Peter Lukacs : Peut-on recâbler son cerveau ?

Le cerveau n’est pas un circuit imprimé. Le modifier n’est pas aussi simple que de remplacer un fil ou de mettre à jour un logiciel. « recâbler » implique rapidité et précision, un ajustement unique produisant un résultat désiré ; cela suppose que les changements cérébraux soient mécaniques et toujours possibles, ce qui n’est jamais garanti. La réalité de la neuroplasticité est bien plus complexe : c’est un processus biologique progressif et d’une lenteur frustrante. Et si la science confirme que le cerveau peut changer, elle nous rappelle aussi que ce changement a un coût. Il exige du temps et des efforts, et parfois il échoue.

Joshua M. Moritz : Naviguer dans la révolution de l’IA sans perdre la tête

Lorsque nous ne sollicitons pas activement notre cerveau avec des tâches cognitives stimulantes, les voies neuronales s’affaiblissent, finissent par mourir et sont éliminées. C’est ce qu’on appelle le principe de neuroplasticité dépendant de l’activité « Use It or Lose It » (utilise-le ou perds-le). Ce principe « use it or lose it » observe que « les circuits neuronaux qui ne sont pas activement sollicités dans l’exécution de tâches pendant une période prolongée commencent à se dégrader ». Ainsi, si nos réseaux cérébraux intacts existants ne sont pas utilisés régulièrement pour leurs tâches cognitives spécifiques, « les réseaux corticaux et les comportements qu’ils soutiennent se dégraderont avec le temps »…

Christophe Morin : Les psychédéliques, le soi et l’effondrement des hypothèses matérialistes

Les hypothèses matérialistes ignorent ou rejettent souvent le rôle de la conscience dans le développement de l’activité cérébrale, affirme le Dr Christophe Morin de l’université Johns Hopkins. La neuroplasticité nous oblige à reconsidérer cette omission. Le cerveau ne se contente pas de réagir ; il se réorganise en fonction de l’intention, de l’attention et du comportement. Des études sur la pleine conscience et la guérison des traumatismes démontrent que de nouvelles voies neuronales peuvent se former lorsque les individus modifient leurs schémas de pensée et leurs croyances. Ces changements ne sont pas anodins : ils suggèrent que l’esprit, et la conscience qui le sous-tend, est une force causale, affirme le Dr Morin.