Cette conscience est une, présente en tous, car elle est omniprésente. En réalité, elle est le Soi. Nous devons prendre l’engagement et avoir la conviction de notre véritable nature. C’est cela même le yoga. Chacun est apte à réaliser le Soi.
– Sri Nisargadatta Maharaj
Ne vous considérez pas comme le corps et sa forme, mais comme la conscience. Le corps est dans la conscience, et la conscience est dans le corps. Elle se nourrit de l’essence des aliments et se développe. De même qu’une lampe à huile produit une flamme, de la chaleur et de la lumière tant qu’elle est alimentée en huile, la conscience naît de l’essence de la nourriture.
Vous ne pouvez jamais faire l’expérience de votre conscience sans faire simultanément l’expérience du monde. Lorsque vous savez que vous êtes, vous savez aussi que le monde est. L’existence de toute chose dépend de la conscience. C’est par elle que nous prenons connaissance de ce qui est immobile, comme les montagnes et les arbres, et de ce qui est en mouvement, comme les diverses créatures. Ce qui est statique comme ce qui est dynamique constitue les formes de notre conscience, et c’est à travers elle que vous faites l’expérience de leurs qualités, de leur forme, de leur nature et de leur comportement. Toutes ces activités commencent avec la connaissance : « Je suis. »
C’est à travers le corps que vous prenez connaissance de votre « être », de votre « Je suis ». Cette connaissance n’a ni forme ni membres ; vous êtes simplement cette connaissance et cette conscience. Dépourvue d’organes, elle est pure connaissance. Bien que vous soyez conscience pure, vous vous identifiez au corps et, par conséquent, vous vous attribuez les actions du corps. La conscience peut paraître insaisissable, mais, sous l’effet de l’illusion yogique, elle agit comme une force dominante.
Votre conscience est ce que vous possédez de plus précieux. Elle est aussi importante que le Guru, que Dieu et que Brahman. Votre monde, c’est-à-dire toutes les scènes qui apparaissent, naît dans la lumière de votre conscience. Ce qui était inexistant devient manifeste dans cette lumière. Votre conscience devient spontanément inconsciente et, lorsqu’il en est ainsi, vous n’êtes plus conscient de votre existence ; vous ne savez plus que vous êtes. Cet état d’absence de connaissance est appelé samadhi (« absorption » dans le Soi), ou sommeil profond. À l’état de veille, vous savez que vous êtes et vous connaissez le monde avec tout ce qui s’y produit.
Rien n’est plus grand
Il n’existe rien de plus grand que la conscience, que la connaissance « Je suis ». Mais cette conscience n’est pas permanente ; elle est destinée à disparaître. C’est pourquoi le discernement est essentiel. Vous devez vénérer votre conscience comme Brahm?, Vishnou, Mahesh ou Shiva. Souvenez-vous que rendre un culte non duel à la conscience signifie la traiter comme Dieu et lui accorder la plus haute importance. Cela signifie lui donner la place centrale qui lui revient.
L’univers apparaît à partir de la conscience. Le témoin de la conscience n’est pas dans la conscience ; il en est le témoin. N’étant pas impliqué dans les gunas, le témoin peut reconnaître que toutes les activités sont le jeu des gunas. Si vous vous identifiez au corps fait de l’essence de la nourriture, vous vous trouverez entraîné dans ces activités. Votre implication dans les activités du corps-esprit vient de l’imagination que vous avez une forme. Mais, dès que vous réalisez que vous n’êtes pas cette masse de nourriture accumulée, ce malentendu se dissipe.
Votre sentiment de « Je suis » reçoit le nom que vous lui donnez. Les noms sont utilisés à des fins pratiques et pour faciliter la compréhension. Vous êtes conscience ; vous êtes connaissance — Anugraha. Anu signifie « infinitésimal » et graha signifie « acceptation ». Vous avez maintenant accepté que vous êtes la conscience dans le corps, et vous devriez reconnaître spontanément le manifesté comme la réalisation : « Je suis », « J’existe ». Le non-manifesté connaît le manifesté en tant que « Je suis ».
La libération de la conscience
Si vous comprenez pleinement la conscience, vous connaîtrez le reflet de la Réalité absolue dans le corps fait de l’essence de la nourriture. Grâce à cette connaissance, vous observerez la libération (moksha) de la conscience.
Vénérez votre être. Tout ce que vous voyez disparaîtra, y compris la nouvelle : « Je suis. » Vénérez votre être, votre Guru, votre Dieu, avec une attention entièrement unifiée. Abandonnez toute dualité avec votre Soi et sachez qu’il n’existe aucun autre protecteur que Cela.
Pour qui travaillez-vous jour et nuit ? Est-ce pour votre être ? Qu’y a-t-il de plus grand que le souvenir : « Je suis » ? Vénérez votre sentiment d’être. Il est Dieu, ou Brahman, et rien n’est plus important que cela.
Le véritable dévot adore sa conscience sans dualité ; il s’identifie à elle. Il reconnaît dans sa conscience la forme du Dieu suprême, son véritable Soi.
La méditation est-elle dans l’attention, ou l’attention est-elle dans la méditation ? Il n’existe pas de réponse correcte, car méditation et attention sont une seule et même chose.
Ne fuyez pas vos activités dans le monde ; sachez simplement qu’elles sont limitées dans le temps. Votre sentiment d’être, votre « Je suis », a commencé le premier jour de votre vie et prendra fin lorsque les sucs nourriciers se dessécheront. Alors, votre « Je suis » disparaîtra.
Pour connaître la vérité, méditez en vous appelant Ram, Krishna, Dieu ou tout autre nom qui vous inspire. Vous pouvez donner à votre être le nom que vous souhaitez, mais vous devez demeurer fermement établi dans la conviction de cette connaissance. C’est votre véritable Être.
Les noms de Dieu sont innombrables : Sahasranama. Les noms de Dieu sont multiples, mais l’essence de Dieu — le sentiment d’être dans forme humaine — est unique.
Dévot : Si la conscience n’est plus présente dans le corps, celui-ci perd toute valeur. Même un multimillionnaire ne doit sa valeur qu’à sa conscience. Sans conscience, les proches du plus riche des hommes se hâteront de se débarrasser de son corps, sans même prendre le temps de boire un verre d’eau. Sans conscience, le corps peut tout aussi bien être abandonné. Sans conscience, l’univers est un lieu désert.
Dieu : L’univers n’a de valeur qu’en raison de la connaissance : « Je suis. » Les objets n’ont d’importance que parce que vous leur accordez de l’affection. Si Brahman aime quelque chose, sa valeur s’accroît.
Dévot : Sans mon sentiment d’être, quelle valeur le monde possède-t-il ?
Dieu : Je ne suis pas séparé de mon dévot, et mon dévot n’est pas séparé de moi. La connaissance « Je suis » est ma forme intemporelle. Lorsque le dévot atteint l’unité avec moi, que pourrait-il encore lui manquer ?
– Conversation entre Dieu et un dévot, rapportée par Maharaj
Celui qui parle parle, celui qui écoute écoute, mais celui qui écoute est lui-même une forme de Dieu. L’être pur le sait et porte son attention sur lui-même dans la méditation non duelle. Cet état d’unité est la forme la plus exceptionnelle de la dévotion.
Extrait de I am not the body