la déesse, son fils Ganesha. Alors pour écarter ce cerbère importun il lui avait tout simplement tranché la tête. Pour réparer sa funeste impétuosité il n’eût d’autre idée que d’ordonner qu’on aille dans la forêt couper la tête au premier être vivant qui se présenterait afin qu’il la fixe solidement sur le corps décapité de son fils. Malheureusement en ce temps là, dans les forêts terrestres, les éléphants étaient beaucoup plus nombreux que les humains… —.

Kuppuswami s’était humblement prosterné le visage au sol comme pour demander la permission de prendre place dans cette assemblée de sages ou « satsang » dont il perpétuera le souvenir désormais chaque soir et chaque matin. Ombre parmi les ombres, il se sent tout à la fois plus dense que la matière et plus allégé que l’air. Transcendant les illusions de la vie terrestre il prend tout à coup conscience qu’il EST ce principe immuable de la vie omnipotente, omnisciente, omniprésente, qu’il apprendra à reconnaître désormais dans le terme de « satchidananda ». O nuit merveilleuse qui lui révéla à jamais la puissance insondable de l’Esprit Divin qui parcourt son être tout abandonné et ouvert comme un canal aux vaisseaux célestes.

Le lendemain dans la lueur incertaine du petit jour, Kuppuswami découvre tout près de lui le visage illuminé et serein d’un vieil homme, resplendissant de vie et d’humilité dans son humble vêtement monacal ocre. Au dedans de lui brille le feu de la connaissance et le cœur de Kuppuswami s’épanouit comme une fleur délicatement contenue, après l’ondée, se montre au soleil.

O comble de joie, le saint homme accorde à Kuppuswami son « darshan » en lui permettant de le contempler et de l’interroger : « — O vénérable Maharaj où suis-je donc ? Ai-je quitté mon corps pour me poser dans la demeure du grand Shiva ? Ma position à Ton Pied de Lotus Sacré me le fait croire ! ». Le vieux sage répondit doucement en plongeant avec fermeté son regard d’ascète dans les yeux émerveillés de Kuppuswami : « — Non mon fils ce temps de la délivrance n’est pas encore venu pour toi et ne t’en déplaise je t’y précéderai. Tu es simplement à Rishikesh, parmi d’autres Saddhus comme toi. A observer l’état de tes vêtements et les blessures de tes pieds, je vois que tu viens de loin. Je t’ai « écouté » méditer cette nuit et j’ai perçu dans ton cœur les nobles paroles suivantes : « Oui je suis venu vers Toi, Seigneur, et je suis Ta chose. Prends-moi à ton service, et fait de moi ce qu’il Te plaira. Seule m’importe l’action et non le fruit qu’elle porte. Ce fruit est à Toi seul. Ma seule joie est d’être comme la feuille sèche au souffle du vent de Ta volonté. Je suis à Toi, tout est à Toi en moi, Seigneur, que Ta volonté s’accomplisse à travers ce corps et cet esprit ! ». Puis en ouvrant les yeux j’ai relevé des signes sur ton front qui indiquent clairement que tu ne tarderas pas à devenir un instrument perfectionné dans les mains du Seigneur pour répandre son message sur cette terre. Ai-je tort de conclure que tu as définitivement renoncé au monde et que tu t’apprêtes à assumer d’une façon permanente la vie de moine ? »

Les paroles du vieillard venaient de sceller le destin de Kuppuswami ; dès ce moment il sût qu’il avait rencontré son Maître spirituel en la personne de Swami Viswananda Sarasvati et qu’il avait atteint le lieu définitif de son pèlerinage à Rishikesh.

Quelques jours plus tard le premier juin 1924, le Dr Kuppuswami entre dans l’ordre glorieux des Sannyasins, réformé par l’immortel Shankaracharya, et s’efface devant le Swami Sivananda Sarasvati ! Le nom de Sivananda Saraswati — puisque c’est ainsi désormais qu’il faut le nommer — a pour sens : atteindre à la Félicité suprême ou « Ananda » à travers Shiva et entrer en harmonie avec la nature ou Prakriti, dans son immensité cosmique. Nous touchons désormais à la seconde partie de la vie de Sivananda et bien que dès son origine cette vie fut dirigée sur une absence d’attachement et de désirs, elle n’aura plus dès lors qu’un seul et unique but : réaliser le Divin dans chacune de ses actions.

(à suivre)

(Revue Énergie Vital. No 12. Juillet-Août 1982)

(suite)

Le « sannyasa » ou renoncement de Swami Sivananda était du type « jnana » c’est-à-dire conçu dans la connaissance intuitive approfondie. Par une minutieuse observation, il avait réalisé l’utopie de chercher un bonheur total dans les choses du monde et la vanité illusoire de s’attacher à un nom, à une position sociale, une renommée. Y aurait-il souscrit, pour combien de temps l’aurait-il observé ? « Le monde est là pour que se joue le spectacle du Seigneur », enseigne le Vedanta. Tous les êtres n’en sont que les acteurs, et le Seigneur distribue à chacun le rôle qui lui convient. Combien peu, lorsqu’ils ont le vent en poupe, réalisent qu’ils doivent au Créateur ce bonheur dont ils jouissent, et qui leur est envoyé pour témoigner de Son existence ou pour tester leur amour envers Lui, le Maître de la Vie ! Lorsque ceux qui furent comblés se mettent, dans leur enivrement, à l’oublier, alors il les frappe à la tête et leur envoie la misère pour les réveiller à Son souvenir. Aussi, ce n’est pas en recevant le bonheur que l’on répond le mieux à la gratitude du Seigneur : c’est en se sacrifiant à Son service… Et c’est exactement ce que fit Sivananda au cours de sa vie si riche en enseignements. La prospérité ne lui a jamais tourné la tête. Son œil perçant a su découvrir très tôt la main qui est derrière toute chose en ce monde : il est alors tombé à genoux devant le Seigneur de la Vie, et s’est donné totalement et définitivement à Lui en ce lieu sacré de Rishikesh.

A Rishikesh, en ce temps là, la vie paraissait douce à l’observation du voyageur : humains, animaux et plantes semblent contenir au plus profond de leur être la parole de vérité : SIVOHAM ! SIVOHAM ! « Je suis le Soi béni ! ». Tous portent naturellement en eux, les qualités physiques et mentales du contrôle de soi, de l’amour du prochain, de la charité. Tous vivent en bonne harmonie. Ici, le Gange sacré, charriant ses alluvions, creusant son lit lentement mais sûrement, s’écoule dans un vaste mouvement de pérennité comme le temps qui l’entraîne. Ses larges rives ensablées et les belles forêts qui l’étreignent au nord et vers l’est invitent ostensiblement les chercheurs de la Vérité à y demeurer seuls avec le Divin.

Le mérite profond de ces grandes forêts où se tisse la solitude est d’intensifier la vie sensitive des êtres, en développant l’amour physique chez les animaux et la dévotion chez l’homme. Cette atmosphère aide à la concentration puis à la plongée dans la Méditation. Si la pureté du mental est essentielle à la réalisation de Dieu, la dévotion au Gange en est une aide puissante ; elle doit être l’objet de tous les chercheurs sincères venus dans ces lieux. Chanter des hymnes dévotionnels et adorer la mère Gange, se baigner dans son cours et boire son eau, voilà les moyens les plus sûrs de purifier son cœur…

Ces moyens là Swami Sivananda les utilisa à fond, tandis qu’il séjournait à Swargahsram, l’une des plus grandes communautés monacales de Rishikesh alors. Il en abusa peut-être car souvent le lever du jour le surprenait dans l’eau jusqu’aux épaules, priant et méditant, les mains élevées en offrandes de soi. Il lui arrivera aussi, lorsque sa renommée de sage drainera la foule vers lui, de s’enfoncer, en plein jour alors que le soleil est à son zénith, dans le lit du fleuve, jusqu’à ce qu’il ait encore pied, afin de ne pas rompre son dialogue avec le Divin. Cette attitude donne la mesure de l’ascèse de Sivananda qui fût des plus rudes. Refusant toute mansuétude pour ce corps dont il voulait faire une urne du Divin, il se contentera souvent de pain sec qu’il trempait alors dans l’eau du Gange pour le transformer en la plus « pure des hosties ». Par contre tout ce qu’il pouvait obtenir comme « douceurs », sous la forme de soupe, de caillé, de riz, il le réservait pour les moines âgés, dont l’estomac et l’intestin se délabraient. Une touchante mais naïve conception, qui a toujours cours en occident, veut que tout Yogin connaisse une longévité exemplaire et sans défaillance, hors de l’atteinte des maux physiques. Cela est vrai, pour certains dotés d’une solide nature biologique ou encore assez égocentristes pour protéger ce corps, mais c’est aussi ignorer la rudesse climatique et sa violente agressivité contre l’organisme ; à ceci il faut ajouter l’alimentation déficiente, les longues expositions dans une nature hostile, les nuits passées dans le froid et le vent… Si bien que Swami Sivananda eût tout le loisir d’exercer l’art médical du Dr Kuppuswami ! Il créa un dispensaire de fortune, quémandant çà et là les médicaments qui lui étaient nécessaires pour prodiguer des soins non seulement aux habitants du pays mais aussi aux moines, saddhus et à la cohorte des pèlerins vers les sources du Gange dont c’était le passage obligatoire.

Sivanandashram

En 1934, soit dix ans après son arrivée à Rishikesh, Swami Sivananda sera amené à quitter Swargahsram, là où Mircea Elliade l’avait découvert vers 1930, en raison du nombre croissant de ses admirateurs qui le pressaient de les accepter pour disciples. C’est un peu contraint par cette vox populi qu’il traversa le Gange pour s’installer sur la rive opposée dans une étable à vaches… Il n’accepta d’abord que quatre disciples pour vivre à ses côtés, plus le vieux berger qui les avait accueillis. Le minuscule Ashram des origines, qui portait le nom de Ramashram, progressait lentement mais les conditions d’hygiène s’y améliorèrent notablement. C’est là que Lanza del Vasto, redescendant de son pèlerinage aux sources, très affaibli physiquement, prit refuge quelque temps vers 1936.

Puis les choses allèrent très vite lorsque Sivananda donna enfin le feu vert de l’expansion, tant attendu de ses disciples et visiteurs de plus en plus nombreux. Les constructions se multiplièrent, pas toujours avec bonheur il faut bien en convenir, si bien que celui qui débarque aujourd’hui à Muni-ki-reti, aux portes de la cité de Sivananda, en contemplant de chaque côté de la route des Himalayas, ces innombrables bâtiments bariolés d’ocre se demande dans son imaginatif effort de compréhension, s’il ne se trouve pas au centre d’un gigantesque navire échoué sur cette rive du Gange et ancré pour l’éternité terrestre !

Montons à bord pour explorer le navire du Yoga. Cela commence tout en bas, à ras du Gange, avec les escaliers monumentaux, ou Ghats, dégradés en terrasses ou il fait bon s’isoler du monde, dans la paix du fleuve ; c’est là que se tinrent les manifestations les plus intimes de la vie de l’Ashram, telles les crémations des serviteurs de la communauté. Puis on trouve les anciennes cuisines et attenant, le hall des origines où se déroulaient les Satsangs du matin et du soir. Tout à côté le bureau de poste créé et inauguré par Sivananda pour permettre d’acheminer le volumineux courrier et aussi les livres. Swamiji nous a souvent expliqué le plaisir qu’il prenait à aller poster lui-même les lettres qu’il écrivait, c’est un peu comme s’il portait la lettre à l’ami, au disciple et qu’il lui transmettait le message de vive voix. Au-dessus de ces édifices, la bibliothèque et la salle des expéditions ainsi que la salle de ventes et d’exposition des livres. « Mon royaume céleste » aimait à dire Sivananda, tandis qu’il caressait du regard tous ces ouvrages qu’il ne revendiquait pas comme « siens » bien qu’il les signât, mais comme inspirés du Divin, sa main n’étant que l’instrument de la rédaction. Il n’écrivit jamais pour écrire mais pour enseigner, et de fait c’est sa parole chaude, affectueuse et puissante que l’on retrouve à chaque ligne et non son intellect. Il ne craint pas de se répéter car « le savoir », disait-il, « entre en nous à coups de redites ». On ne sait plus très bien combien il rédigea de livres et brochures, certainement plus de deux cents. Il y travaillait tard dans la nuit, à la lueur d’une bougie, et tôt le matin, au petit jour, et puis aussi chaque fois qu’il disposait d’un instant. Peu d’hommes ont déployé une activité aussi soutenue que la sienne, jamais de temps mort, toujours une utilisation positive de chaque instant de sa vie. D’ailleurs il dormait fort peu : la méditation et le pranayama l’en dispensaient.

En face de la bibliothèque, une autre des œuvres majeures de Sivananda, le dispensaire. C’est là que durant de longues années il continua d’exercer la vocation qu’il s’était donnée: le bénévolat de la médecine. Nombreux furent ceux qui vinrent à la consultation abattus, souffrants, misérables et qui repartirent confiants, espérant, soulagés, avec la conviction d’avoir rencontré, sous les traits d’un homme, un messager de Dieu. Juste en face, de l’autre côté d’une ruelle se dresse l’hôpital chirurgical des yeux, la pièce monumentale de l’Ashram. C’est parce qu’il savait qu’il y avait tant de maladies ophtalmologiques et rien pour les soigner dans cette région excentrée que Swami Sivananda accepta l’opulente générosité de quelques disciples qui permit de construire cet incomparable outil de travail clinique. Il sût susciter la vocation spirituelle et la volonté du renoncement au monde chez sa disciple Ma Swami Hridayananda, (Mataji) chirurgien de Madras, dont le talent fût mis au service de tous ces pauvres gens qui se pressaient dans le hall de l’hôpital pour un Satsang inspiré, préludant aux soins et aux actes chirurgicaux.

Nous n’avons encore parlé ni de l’école où les principes du Yoga s’enseignaient en même temps que l’alphabet, ni de l’imprimerie où messages et livres se succédaient sans trêve sous la presse, ni du laboratoire où se confectionnaient les médicaments ayurvédiques. D’ailleurs nous ne pourrions qu’effleurer le gigantisme de cette œuvre sans commencement ni fin, éternelle dans sa conception, à l’image de celui qui la dirigeait. Nous ne pouvons cependant passer sous silence le lieu où s’élabora l’essence même de l’enseignement de Sivananda : cette Académie du Yoga Vedanta de la Forêt, ce prytanée vedantin où furent initiés aux diverses disciplines yogiques disciples et chercheurs de toutes nationalités, de toutes confessions. Nul ne fût plus éclectique dans son enseignement que ce mystique hindou : il s’intéressa passionnément à tout ce qu’il pratiqua et il pratiqua tout ce qu’il découvrit. Ses connaissances du Hatha Yoga qu’il commença à pratiquer en Malaisie, étaient pratiquement illimitées et son contrôle des énergies d’une rare maîtrise. Tour à tour, asanas, pranayama, kundalini yoga, mudra yoga, kriya yoga et tantrisme furent expérimentés par lui, si bien qu’il n’écrivit ni ne parla jamais en théoricien mais en pur praticien. Que dire de son enseignement du Raja Yoga, du Jnana Yoga et du Vedanta sinon qu’il était celui d’un Maître accompli mesurant pour chaque élève, l’ampleur de la tâche à accomplir et évaluant les moyens à acquérir pour y parvenir. Car cet artisan de l’esprit ne souffrait pas la moindre négligence technique qui pût compromettre la réussite de l’adepte et mettre en péril son équilibre psychosomatique. Tout être qui se confiait à lui devenait un envoyé du Seigneur qu’il fallait traiter comme son propre enfant. Sa douceur témoignait de ce sens universel de la paternité, sa sévérité était dictée par l’amour de l’autre dans son plus haut degré de dépassement et de réalisation. Lorsqu’il s’adressait à nous, ses disciples, il n’y avait jamais dans son expression le moindre symptôme de supériorité mais une affection égale coulant en chacun de nous. Il ne différenciait ni le médiocre du super intelligent, ni l’avare du prodigue en efforts, ni le mesquin du généreux, ni le terne du brillant, il était au-delà des contradictions et des oppositions, installé pour toujours dans la non-dualité et prêt à nous accueillir tous comme « ses » enfants.

Un tel homme fût cependant critiqué, voire attaqué. Il se fit des ennemis implacables en voulant imposer son amour intarissable pour chaque être vivant, humain, animal, plante. On a voulu le faire disparaître : un soir un de ses « faux » disciples que rongeait le feu de la jalousie se précipita sur lui, durant le Satsang, une hache en main mais ne fit que l’égratigner. L’homme traîné devant la police par les autres disciples fût néanmoins gracié à la demande impérative de Sivananda qui se prosterna à ses pieds et le renvoya chez lui les poches pleines de douceurs et continua de lui écrire régulièrement. D’autres tentèrent de le salir, l’accusant de vivre comme un Raja et d’accepter beaucoup trop libéralement les dons en espèces. Pourtant nous qui le connaissions intimement savions bien qu’aucun être n’était plus dépouillé, plus désintéressé et que ce qu’il allait recevoir d’une main était déjà redistribué, en pensée, par l’autre : il faut l’avoir vu dans son « kutir », sa cellule monacale, dominant ce Gange qu’il révérait comme la Mère Divine, humble, pieux, laborieux, obstiné dans sa Sadhana ou ascèse du Yogin, dénué de toute possession comme l’enfant qui vient de naître, mettant son corps et son âme à nu — ses instruments du Divin — sans orgueil et sans fausse pudeur ; il faut l’avoir vu mesuré, pondéré, réfléchi dans son raisonnement puis soudainement chaleureux, passionné, irrésistible dans ses affections et ses élans vers Dieu et vers les êtres ; il faut l’avoir vu plein de sollicitude et de précaution se penchant sur un grand malade terrassé par sa maladie ou sur un vieillard cassé par l’âge ; il faut l’avoir vu prenant dans ses bras un jeune enfant comme une fleur délicate qui vient d’éclore ; il faut l’avoir vu rayonnant et convainquant parmi ses élèves pour ne pas douter un seul instant qu’il fût un Yogin accompli et réalisé !

C’est dans ce Kutir où il vécu comme ses frères les pauvres qu’il rendît au Maitre Suprême son âme superbe le 14 juillet 1963. Il passa à la façon des Yogins, après avoir choisi son lieu et son temps, sans plainte ni gémissement, dans la pleine lumière de la Conscience Universelle, après avoir passé sa vie au service du Divin. Divin. On l’installa dans cette posture yogique de Padmasana qui libère l’énergie du corps, et la flamme d’Agni, le feu dévorant, l’épargna, lui rendant un suprême hommage et le dispensant de revenir parmi cette humanité qu’il a tant aimée.

Un message de Swami Sivananda : EN AVANT VERS UNE NOUVELLE CIVILISATION (Revue Énergie Vitale. No 11. Mai-Juin 1982)

La pensée fait l’homme ; la pensée fait la civilisation. Il y a une puissante force de la pensée derrière chaque grand évènement de la vie et dans l’histoire du monde, derrière toutes découvertes et inventions, derrière toutes religions et philosophies, derrière tout aspect constructif et derrière tout aspect destructif, derrière tout défaut.

La pensée s’exprime en parole et s’exécute (se traduit) en acte. Le mot est l’outil de la pensée et l’acte en est l’achèvement, d’où le dicton « vous devenez ce que vous pensez ».

Comment peut-on construire une nouvelle civilisation ? En émettant une nouvelle force (pensée-force).

Comment construire une civilisation qui assurera la paix de l’humanité, la prospérité de la société, le salut de l’individu ? En émettant une pensée-force qui permettra à l’homme de jouir de la paix du mental, qui distillera dans son cœur les vertus divines de compassion, du service envers ses semblables, de l’amour de Dieu et un désir intense de se réaliser en Lui.

Qu’une fraction de la richesse et du temps dépensés dans des fins à gaspillage et dans des activités destructives soit consacrée à créer une bonne pensée et sur le champ apparaîtra une nouvelle forme de civilisation.

Les bombes atomiques et tout un lot d’autres inventions nous mènent inévitablement à la destruction. Elles dilapident notre santé ; elles détruisent notre entourage ; elles polluent l’atmosphère du monde entier, engendrent la peur, la haine et le doute dans le cœur ; le mental est déséquilibré et le corps sujet aux maladies. Ne peut-on faire cesser cette tendance ?

Encouragez la recherche de la spiritualité, de la religion et de toutes les bonnes choses de la vie, aidez les philosophes et les saints, les vrais bienfaiteurs de l’humanité. Encouragez-les dans leur étude de la religion, dans leur recherche sur les anciennes littératures, sur la spiritualité et à la projection d’une grande force de pensée pour le Bien.

Renoncez aux littératures qui polluent les pensées de la jeunesse. Nourrissez les jeunes cerveaux de pensées et d’idées saines, d’idéalisme. L’homme qui commet un meurtre, celui qui vole, celui qui fait une escroquerie est puni par la loi. Mais ces crimes sont insignifiants comparés aux crimes commis par les intellectuels qui distillent une idée mauvaise dans le mental d’un jeune. Celui qui fait cela est en réalité l’auteur de nombreux crimes ; il vole votre plus grande richesse, la sagesse ; il vous présente du poison sous l’étiquette d’un élixir doux. Les lois de la nouvelle civilisation seront très sévères envers ces êtres démoniaques.

La Nouvelle Civilisation dispensera tout encouragement à l’étude de la philosophie, de la religion et de la pensée spirituelle. Elle rendra possible leur étude dans les écoles et les collèges. Elle accordera des bourses d’études aux étudiants en philosophie. Elle confèrera des prix et des titres à ceux qui entreprennent des recherches sur la religion et la philosophie. L’impulsion la plus profonde chez l’homme — la soif spirituelle — se verra accorder toute latitude pour réaliser son but.

Les fruits de la Nouvelle Civilisation sont d’une telle valeur que chacun doit s’efforcer de les produire.

Dans la nouvelle civilisation l’homme voudra mener une vie vertueuse (droite) ; il désirera servir ses semblables et partager avec eux ce qu’il possède ; il les aimera tous, ayant réalisé que son propre Moi (self) demeure en tous ; il sera soucieux du bien-être de tous les êtres. Quelle société idéale ce sera alors, dans laquelle chacun partagera ce qu’il possède et servira les autres.

Où sera le besoin de taxes et d’impôts dans une telle société, dans laquelle chacun travaillera volontairement au bien de chacun ? Quel sera le besoin de police et d’armée pour des gens qui sont voués à la vertu ?

Ceci enfin est l’idéal. Pour y parvenir que chacun essaie d’émettre une force-pensée.

Que Dieu vous bénisse tous.

« Le monde d’aujourd’hui affronte de nombreux problèmes. Il y a toujours crainte de guerre, de famine. L’égoïsme, l’amour du pouvoir, la haine entre individus et nations croissent de jour en jour. Quelle est la véritable solution de tous ces maux ?

« Sois bon, fais le bien ? »

Un homme bon est toujours heureux, il a la divinité en lui-même. Fais tout le bien que tu peux, par tous les moyens en ton pouvoir pour tous ceux à qui tu peux l’offrir, avec tout ton zèle, ta force, ton amour et ton cœur. Le bien est la conquête du mal, il n’est pas l’absence du mal.

La loi de cause à effet est inexorable et inflexible.

Vous récoltez une moisson de souffrance, de pauvreté, de douleur et de peine car dans le passé vous avez semé la graine du mal. Vous récoltez une moisson d’abondance, de béatitude, du fait que vous avez semé le Bien.

Cultivez des idées bonnes, divines, fermez votre mental aux idées mauvaises, le mal ne peut plus entrer dans votre esprit.

Celui qui plante la bonté, récolte l’Amour ».

Méditons cette réponse de Swami Sivananda à une adepte de notre Association très angoissée par le futur. Que ces quelques lignes de notre Maître puisse lui apporter la Paix du mental.

Bibliographie :

La pratique de la Méditation, Swami Sivananda Sarasvati, Albin Michel.

L’enseignement de Sivananda, éd. Albin-Michel.