Le tantrisme ou l’éveil par la sexualité par Jean Varenne

Au point de départ, les tantriques se rapprochent des adeptes du yoga classique. Comme ces derniers ils professent que l’individu doit trouver en lui-même toutes les ressources qui lui permettront de dépasser les misères de la condition humaine. Ce ne sera donc ni par l’étude des textes sacrés, ni par la pratique de la dévotion, ni par le jeu dialectique que l’homme fera son salut mais par une « prise en compte » de sa personne tout entière, corps, âme, esprit. Bien entendu, l’étude, la prière, la réflexion intellec­tuelle peuvent aider à cette prise en compte, mais comme adjuvants seulement, l’essentiel restant cette descente à l’intérieur de soi, visant à la découverte de l’être intime.

La symbolique des gestes bouddhiques par Pierre Rambach

Dans les rites tant hindous que bouddhistes, l’exécution de mudra, accompagnée de la récitation de mantra, va jouer un rôle essentiel sur la voie, pour les uns de la réintégration, pour les autres de l’Eveil. Avec l’apparition et le développement du Tantrayana, de ce « troisième tour de la Roue de la Loi », ces sept mudra, qui contiennent et résument la doctrine du Bouddha historique, seront complétées par une dizaine d’autres et un grand nombre de variantes, pour transmettre l’enseignement secret de Vairocana dont le Sakyamuni n’était qu’une manifestation terrestre.

Le tantrisme et l’initiation au mandala par Jean Varenne

Le plus souvent, en Inde, le mandala est tracé au moment où l’on en a besoin, puis effacé lorsque le rite est achevé. On utilise de préférence des poudres de couleur que l’on achète sur le marché et que l’on mélange éventuellement avec divers liquides pour obtenir une sorte de peinture aisément lavable. Un texte recommande, par exemple, d’utiliser de la poudre couleur safran-rouge (vermillon vif) mélangée avec du lait de vache pour tracer le Shrî-Yantra. Ailleurs, il est expliqué que, si le dessin est fait avec de la poudre jaune, l’initié triomphe de la malignité verbale (calomnie, etc.) de ses ennemis. Ailleurs encore, on enseigne que si l’on veut du mal à quelqu’un on peut tracer un mandala avec du crottin de cheval délayé dans de l’urine de vache ! Ces quelques exemples donnent une idée de ce que sont ces enseignements secrets dispensés par les maîtres tantriques ; convaincus de l’efficacité intrinsèque des yantras, ils trouvent normal de les utiliser à toutes fins : progrès spirituel, certes, mais aussi magie blanche ou noire.

Notes sur le tantra yoga, sur le tcheu et sur quelques phénomènes mystiques par François Chenique

Si le hatha-yoga intrigue les Occidentaux, le tantra yoga les fascine, ce qui n’est pas mieux. Si l’on veut s’informer sur le but et les pratiques de ce yoga, il faut écarter résolument tout ce qui est vulgarisation pour ne s’adresser qu’à des auteurs dont l’information est sûre, ce qui rend parfois la lecture de leurs ouvrages assez difficile. Il y a en effet trop de livres et d’articles qui parlent un peu vite de la Kundalinî et des chakras (cakra) sans que cela puisse être utile au lecteur, d’où la nécessité de faire un choix…

Le rôle de la femme dans le tantrisme par swami Satyananda Sarasvati

Pour la tradition tantrique, la femme est supérieure à l’homme en ce qui concerne l’initiation tantrique (ceci n’a rien à voir avec la vie sociale). Il s’agit uniquement d’une attitude spirituelle liée à l’évolution de la conscience supérieure. Structure, émotions, évolution et son psychisme sont nettement plus développés chez la femme que chez l’homme. L’éveil de la force spirituelle, c’est-à-dire de Kundalini, se produit plus facilement dans le corps de la femme.

La controverse sur le tantrisme par Jean-Louis Bernard

Ce mythe du Dieu unique à deux sexes se projettera sur le couple pratiquant le tantrisme. II formera unité. L’homme s’exercera à l’arrêt de la pensée pour s’identifier à Shiva qui est au-delà du mental ; la femme, elle, s’entraînera à la visualisation, mais en choisissant des thèmes sacralisés (par exemple la danse cosmique du Shiva androgyne). Par lente réaction, chacun sentira grandir en lui son autre pôle : « anima » pour l’homme « animus » pour la femme. Dans un premier temps, l’homme identifiera par jeu mystique sa compagne à la Shakti, puis il reportera l’identification sur la femme intérieure qui se concrétise en lui et plus spécialement en son mental inconscient, c’est-à-dire les zones dormantes du cerveau. Et l’anima, véritable médium intérieur, se modèlera sur l’universelle Shakti. Même processus pour la femme, en sens inverse et complémentaire.

Mourir et renaitre selon le bouddhisme tibétain par Dagpo Rimpoché

I1 y a une continuité dans la conscience (NAMSHE). Il faut également savoir ce que l’on entend par « conscience ». Il y a six sortes de consciences, visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile et mentale. Lorsque le corps est séparé de l’esprit, les cinq premières consciences sensorielles vont disparaître seule subsiste la conscience mentale à laquelle les organes sensoriels et les consciences sensorielles vont transmettre leur pouvoir de réapparaître. Il n’y a donc qu’une seule conscience qui se transforme et qui peut se développer pour devenir de plus en plus forte et de plus en plus claire. La conscience a un pouvoir extrêmement fort. Elle est entourée, veillée par de très nombreux obstacles. Mais on peut les supprimer et alors son pouvoir pourra se développer.