Dramaturgie de la mort dans l’Égypte par Jean-Louis Bernard

En Égypte, ce qui frappe, c’est l’existence de la momie. On retrouve l’usage de la momie au Pérou, au Mexique, aux Iles Canaries chez les anciens Guanches, une population qui a survécu jusqu’au Moyen Age ; on la trouve aussi au Tibet, mais dans ces cas exceptionnels. On la trouve en Chine également avec d’ailleurs des recettes parfaites. Pourquoi les momies et qu’est-ce qu’une momie ? La momification est à la fois une chirurgie macabre qui s’accompagne d’un rite. C’est surtout une opération contre nature. C’est pourquoi beaucoup de religions l’ont interdite, par exemple Zoroastre. Zoroastre assimile le corps à un cadavre, à un démon, à un démon parce qu’autour d’un cadavre subsiste un élément psychique qui ne peut se muer qu’en démon, l’« ombre ».

La controverse sur le tantrisme par Jean-Louis Bernard

Ce mythe du Dieu unique à deux sexes se projettera sur le couple pratiquant le tantrisme. II formera unité. L’homme s’exercera à l’arrêt de la pensée pour s’identifier à Shiva qui est au-delà du mental ; la femme, elle, s’entraînera à la visualisation, mais en choisissant des thèmes sacralisés (par exemple la danse cosmique du Shiva androgyne). Par lente réaction, chacun sentira grandir en lui son autre pôle : « anima » pour l’homme « animus » pour la femme. Dans un premier temps, l’homme identifiera par jeu mystique sa compagne à la Shakti, puis il reportera l’identification sur la femme intérieure qui se concrétise en lui et plus spécialement en son mental inconscient, c’est-à-dire les zones dormantes du cerveau. Et l’anima, véritable médium intérieur, se modèlera sur l’universelle Shakti. Même processus pour la femme, en sens inverse et complémentaire.