Hommage à Francine Fouéré


26 May 2018

Francine Fouéré nous a quitté samedi 26 mai 2018 après une longue maladie. Elle est restée jusqu’à la fin une personne des plus aimables avec une confiance rare dans la vie. Elle nous a toujours encouragé à publier les textes et livres de René Fouéré dans la revue et sur le blog. Femme humaniste et dévouée, avec René, elle venait en aide à tous ceux qui croisaient leur chemin…

Voici ce qu’on peut lire sur la couverture de dos du livre Bienveillance qu’elle a consacré aux écrits de René:

FRANCINE FOUÉRÉ (nom de jeune fille Roussy), née le 10 mars 1927 à Marseille, d’un père protestant cévenol et d’une mère rémoise, eut la chance de vivre dans une famille chaleureuse et unie de sept enfants (le numéro 4) et de connaître ses quatre grands-parents, dont le peintre champenois paysagiste Paul Bocquet soutenu par une charmante grand-mère, excellente pianiste.

Après avoir suivi des cours de modelage et de sculpture aux Beaux-Arts de Marseille, ne voulant pas être à la charge de parents dévoués — ayant fait face courageusement aux difficultés de la vie — elle décida de passer le concours d’entrée de l’ENSEP (École Normale Supérieure d’EPS) à Chatenay-Malabry en 1951.

En participant aux conférences du cercle d’études esthétique Paul Valéry, à l’amphithéâtre Richelieu à la Sorbonne, elle fit la connaissance, en 1954, de René Fouéré, breton d’origine, qui lui fit partager toutes ses recherches, dans bien des domaines : que ce soit l’enseignement de Krishnamurti, qu’elle put écouter dès 1956 à Bruxelles, que ce soit l’étude de la Soucoupe Volante, où ils assumèrent de lourdes responsabilités dans la direction du GEPA et dans la parution de sa revue Phénomènes Spatiaux.

Tous ces sujets et bien d’autres encore, ne faisaient pas partie des « matières à option », comme elle le disait aux nombreux proviseurs qui se succédèrent au lycée Rodin, à Paris, lors de sa carrière de professeur. À sa retraite, elle reçut la médaille d’argent de la Ville de Paris en 1987.

En hommage nous présentons ici quelques uns de ses propres textes suivis d’un hommage à René Fouéré par Robert Linssen

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LA MORT, LA PROFONDEUR DE LA VIE

Épuisée par une douloureuse lutte contre la maladie de Parkinson, en dépit de bons soins, Francine FOUÉRÉ-ROUSSY est allée se reposer auprès de son mari René FOUÉRÉ, discrètement et sans cérémonie, au cimetière où il l’attendait depuis le 15 janvier 1990, à. Pleurtuit son village natal jamais oublié. René Fouéré, toujours attentif à ne pas séparer la vie spirituelle de la vie ordinaire, un chercheur, auteur de la « Révolution du réel, Krishnamurti », et du coffret « Phénomènes Spatiaux (Revues du GEPA) Extraterrestres et Soucoupes Volantes », Courrier du livre).

« Notre cerveau, notre intelligence ne sont peut-être pas structurés pour comprendre ce phénomène ».

« Quand quelqu’un meurt, on ne peut rien lui reprocher, car la mort fait partie de la vie. Mais ce qui est le plus douloureux à vivre, ce sont les séparations vivantes. » (Bienveillance, page 77, René Fouéré),

« Si tous les êtres humains qui ont vécu avant nous, générations après générations, vivaient encore, combien ce serait terrible ! » (Bienveillance, page 68, La Feuille Morte Krishnamurti,).

Merci à la Vie, à la gentillesse de l’entourage, de la famille, des amis, des inconnus et à celle de Manfred.

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Mémoire d’Histoires, Histoires de mémoire…

« GRAND-PÈRE A ÉTÉ TRÈS SAGE » par Francine Fouéré

Paris, le 27 Octobre 2008

« Demain matin, je vais peindre et j’emmène la petite ! »

La petite, c’était moi, à peu près âgée de 5 ans, commençant à peine à parler. (Personne, plus tard, n’a su m’expliquer la raison de cet handicap, ce qui m’a fait redoubler la classe de 11ème).

Le chœur de famille : « Grand-père, il faut bien la surveiller ! ».

« Petite, sois sage, très obéissante, etc, etc ! ».

On m’avait dit que ce vieux monsieur, à la barbe blanche, était le papa de ma maman, qu’il peignait des paysages, qu’il était venu avec une gentille grand-mère, de

Reims aux Lecques (Var), où nous passions les vacances.

Par une chaude matinée, nous partons, grand-père avec son chevalet et moi sa boite à peinture qu’il me confie.

Grand-père me lâchait de temps en temps ma menotte pour cadrer avec ses deux mains, devant ses yeux, des coins de paysage, marmottant :

« Quelle belle lumière ! » « Quel éclairage ! »

Enfin, il s’arrêta à l’ombre des cyprès odorants, installa son chevalet et tout content se mit à étaler des couleurs sur une toile blanche.

Très intriguée, j’observais.

Ce grand-père, tout à son occupation, me fichait une paix royale. Il se dégageait de lui quelque chose d’étonnant.

Silencieuse (et pour cause…), tranquille, j’écoutais le chant strident des cigales. Je regardais mon grand-père, évitant de le déranger, sans avoir besoin de bouger. Tout d’un coup, de curieux et nouveaux sentiments, que je ne pouvais pas nommer à l’époque surgissent. C’était moi qui surveillais attentivement ce vieux monsieur, si heureux et accaparé par sa tâche.

Cette responsabilité me marqua profondément. Cette même impression me revint en mémoire lorsque mon mari, René Fouéré, réfléchissait, écrivait, consultait ses dictionnaires pour trouver le mot juste, avec, lui aussi, cette même expression de bonheur intense.

Expérience étonnante éprouvée par une petite fille qui en a gardé le souvenir toute

sa vie.

La toile terminée, à notre retour assez tard, la famille, inquiète, se précipite : « Alors, grand-père, la petite a-t-elle été sage ? »

Le cher grand-père, encore imprégné par sa peinture, se gratte la tête, perplexe, me regarde, interrogatif, avec un tendre sourire.

Et moi, un peu complice, remplie de cette nouvelle et profonde affection pour ce grand-père, je suis arrivée à articuler : « Grand-père a été très sage ! ».

PS : Cette page est dédiée à ma sœur Élisabeth Laget qui m’avait, depuis longtemps, demandé de mettre par écrit cet épisode. Avant de nous quitter le 21 juillet 2008, elle a rendu, au cours de sa vie, avec talent et vénération, un émouvant hommage à l’œuvre de ce grand-père Paul Bocquet (1868-1947), peintre paysagiste champenois.

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MUTISME INCOMPRÉHENSIBLE DE CES INQUIÉTANTS VISITEURS

< Pourquoi as-tu- choisi cet endroit pour camper ? Il n’y a rien à voir ! Qu’une voie ferrée !

< C’est la plainte qu’une gentille épouse adressait à son mari.

< Passionné par les soucoupes volantes, voulant enquêter à Quarouble, il l’avait persuadée que c’était un coin idéal…

< Quarouble. Une voie ferrée. Un rayon lumineux.

< Cet amusant épisode de 1954 m’est revenu en mémoire, en lisant dans « Science et Inexpliqué » n° 16, l’entretien de Pascal Issoulet avec Marius Dewilde, en 1990, sur son observation du 10 septembre 1954.

< Quand Marius Dewilde vit les deux petits êtres : « Il me passe une idée par la tête : si ce sont des extraterrestres, je vais m’en choper un et je vais l’assommer. Pan ! Juste au moment où je pense ça, pfft, un faisceau lumineux vient sur la droite d’une « chose » posée sur la voie ferrée. Le rayon me paralyse ! Mon cerveau marchait encore ».

< Je me suis rappelé, alors, ce que Maurice Masse m’a dit lors de son observation du 1er juillet 1965, d’un engin stationné dans son champ de lavande et de deux petits êtres à côté : « Ils étaient petits et m’arrivaient à peine à la ceinture. Je vais les attraper et les « estourbir ». Oui, à peine il pense ça, qu’un des petits êtres braque un tube dans sa direction et un faisceau lumineux l’immobilise sur place. Mais il pouvait voir et respirer ».

< Il m’a encore répété la même chose quand nous nous sommes revus en 1990, à Valensole.

< Ce qui est frappant dans ces deux témoignages terrestres, c’est comme si les pensées étaient perçues, comme si notre cerveau était perméable.

< Dans le ciel, lors de l’observation de Téhéran (Iran), du 9 septembre 1976, chaque fois que le chasseur « Phantom » s’approchait de l’OVNI, tout l’appareillage électronique du poursuivant tombait en panne.

< Reçus à l’ambassade d’Iran, l’ambassadeur ne nous a pas caché que l’URSS et l’USA s’étaient vivement intéressés à cette poursuite.

< Ces trois cas ont été choisis, parmi tant d’autres, les deux premiers aux « armes de lumière », comme disait René Fouéré, et celle dans le ciel, car elle montre bien la puissance fantastique supérieure à la nôtre de ces visiteurs.

< C’est étonnant ce qui se passe dans une vie.

< En classe de Mathélem, on nous apprenait que l’atome était insécable. Peu après, le 5 août 1945, l’horreur d’Hiroshima éclata.

< On croyait que le globe terrestre se promenait solitaire dans un univers serein. Et depuis quelques années, des visites insolites et des poursuites dans le ciel bousculent notre tranquillité.

< Je n’ai aucun titre, sauf celui d’avoir suivi cette affaire depuis 1954, par des rencontres avec des chercheurs, des témoins et tout le travail avec mon mari René Fouéré, dans le cadre du GEPA et de la revue « Phénomènes Spatiaux ».

< A la fin de ma vie, ayant conscience de la valeur historique de cette recherche, toutes les publications du GEPA ont été rééditées dans un coffret « Phénomènes Spatiaux ».

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« Si les « soucoupes volantes » sont bien des machines spatiales venues d’ailleurs, et pilotées ou téléguidées par des représentants intelligents d’une ou de plusieurs races extraterrestres techniciennes, le problème que leur présence et leurs évolutions posent n’est pas simplement un problème intellectuel passionnant, réservé à des esprits savants et curieux, c’est un problème qui intéresse, qu’elle en soit ou non consciente, toute l’humanité ».

Ce sage propos, écrit par René Fouéré, est extrait de la préface de l’ouvrage du Docteur James E. Mc. Donald, professeur de météorologie, « Objets Volants Non Identifiés, le plus grand problème scientifique de notre temps ? ». Numéro spécial de la revue « Phénomènes Spatiaux », 1968.

Le Général Max Chassin, homme remarquable, présidant notre groupement, nous apporta tout son crédit. « Il se passe quelque chose! On l’étudie ! ». Attitude lucide et courageuse.

Bien d’autres militaires nous encouragèrent dans notre recherche : le Général Guy Dotte-Charvy, le Capitaine Kervendal, le Lieutenant-Colonel Alexis, etc…

Dans « Forces aériennes françaises », fondée par le Général Chassin, l’écrivain Georges Marey décrit bien l’atmosphère de l’époque.

La presse a joué un grand rôle dans l’information, en bien et en mal.

Notre ami Robert Roussel, journaliste et écrivain, a fait un tableau vivant sur les réactions de l’armée et de la presse dans ses livres et des articles publiés dans « Pêle-mêle sur les soucoupes volantes ».

Dans ce même ouvrage, on retrouve l’analyse pleine d’humour d’Isabelle Stengers, philosophe et historienne des Sciences, sur les scientifiques qui ont du mal à étudier un phénomène non reproductible.

Jean-Pierre Rospars, Docteur ès-sciences en neurobiologie et directeur de recherches, dans « Un échec de la science » montre bien la difficulté de cette étude. Tous les scientifiques n’étaient pas contre, loin de là.

Dans son émouvant testament, intitulé : « Science et Réalité des Ovnis », Christian Perrin de Brichambaut, Ingénieur Général Honoraire de la météorologie, reconnaissait un phénomène non terrestre.

Je me rappelle notre visite au laboratoire du physicien Yves Rocard, très intrigué par l’observation d’une lumière traversant les murs : « Je mets tout mon laboratoire à votre disposition. Mais que dois-je faire ? ». Le problème est là.

Je laisse de côté les « Contre ». La plupart sont mal informés.

Je repense au Général Lehr, lors d’une réunion publique sur les soucoupes volantes, m’avoir dit, avec une extrême courtoisie : Ah Madame, si j’avais lu les revues « Phénomènes Spatiaux », je n’aurais jamais pu écrire le « contre ».

Nous ne sommes pas allés à Cergy Pontoise, ayant appris que les témoins se faisaient payer fort cher. Or, jamais, au cours de nos nombreuses enquêtes, aucun témoin ne demandait un sou. On les sentait plutôt inquiets de ce qui leur était arrivé, cherchant à comprendre. (Si l’on peut dire, les faux Ufos sont une preuve de l’existence des vrais …).

Je ne discute pas non plus le programme Seti. Rien de tangible depuis 50 ans.

A Albert Ducroq, présentant ce projet au salon du Bourget, à la fin de son exposé je lui ai dit que je préférais remettre directement le message de la main à la main aux visiteurs.

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En fait, le seul matériel dont on dispose pour étudier ces engins et ces personnages, ce sont les observations. On peut remercier tous les témoins courageux pour leurs dépositions, ceux qui les écoutèrent, sans moquerie, pour les transmettre, et les enquêteurs enthousiastes (comme celui de Quarouble…).

Par peur tout court, ou par peur aussi du ridicule, combien de cas n’ont pas vu le jour. De nombreux pilotes, pour éviter des ennuis dans leur carrière, ne parlèrent qu’a leur retraite. Ce ne sont pas les seuls. Les politiques aussi préfèrent le silence.

Churchill avait mis un veto pour 50 ans sur une étonnante observation anglaise qui vient d’être déclassifiée.

Peur, indifférence.

L’ami Michel Moutet cite ce propos désabusé de Jean-Pierre Petit Directeur de Recherche, écrit en 1991: « Il m’arrive souvent de songer que, si un escadron de soucoupes volantes survolait la place de la Concorde, en pleine heure d’embouteillage, le phénomène ne laisserait que quelques traces fugaces dans la presse et s’en irait vite dans les poubelles de l’oubli ».

Les observations sont un fait et devraient amener une prise de conscience.

Ces manifestations n’étant pas de nature terrestre, que d’hypothèses furent échafaudées

Michel Granger, un « scientifique fortéen », suggère l’existence d’« une sonde extraterrestre près de la terre ».

Pierre Lagrange, sociologue, pose la question.: « les extraterrestres sont-ils seuls dans l’univers ? ».

René Fouéré, dans son article : des revenants du futur ? (P.S. n°8, juin 1966), fait part de ses réflexions : « les maîtres des Soucoupes Volantes ne seraient pas extra­terrestres, mais des terrestres extra-temporels ».

Des mondes parallèles ? comme le pensent l’ami Henri Chaloupek, Jean Bastide et bien d’autres.

Comment expliquer cette aventure de Monsieur et Madame Desplantes, lors d’une excursion botanique, à Flavigny-sur- Ozerain en Côte d’Or en 1954 : « Soudain, une énorme masse cubique de fer, avec un bruit de déraillement, s’immobilise à 3 mètres de la tête de Monsieur Desplantes, et disparaît sans bruit ». Après tout, les erreurs de pilotage peuvent se produire ailleurs…

Ce qui est le plus inquiétant et le plus grave, c’est l’ignorance de leurs intentons, de leurs motivations.

Comme me l’avait souvent confié mon mari René Fouéré, ce phénomène a toujours existé depuis la nuit des temps, et que la réponse ne peut pas être trouvée par nous.

Depuis des années, tous les chercheurs, scientifiques ou simples curieux, font face à un mur infranchissable, et eux seuls, ces personnages étranges, inconnus, peuvent ouvrir la porte.

Une attente angoissante, irritante, devant ce mutisme incompréhensible et mystérieux.

Mais comme disait René Fouéré : « Notre cerveau, notre intelligence, ne sont peut-être pas structurés pour comprendre ce phénomène ».

Francine Fouéré 10 12 10

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Décès de René fouéré par Robert Linssen

(Revue Être Libre. No 319. Mai 1990)

WWW, René Fouéré, Robert Linssen, Francine Fouéré, Natacha (l’épouse de WWW), Douglas Harding

Notre grand ami et collaborateur René Fouéré nous a quitté physiquement le 14 janvier 1990. C’est en 1933, au camp d’Ommen que j’ai fait la connaissance de René lors des conférences de Krishnamurti. Nous nous sommes immédiatement liés par une communion totale d’idées, communion qui n’a cessé de grandir et de s’approfondir au cours de ces cinquante-sept années de collaboration, d’échanges, de lettres, d’articles, de conférences.

J’ai rarement rencontré un être aussi simple, aussi rayon­nant d’enthousiasme, d’affection, aussi honnête, aussi désinté­ressé. Sa modestie était émouvante pour ceux qui connaissaient son savoir encyclopédique. Son talent d’écrivain était incontes­table : clair, direct, capable d’appréhender les sujets d’ordre psy­chologique, mystique et scientifique avec une vision pénétrante. Celle-ci était éclairée autant par la qualité permanente de son amour que par la pénétration exceptionnelle de sa pensée acces­sible de façon égale aux informations scientifiques les plus ardues ainsi qu’au sommet de la vision mystique supra-mentale.

Le livre que René Fouéré a consacré à Krishnamurti est un chef-d’œuvre monumental, tant dans la forme que dans le fond. Je trouve que chaque phrase des œuvres de Fouéré est un régal par la perfection qu’elle atteint dans sa forme. Pas un mot n’est inutile.

Notre admiration et notre enthousiasme pour Krishnamurti était très semblable et dénué de tout sentimentalisme ou roman­tisme aveugle. Cinquante-sept années d’une grande amitié à un niveau aussi élevé permettent d’entrevoir la séparation inévi­table, résultant de l’impermanence corporelle, à la lumière des richesses spirituelles intérieures qui sont indestructibles.

René a touché la Source mais il était d’une telle modestie que très peu s’en sont rendus compte. Il est la Source et plus vivant que jamais dans tous nos cœurs. Je ne te dis pas adieu, René, car tu es plus que jamais dans mon cœur et dans le cœur de tous ceux qui t’ont connu. Mes pensées et les pensées de tous tes amis vont vers Francine, ta compagne admirable, vers laquelle vont tout notre amour, toute notre admiration, tout notre respect.