Efforts et éveil : Aperçus des travaux de Maurice Nicoll par Gary Lachman

Traduction libre Les images de nous-mêmes nous empêchent de voir ce que nous sommes… Vous avez, disons, une image gentille de vous-même, juste, pleine d’abnégation et de bonne volonté… Vous ne vous rendez pas compte que vous êtes souvent cruel, égoïste, injuste et parfois plein de mauvaise volonté… Dans ce genre de cas, vous ne […]

Traduction libre

Les images de nous-mêmes nous empêchent de voir ce que nous sommes… Vous avez, disons, une image gentille de vous-même, juste, pleine d’abnégation et de bonne volonté… Vous ne vous rendez pas compte que vous êtes souvent cruel, égoïste, injuste et parfois plein de mauvaise volonté… Dans ce genre de cas, vous ne voyez pas votre malfaisance, mais vous la projetez sur les autres. C’est-à-dire que ce que vous ne voyez pas en vous, vous le voyez reflété dans l’autre personne. (Psychological Commentaries, Commentaires psychologiques, 3:964)

L’espace psychologique n’est pas visité par le corps physique, mais par l’esprit, les émotions, et les sensations… Ce monde invisible est aussi réel que l’espace physique… Ce pays psychologique intérieur invisible, dans lequel nous vivons réellement notre vie, a de bons et de mauvais endroits. Il contient le paradis, l’enfer et un lieu intermédiaire. Lorsque nous sommes dans la partie négative du Centre Émotionnel, nous sommes, intérieurement, en enfer. (Commentaires psychologiques, 3:978)

Le mot traduit dans tout le Nouveau Testament par repentance est du grec meta-noia, qui signifie changement d’esprit... La particule meta indique un transfert, une transformation ou un dépassement. L’autre partie de ce mot – noia – vient du mot grec noûs, qui signifie esprit. Le mot metanoia a donc à voir avec la transformation de l’esprit. (The Mark , La Marque, 92-93)

L’idée de récurrence est ancienne. C’est une idée qui se cache à l’arrière-plan des spéculations de l’homme sur la vie depuis le début de la pensée européenne. Mais c’est une idée qui a tellement de contenu latent que nous ne pouvons pas en attendre une formulation claire. Elle est trop profonde. (Living Time, 160)

Tous les écrits sacrés contiennent une signification extérieure et intérieure. Derrière les mots littéraux se cache une autre gamme de sens, une autre forme de connaissance. Selon une tradition séculaire, l’homme était autrefois en contact avec cette connaissance intérieure et ce sens intérieur. De nombreux récits de l’Ancien Testament transmettent une autre connaissance, un sens bien différent du sens littéral des mots. L’histoire de l’Arche, l’histoire du majordome et du boulanger de Pharaon, l’histoire de la tour de Babel…. Et dans les Évangiles, la parabole est utilisée d’une manière similaire. (The New Man, L’homme nouveau, 1)

La main droite est généralement la plus consciente. Le côté le plus conscient d’un homme est l’homme extérieur, celui dont il se sert le plus : le côté le moins conscient est l’homme intérieur, le plus profond… L’homme extérieur est formé par le contact avec la vie extérieure, pour s’adapter à la vie… Un homme qui n’a développé que le côté extérieur vers la vie est un demi-homme – un homme unilatéral dans le sens d’un homme coupé en deux longitudinalement. Il a une jambe, un bras et un demi-cerveau. L’homme a deux côtés, un droit et un gauche, un extérieur et un intérieur. Ils doivent être réunis pour former l’homme tout entier. (Commentaires psychologiques, 3:1067)

On nous apprend, comme exercice d’accroissement de la conscience, à essayer parfois d’adopter consciemment le point de vue opposé à celui que nous adoptons mécaniquement. Il s’agit d’inclure l’opposé, mais pas de rejeter l’autre point de vue. C’est rapprocher les opposés vers un milieu en incluant les deux côtés dans la conscience. (Commentaires psychologiques, 5:1566)

L’homme reçoit plus que ce dont il a besoin, et c’est l’un des mystères de la vie. Il n’utilise qu’une partie de son cerveau. On lui donne plus que ce dont il a besoin pour vivre sa vie naturelle. On lui donne une maison beaucoup plus grande que celle qu’il utilise ou dont il a besoin pour les besoins de la vie ordinaire. Comme on l’a dit, il a un cerveau qui est plus grand que ce qui lui est nécessaire. (Commentaires psychologiques, 5:1764)

Grâce au rappel de soi, nous subissons de nouvelles influences qui, autrement, ne pourraient pas nous atteindre. Si vous ressentez l’extraordinaire de votre propre existence, si vous ressentez le miracle de votre corps, de votre conscience, du monde qui vous entoure, si vous commencez à vous demander qui vous êtes, alors vous êtes dans l’état nécessaire pour vous rappeler vous-même… Dans tout cela, le sens du mystère est en nous, le sens du miraculeux. Il n’est pas nécessaire d’aller au Tibet pour trouver le miraculeux. Vous pouvez le trouver ici, maintenant, à cet instant. (Commentaires psychologiques, 2:601)

L’homme est à la fois dans le Temps et dans l’Éternité. L’éternité est verticale par rapport au temps – et c’est la direction du rappel de soi – le sentiment de soi maintenant. Chaque maintenant est éternel. Pour se rappeler de soi, le sentiment du maintenant doit entrer – je suis ici maintenant – je suis moi-même maintenant – distinct du passé ou du futur – la nouveauté de moi-même – je suis maintenant. Et si l’acte est réussi, vous saurez par vous-même que l’Éternité est toujours dans le maintenant et peut être expérimentée comme un goût différent du temps. (Commentaires psychologiques, 3:945)

Les six citations suivantes sont tirées du journal intime de Nicoll, que l’on trouve dans Maurice Nicoll : A Portrait par Beryl Pogson, 180-211.

Tout effort individuel nous élève au-dessus de la tendance des choses, de la balance du bien et du mal, qui est la vie.

Prendre la vie comme un entraînement pour le développement spirituel, voilà bien le seul message. C’est commencer à la transformer.

La nature nous invite à penser au-delà des sens, ce qui est la seule solution au sens de la vie.

N’est-il pas clair que pour développer quelque chose en soi, il faut s’isoler des influences collectives ?

La synchronicité nous place temporairement au-dessus des lois ordinaires du temps horizontal… par un coup spécial de syntonisation, provoquant une correspondance entre la vie extérieure et la vie intérieure.

Dès que nous commençons à observer des exemples de synchronicité, nous semblons les attirer.

L’accentuation dans toutes les citations est celle de l’original. Les sélections sont de Gary Lachman.

SOURCES

Nicoll, Maurice. Living Time and the Integration of the Life. Londres : Watkins, 1981.

Nicoll, Maurice. The Mark. Londres : Watkins, 1981.

Nicoll, Maurice. The New Man. New York : Penguin, 1976.

Nicoll, Maurice. Psychological Commentaries on the Teachings of Gurdjieff and Ouspensky. Cinq volumes. Londres : Watkins, 1980.

Pogson, Beryl. Maurice Nicoll : A Portrait. New York : Fourth Way Books, 1987.

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