Chandan Priyadarshi : Essai 6 : Le Témoin mal placé

Parce que la conscience est antérieure aux domaines dans lesquels ces cadres opèrent, elle ne peut être trouvée à l’intérieur d’aucun d’eux par des investigations limitées à ces domaines. Ce qui est présupposé par une enquête ne peut pas apparaître comme l’un de ses résultats. Même les conceptions qui décrivent l’expérience en termes d’inférence ou de dépendance à un modèle restent des descriptions de ce qui apparaît dans la conscience, et non des explications de la conscience dans laquelle ces descriptions deviennent intelligibles. Tout cadre qui procède en regardant à l’intérieur de la microphysique, du rapport introspectif, de l’analyse transcendantale ou de l’architecture informationnelle ne rencontrera pas, au sein de ce domaine, ce dont le domaine lui-même a besoin pour être étudié.

Chandan Priyadarshi : Essai 4 : La conscience peut-elle être réduite à un processus physique ?

Aucun des modèles n’a pleinement dérivé le fait même de l’expérience — la donnée à la première personne, non comme un contenu supplémentaire dans le flux des apparences, mais comme ce au sein de quoi les contenus apparaissent. Les méthodes explicatives à la troisième personne procèdent en objectivant les phénomènes et en décrivant leur structure, leur dynamique et leurs relations causales. La conscience, en revanche, ne se présente pas, au cours de l’investigation, comme un objet parmi d’autres. Elle est le champ au sein duquel l’objectivation se produit. Il en résulte une asymétrie méthodologique : toute explication à la troisième personne présuppose déjà la rencontre à la première personne qu’elle cherche à expliquer.

Todd Hayen : L’éclipse de l’âme

Les symptômes sont partout : les drogues inondent les communautés, les déchets étouffent les paysages, l’éthique est traitée comme une relique désuète, les familles se désagrègent et les relations sont réduites à de simples transactions. Beaucoup ressentent la pourriture, mais peinent à en identifier la racine. La cause, au fond, est simple, mais profonde : nous avons cessé d’accorder de la valeur à ce qui est réel. Nous avons troqué la relation consciente avec l’âme contre les simples choses matérielles.

Denyse O’Leary : Le panpsychisme : le problème de frontière auquel nous sommes confrontés avec d’innombrables esprits

Je pense que le plus grand problème du panpsychisme est qu’il faut vraiment disposer d’une base scientifique cohérente pour attribuer un esprit à quelque chose. Quel est le critère permettant de dire qu’une chose possède un esprit ? C’est un problème de frontières. Si les électrons ont des esprits, les électrons individuels d’un même atome ont-ils chacun des opinions différentes ? L’opinion de l’atome est-elle simplement la somme moyenne des opinions de ses électrons, ou bien l’atome possède-t-il une opinion qui dépasse celles-ci ?

Denyse O’Leary : Bonjour, les matérialistes, pesons et mesurons l’esprit

En réalité, de nombreux phénomènes de l’esprit ne sont pas de bons arguments en faveur du matérialisme. L’effet placebo vient immédiatement à l’esprit. C’est le fait le mieux attesté en médecine. Les médicaments autorisés à la vente sont testés par rapport à cet effet. Pourquoi ? En bref, ce que les patients pensent qu’il leur arrive est un élément essentiel de ce qui se passe réellement. S’ils pensent qu’un médicament fonctionne, il fonctionnera pour beaucoup d’entre eux, même s’ils font partie du groupe témoin et qu’il ne s’agit que d’un comprimé de sucre.

James Corbett : L’Illusion Claude

Et c’est là que réside le véritable danger de l’Illusion Claude. Ce n’est pas que les chatbots puissent nous plonger dans la psychose. Et ce n’est certainement pas que les chatbots puissent réellement être conscients. C’est que, lorsque nous affirmons que ces machines sont « conscientes » et « intelligentes », nous dévalorisons et négligeons ainsi notre propre humanité. Que nous en soyons conscients ou non, nous ne pouvons affirmer la conscience des machines qu’en nous abaissant à leur niveau.

Elizabeth Jean Currie : Pas seulement de la fumée et des plumes !

Le Dr Currie soutient que réduire l’efficacité de la médecine chamanique à un simple effet placebo ne rend pas justice à la sophistication de la pratique chamanique. Elle affirme que cette dernière repose sur une métaphysique complexe à plusieurs niveaux, dans laquelle le chaman exploite délibérément les relations de cause à effet qui dépassent le monde matériel visible.

Arthur Haswell : Le piège des Qualia : pourquoi l’éliminativisme se sape lui-même,

Dans cet essai rigoureux et d’une clarté absolue, qui aurait tout aussi bien pu être publié dans une revue universitaire, Haswell montre que l’éliminativisme — l’idée selon laquelle les qualités de l’expérience n’existent pas réellement — contredit non seulement les faits préthéoriques les plus évidents de la nature, mais se contredit également lui-même d’une manière irrémédiable.

Michael Egnor : Benjamin Libet et la découverte du « libre refus »

On peut dire que la recherche neuroscientifique la plus intéressante et la plus soutenue sur le libre arbitre a été menée au début des années 1980 par le neurophysiologiste Benjamin Libet (1916-2007). Libet était fasciné par la relation temporelle entre l’activité électrique du cerveau et les pensées. Il voulait savoir ce qui se passe exactement dans le cerveau au moment où nous prenons une décision.

Antonello Veltri : L’idéalisme analytique pourrait-il offrir un nouveau cadre pour la psychopathologie ?

Cet essai, à la fois éclairant et important, soutient que l’idéalisme analytique pourrait contribuer à dépasser l’impasse conceptuelle actuelle en psychiatrie. Le Dr Veltri explique comment l’ensemble des principaux troubles psychiatriques peut être réinterprété, de manière plus favorable sur le plan thérapeutique, à la lumière d’une ontologie idéaliste de l’esprit. En effet, il reformule les troubles mentaux comme des perturbations de la frontière dissociative séparant l’« alter » individuel de la conscience universelle, un changement de perspective qui conduit à de forts moments d’« eurêka ». Le cadre qui en découle permet une déconstruction des données neuroscientifiques et suggère un déplacement de l’attention thérapeutique vers la modulation de cette frontière.