Pensées personnelles et impersonnelles de Chiragh

Quand nous aimons quelqu’un, notre amour en forme une image que nous mettons sur un piédestal ; ensuite de quoi nous attendons que ce quelqu’un se confonde avec l’œuvre d’art que nous avons faite de lui. C’est la source de toute déception. Peut-être la plus grande des vertus est-elle d’apprendre à aimer ceux que nous aimons tels qu’ils sont et non pas tels que nous voudrions qu’ils soient. Et à y bien penser, c’est même la seule manière de connaître d’eux autre chose qu’une illusion.

Propos de Chiragh : Maximes

Rester sans pensée est difficile, souvent pénible au début : on a l’impression d’un terrible manque comme quelqu’un qu’on aurait privé de sa drogue. Mais si l’on persiste, il commence à s’élever un sens subtil du bonheur qui pénètre tout l’individu et parait venir de l’âme, et qui, si on lui compare tous les bonheurs passagers que nous avons pu connaitre, les fait concevoir comme des contrefaçons. En outre, dans cet état de non-pensée, l’esprit perd de ses limites et de son étroitesse – C’est la définition de la méditation.

Le chemin de dieu en nous – propos de Chiragh

Observons cependant, puisque nous en sommes là et pour sacrifier au goût du jour, que cette discussion avec soi-même et au besoin cette bataille contre soi-même ne « censure » rien, ne « refoule » rien. Car le moment où nous décidons librement de conquérir notre liberté intérieure est le moment où nous devenons, dans le sens réel du terme, un être humain à part entière et où nous ouvrons enfin les yeux. C’est aussi le moment où les masques multiples de notre Ennemi, de celui qui nous a fait tant souffrir commencent à bouger et où nous nous prenons à soupçonner son vrai visage: et voici qu’à notre saisissement nous découvrons, sans erreur et sans dérobade possible, que cet Ennemi porte nos propres traits. Et à ce moment-là, à cette heure-là, il n’est vraiment plus question de « refoulement » ni de « censure », produit artificiels d’une contrainte morale aveugle imposée de l’extérieur à un être dont les yeux étaient bandés. Et c’est bien d’une autre lutte et d’un plus haut combat qu’il s’agit.

L’art et la manière de vivre la vie intérieure aujourd’hui – propos de Chiragh

Saint François d’Assise ou Sainte Thérèse d’Avila, Abdul Kadr Jilani, Ramakrishna, Inayat Khan ou Ramana Maharshi, ou encore Sri Aurobindo (pour ne parler que de ceux qui sont passés de ce monde) nous montrent une stature qui nous semble sans commune mesure avec la nôtre. Voilà, nous disons-nous, des héros qui ont montré tous les courages, été jusqu’au bout de tous les héroïsmes, prouvé à leurs frères humains les plus hautes formes de la bénévolence et de l’amour; qui, de plus, ouvraient à ceux qui les approchaient — et par le magnétisme de leur seule présence — la voie cachée des connaissances suprasensibles, soulevés qu’ils étaient au-dessus de la condition humaine par une inspiration et une force divines. Voilà, des sortes de géants qui s’avancent en droite ligne dans leur destinée, qui marchent d’un pas assuré vers leur but, tout obstacle renversé d’avance par une espèce de détermination et de volonté vraiment surhumaines…
Oui, eh bien, si telle est la vie spirituelle, qu’irions-nous y faire, nous autres pauvres pécheurs?