Todd Hayen : L’éclipse de l’âme

Les symptômes sont partout : les drogues inondent les communautés, les déchets étouffent les paysages, l’éthique est traitée comme une relique désuète, les familles se désagrègent et les relations sont réduites à de simples transactions. Beaucoup ressentent la pourriture, mais peinent à en identifier la racine. La cause, au fond, est simple, mais profonde : nous avons cessé d’accorder de la valeur à ce qui est réel. Nous avons troqué la relation consciente avec l’âme contre les simples choses matérielles.

Vimala Thakar : Le savoir et la compréhension : Le mouvement du savoir

Ce mouvement du savoir ou de la pensée en nous se poursuit-il pendant toutes les heures d’éveil, du matin au soir ? Nous devrons découvrir ce qui se passe au corps, au cerveau tout au long de la journée. Notre mode de vie influe grandement sur la qualité et le contenu de la conscience. Alors, comment est-ce que je vis ? Est-ce que je vis par le savoir et m’appuie sur lui pour aborder la vie, les relations avec les autres, les défis ? Et qu’est-ce que le savoir, au fond ? Ai-je accepté l’autorité du savoir et de la connaissance comme autorité suprême dans ma vie ? Est-ce que je vis par le savoir ? Telle est la question que nous devrions peut-être nous poser.

Vimala Thakar : Le silence et un mode de vie soutenant

L’éducation exige de développer un mode de vie — économique, politique, social — qui soutienne la recherche intérieure. L’intérieur et l’extérieur doivent être harmonisés. On ne peut pas être licencieux dans sa vie physique, désordonné dans sa vie mentale, déséquilibré dans son comportement psychologique, puis s’interroger sur la méditation, la transformation et la mutation. Si le mode de vie ne soutient pas la recherche, alors les mains resteront vides au crépuscule de la vie. La mémoire ne contiendra que des coquilles de mots vides et un sentiment de frustration s’installera. Ne prenons pas cette voie. Réapprenons, rééduquons-nous.

Stephen Stern et Steven Gimbel : Les limites de la spiritualité

L’expérience spirituelle est une intensité sans obligation. L’expérience religieuse est une obligation qui survit même lorsque l’intensité s’estompe — même lorsque l’obligation elle-même n’a aucun sens. La spiritualité nous demande ce que nous ressentons à un moment donné. La religion nous demande ce que nous faisons de ce sentiment au fil du temps, et surtout, ce que nous faisons lorsque ce sentiment a disparu.

Charles Eisenstein : La présence ne peut pas être simulée

Dans cet entretien, Jeff Carreira s’entretient avec Charles Eisenstein des risques spirituels et des implications plus profondes liés à l’engagement avec l’intelligence artificielle comme source de sens, de guidance ou de compagnie. Au cours de la conversation, Charles souligne que, si l’IA peut simuler l’empathie, la perspicacité et même le langage spirituel avec une sophistication remarquable, elle est fondamentalement dépourvue de présence : cette qualité vivante et relationnelle qui est au cœur de toute transmission spirituelle authentique. En fin de compte, il affirme que le besoin humain le plus profond n’est ni l’information, ni l’interprétation, ni la simulation, mais la présence directe et incarnée avec d’autres êtres vivants — quelque chose que l’IA peut imiter, mais jamais remplacer.

Ulrich Mohrhoff : Science, technologie et spiritualité

La science présuppose un cadre métaphysique qui formule des questions et interprète les réponses obtenues par une expérience bien conçue ou une observation minutieuse. Un tel cadre n’est pas testable par les méthodes de la science. Si la science et le matérialisme sont régulièrement confondus, c’est parce que dans le monde académique, le matérialisme reste le présupposé par défaut. Le but du jeu est de sauver les apparences matérialistes. En réalité, nous avons le choix. Nous pouvons adopter un cadre de pensée matérialiste, poser les questions qui se posent dans ce cadre et essayer de donner un sens aux réponses que nous obtenons. Ou bien nous pouvons adopter un cadre de pensée spirituel, poser les questions qui se posent dans ce cadre et essayer de donner un sens aux réponses de la nature à ces questions. Dans le premier cas, c’est le matérialisme qui englobe la science, dans le second, c’est un cadre de pensée spirituel. Dans les deux cas, il s’agit d’une inclusion et non d’une intersection. Il n’y a donc pas d’« intersection de la science et de la spiritualité ».

R.P. Kaushik : Le processus créatif

Si vous avez un but, il n’y a pas de mouvement, pas de vie d’instant en instant, il n’y a que la poursuite d’une fin. Avec une approche métaphysique de la réalisation de Dieu ou de la fusion avec la réalité suprême, toute cette vie devient dénuée de sens. Les mots deviennent alors importants. C’est ainsi que fonctionne la pensée : de sa limitation, elle projette une dimension illimitée. À partir de son impermanence, la pensée projette une structure permanente et essaie ensuite de rechercher le permanent. Elle cherche l’illimité, s’identifie à lui et dit : « Je suis rentré chez moi ». La pensée considère la structure permanente comme l’opposé de l’impermanent ou du temporaire. La pensée ne sait pas ce qu’est l’éternité…

Christophe Morin : Les psychédéliques, le soi et l’effondrement des hypothèses matérialistes

Les hypothèses matérialistes ignorent ou rejettent souvent le rôle de la conscience dans le développement de l’activité cérébrale, affirme le Dr Christophe Morin de l’université Johns Hopkins. La neuroplasticité nous oblige à reconsidérer cette omission. Le cerveau ne se contente pas de réagir ; il se réorganise en fonction de l’intention, de l’attention et du comportement. Des études sur la pleine conscience et la guérison des traumatismes démontrent que de nouvelles voies neuronales peuvent se former lorsque les individus modifient leurs schémas de pensée et leurs croyances. Ces changements ne sont pas anodins : ils suggèrent que l’esprit, et la conscience qui le sous-tend, est une force causale, affirme le Dr Morin.

Matt Colborn : Des visions du monde ouvertes : Contre la dégradation de l’humanité

Le Dr Colborn soutient que, de manière peut-être surprenante, la vision du monde de l’élite technologique est en train de passer d’un matérialisme fondamentaliste à une forme d’apocalyptisme qui fait écho au christianisme fondamentaliste. Selon M. Colborn, ce changement de croyance ne repose pas sur une recherche honnête de la vérité, mais plutôt sur une tentative de légitimer des agendas de pouvoir et de contrôle. En tant que tel, il risque de déshumaniser l’humanité. L’analyse proposée dans cet essai est particulièrement pertinente dans le contexte actuel de l’émergence d’une IA agentique, où, dans la mesure où nous croyons que les mécanismes de l’IA sont conscients, nous pourrions en venir à croire que les êtres conscients ne sont que de simples mécanismes.