Gary Lachman : René Schwaller de Lubicz et l’intelligence du cœur

L’idée centrale de cet ouvrage se trouve au cœur de la pensée de Schwaller : la division inexplicable — ou « scission », comme il l’appelait — de l’Un non manifesté, l’Absolu, en la multiplicité — une question qui, sous une forme moins mystique, occupe aujourd’hui de nombreux cosmologistes de renom. Pour Schwaller, cette éruption « irrationnelle » de l’unité absolue dans le monde de l’espace et du temps est le mystère central de l’existence, le secret primordial qui échappera à jamais à la compréhension simplificatrice de l’esprit purement cérébral. Notre esprit rationnel est incapable de saisir ce mystère central, affirme-t-il, car notre « organisation sensorielle semble manifestement imparfaite ». Cette condition ne peut être atténuée que par un « perfectionnement de la conscience »…

Les origines du théâtre dans deux textes archaïques et primitifs

Parmi les formes de spectacle qui ont gardé à nos jours, dans quelque détail ou dans la structure générale, le caractère rituel des origines, le théâtre Nô japonais mérite une place à part (comme la mériterait le Mystère médiéval d’Occident, s’il nous avait été transmis dans sa forme originaire). Car le Nô n’est jamais devenu « spectacle ». Ce qui explique peut-être l’ennui du spectateur « non initié ». Le Nô est resté un rite religieux, au-delà et malgré la transformation de son public. Ce qui n’exclut pas qu’il s’agisse de textes dramatiques. Simplement ces textes et le code formel qui les soutient n’ont jamais été « théâtralisés ».