Cynthia Bourgeault : la tradition contemplative chrétienne et la pratique de la prière centrée

Je pense que ce qui a été perdu, c’est avant tout l’intuition selon laquelle Jésus était un maître et un catalyseur de la transformation de la conscience à son époque. Ce qui le passionnait, c’était de montrer aux êtres humains qu’ils étaient prisonniers d’un véritable palais des glaces, caractéristique de l’état de conscience dans lequel nous vivons habituellement, et de les introduire à quelque chose qui porte aujourd’hui différents noms. La mode aujourd’hui est de parler de « conscience non duelle », en empruntant cette expression aux traditions orientales, où elle revêt d’ailleurs un sens légèrement différent. D’autres parlent de « conscience intégrale » pour désigner l’émergence d’une profondeur de conscience permettant de dépasser les limites du système d’exploitation habituel de l’esprit.

John Horgan : Conscience, libre arbitre, information et illumination

Imaginez la réalité quotidienne, comme votre mère jouant à « coucou-caché » avec vous lorsque vous étiez bébé. Elle cache son visage derrière ses mains, puis les écarte soudain en disant : « Surprise ! » Et vous éclatez de rire en agitant joyeusement vos petits bras et vos petites jambes potelés. Votre mère recommence sans cesse, et, chaque fois que vous riez, vous êtes à nouveau surpris. Voilà ce qu’est pour moi l’illumination : cette surprise pure, primordiale, devant le simple fait brut de l’existence.

Chandan Priyadarshi : Essai 7 : Une seule conscience, de multiples perspectives

Pour Plotin, cette opération est la procession : l’Un déborde. Pour Spinoza, c’est la dépendance logique : la substance s’exprime nécessairement sous forme de modes. Pour Kastrup, c’est la partition : la conscience universelle se dissocie. La procession, la dépendance et la partition ne sont pas des mouvements équivalents — l’un étant un événement métaphysique, l’autre une structure logique éternelle, le dernier un mécanisme psychologique emprunté —, mais chacun apporte quelque chose. Chacun commence par traiter le fondement et la multiplicité comme des termes distincts nécessitant une connexion, et ce n’est qu’ensuite qu’il se demande comment cette connexion pourrait être assurée.

Chandan Priyadarshi : Essai 6 : Le Témoin mal placé

Parce que la conscience est antérieure aux domaines dans lesquels ces cadres opèrent, elle ne peut être trouvée à l’intérieur d’aucun d’eux par des investigations limitées à ces domaines. Ce qui est présupposé par une enquête ne peut pas apparaître comme l’un de ses résultats. Même les conceptions qui décrivent l’expérience en termes d’inférence ou de dépendance à un modèle restent des descriptions de ce qui apparaît dans la conscience, et non des explications de la conscience dans laquelle ces descriptions deviennent intelligibles. Tout cadre qui procède en regardant à l’intérieur de la microphysique, du rapport introspectif, de l’analyse transcendantale ou de l’architecture informationnelle ne rencontrera pas, au sein de ce domaine, ce dont le domaine lui-même a besoin pour être étudié.

Chandan Priyadarshi : Essai 5 : La condition de toute preuve

Une résolution cohérente — que cet essai présente comme une conception métaphysique plutôt que comme une déduction empirique — s’appuie sur le concept d’involution de Sri Aurobindo. La conscience n’est pas absente de la réalité physique préréflexive. Elle y est dissimulée, opérant en dessous du seuil de la conscience réflexive. La matière n’est pas dépourvue de conscience. Elle peut être mieux comprise comme la conscience dans sa forme la plus occultée — ce que la tradition désigne par jada, l’inertie, qui n’est pas la négation de la conscience, mais sa compression extrême.

Chandan Priyadarshi : Essai 4 : La conscience peut-elle être réduite à un processus physique ?

Aucun des modèles n’a pleinement dérivé le fait même de l’expérience — la donnée à la première personne, non comme un contenu supplémentaire dans le flux des apparences, mais comme ce au sein de quoi les contenus apparaissent. Les méthodes explicatives à la troisième personne procèdent en objectivant les phénomènes et en décrivant leur structure, leur dynamique et leurs relations causales. La conscience, en revanche, ne se présente pas, au cours de l’investigation, comme un objet parmi d’autres. Elle est le champ au sein duquel l’objectivation se produit. Il en résulte une asymétrie méthodologique : toute explication à la troisième personne présuppose déjà la rencontre à la première personne qu’elle cherche à expliquer.

Chandan Priyadarshi : Essai 3 : Le Témoin

Ce n’est pas une manœuvre philosophique subtile. C’est le fait le plus ordinaire de l’expérience, si proche et si constant qu’il est presque toujours négligé. À l’instant même, tandis que ces mots sont lus, il y a une conscience de la lecture. Cette conscience n’est pas les mots. Elle n’est pas la compréhension qui se construit. Elle n’est pas le léger mouvement de l’attention lorsqu’une phrase cède la place à la suivante. Elle est ce dans quoi tout cela apparaît.

Chandan Priyadarshi : Essai 1 : Le problème de l’observateur

La physique est arrivée au problème de l’observateur par l’expérience — à travers deux siècles de mesures toujours plus précises produisant des résultats toujours plus inconfortables, jusqu’à ce que ce malaise ne puisse plus être contenu dans le cadre existant et doive être reconnu comme structurel. Il existe une autre tradition qui n’est pas arrivée à cette question. Elle a commencé de là.