Radha BURNIER : Critères moraux et intuition spirituelle


24 Jul 2011

(Revue Le Lotus Bleu. No 1. Janvier 1989)

A toute époque de transition et au cours des périodes où se produisent de remarquables changements des conditions extérieures, le mental des gens est mis à l’épreuve. Ou bien ils tirent un nouvel élan du défi que leur oppose le changement rapide des circonstances et se mettent à la pointe de la croissance culturelle, intellectuelle et spirituelle de la civilisation dans laquelle ils vivent, ou bien ils sont dépassés parce qu’ils sont trop cristallisés et trop conventionnels pour réagir comme il faut au changement, et alors tout se met à dégénérer et à s’écrouler autour d’eux.

Nous sommes en train de vivre aujourd’hui une époque de grand changement extérieur. La technique a bouleversé l’environnement, même celui des peuples simples qui mènent une vie tribale dans des régions reculées. Les choses que l’on entreprend maintenant, rendues possibles par la technique, modifient le temps qu’il fait, produisent des pluies acides, bouleversent les forêts, etc.., exerçant ainsi une influence sur la vie des gens dans une région étendue. Dans les zones urbaines, l’impact de la technique sur l’environnement est, bien entendu, bien plus marqué. Et puis, la révolution électronique, de son côté, est en train d’opérer un changement de première importance, frappant d’obsolescence divers processus mentaux, ainsi que des occupations dans lesquelles la mémoire et les calculs faits de mémoire jouaient un rôle important. Quelques-unes des découvertes importantes faites par la science au cours des quelques dernières décennies demandent que soient révisées diverses opinions traditionnelles concernant le monde. Dans la perspective des techniques d’annihilation qui sont maintenant accessibles aux peuples du monde, les vieilles théories des rapports politiques, la pratique de sâma, dâna, bheda et danda des époques antérieures (sama: établir une solide amitié. dana: se gagner les faveurs d’une personne. bheda: créer des divisions dans le camp ennemi – diviser pour régner. danda: combattre lorsque les autres stratégies s’avèrent inefficaces), ont cessé de s’appliquer, car cela revient à être dangereusement fou que de pratiquer ce jeu à une époque où tout conflit local peut amorcer le désastre à l’échelle planétaire. L’humanité ne peut plus s’offrir le luxe d’employer les vieilles règles pour envisager les rapports entre les nations, les communautés et les peuples.

Le développement de la technologie a fait naitre l’illusion que le progrès consiste â améliorer les outils et les techniques. L’homme a été défini comme homo faber, le faiseur d’outils. Il a été aussi considéré, depuis l’époque d’Aristote, comme un animal rationnel. C’est son côté rationnel qui lui a permis d’obtenir le savoir dont les merveilles techniques sont des résultats. Mais il n’y a pas grand chose de rationnel à vivre dans la concurrence et l’agressivité alors que l’on possède des instruments de destruction d’une puissance encore jamais vue. On s’aperçoit de plus en plus que la crise qui assaille la société humaine sur tous les fronts n’est pas due à la technique ni aux outils que l’homme s’est créés. Le problème se trouve en lui, dans son insuffisance morale et dans son incapacité à comprendre les valeurs essentielles. La civilisation actuelle ne gagnera ou ne perdra pas selon ses capacités de produire ou de faire la guerre, selon l’importance de ses villes ou de son commerce. C’est seulement quand on se rendra compte que les conditions entièrement nouvelles qui règnent dans le monde moderne sont pour nous une incitation à remettre en cause l’échelle des valeurs qui a cours dans notre société de consommation malade de tous ses conflits, qu’il y aura un espoir de réel progrès.

L’idée de conquête s’est incrustée dans le mental de l’homme faisant de la guerre l’un des traits les plus constants de son histoire. La notion de conquête renferme, bien entendu, l’acquisition de ressources et l’adoption des techniques et moyens propres à atteindre l’objectif que l’on s’est fixé. Les critères moraux de la société se sont, en conséquence, le plus souvent référés à l’utilité et au patriotisme régional. L’esclavage, l’oppression des femmes et des faibles, la torture, la pauvreté et les nombreuses autres formes de cruauté et de souffrance qui ont existé dans la société humaine, à toutes les époques et dans tous les pays, sont la conséquence directe de n’avoir pas su remettre en cause la validité d’une échelle de valeurs instituée pour convenir à telle ou telle région, religion, ou tel ou tel autre groupe de la société. La pensée conventionnelle a toujours eu le dessus. Si abondantes que soient, dans une société, les preuves de l’échec, et l’existence de la souffrance est un échec, on n’abandonne pas les critères moraux qui ont cours.

Dans une partie considérable du monde, les affirmations dogmatiques et autoritaires de la religion forment la base de l’échelle des valeurs de la société. Les principes humanitaires sont violés par la façon dont des peines barbares sont imposées même pour des peccadilles, lesquelles peines sont justifiées par les injonctions supposées infaillibles de l’autorité religieuse. L’autorité religieuse dicte aussi ce que doit être le statut social de la femme et la dépouille des libertés fondamentales. Ce n’est là qu’un seul exemple destiné à montrer comment des valeurs fondamentales comme l’égalité et la liberté peuvent être complètement mises de côté pour favoriser une petite coterie qui s’est arrogé le pouvoir au nom de la religion.

Le grand capitalisme est également actif pour conditionner les gens et leur faire adopter une attitude nationaliste égoïste et agressive, ce qui ne peut que diviser le monde et créer des déséquilibres tragiques. Une petite partie du monde prospère et accroit sa richesse tandis que le reste est exploité et vit dans une pauvreté abjecte. L’accent mis sur le nationalisme transforme même les jeux et le sport, les Jeux Olympiques par exemple, en arène où s’exerce une intense rivalité qui leur donne davantage l’apparence de la guerre que de jeux. Le mécanisme de la propagande sert à conditionner les peuples de presque toutes les nations à croire que leurs propres dirigeants sont de vertueux pacifistes alors que les autres sont tout le contraire. Ainsi le nationalisme sert d’excuse et d’instrument pour instiller la suspicion et l’animosité. Il a un vernis superficiel de vertu, mais il engendre la malignité.

Non seulement l’homme s’est séparé de ses semblables appartenant aux autres « catégories sociales » (catégories qu’il a créées lui-même) mais il en est aussi venu à se considérer comme en dehors de la nature. Tout ce qui se trouve dans la nature, et toutes les formes de vie, lui paraissent avoir été faits pour son propre usage. Son propre plaisir et la connaissance acquise par lui sont d’une importance tellement prédominante que sa vision d’utilitariste ne peut être que faussée. Les horreurs effarantes qui accompagnent la vivisection dans les laboratoires du monde de milliards d’animaux sans défense, le plus souvent pour obtenir simplement des résultats qui sont déjà connus, ou pour acquérir un savoir qui, n’est utile à aucun projet prévisible, la brutalité des « élevages industriels », etc…, sortent de la boite de Pandore de l’utilitarisme. C’est sous la pression de besoins utilitaires à court terme que l’on est en train de détruire la nature sur une grande échelle et que se produit la désertification de la terre. Un certain nombre de technocrates ont fait remarquer que les difficultés engendrées par le mauvais emploi de la technique ne peuvent pas être résolues par les technocrates. Aussi longtemps que durera cet élan irrésistible vers une consommation sans cesse accrue et que l’éthique utilitaire gouvernera le monde, les problèmes comme la pollution et la désertification continueront de se poser.

Le monde en général a rejeté des valeurs morales comme ahimsâ (la non-violence), la simplicité, etc.., recommandées par les quelques personnes éclairées que le monde compte, parce qu’elles semblent personnelles, utopiques, et sans lien avec le progrès fondamental de la société. Cependant, les évènements de l’histoire récente ont prouvé qu’on ne peut pas faire de différence entre les critères de la morale personnelle et ceux de la morale de la société. Cultiver l’insensibilité chez l’individu nuit à tout le corps de la société. La cruauté appliquée systématiquement aux animaux rejaillit sur les humains. Des hommes dont le mental est accoutumé à pratiquer l’indifférence et la brutalité à l’égard des animaux sont capables de traiter d’autres êtres humains avec l’absence de cœur qui s’est montrée dans les camps de concentration. Il suffit de qualifier les victimes de « vermine » ou de « bûches de bois », et puis tout est possible. Le mental qui se rend indifférent à la souffrance dans un domaine ne peut pas être maîtrisé ni empêché de devenir un agent destructeur dans une autre direction. La haine, la peur et la suspicion instillées dans le mental d’une population pour faire aboutir des visées nationalistes saturent la totalité du comportement humain.

Encourager la soif d’acquérir dépouille le monde de ses ressources. Le bonheur social de l’homme repose sur des qualités de l’individu comme la bonté, la simplicité, l’honnêteté, etc. Encore plus qu’aux époques antérieures, elles sont maintenant essentielles pour la santé de la société humaine et la survie de l’humanité.

La science est en train de découvrir jour après jour que tout se tient dans le monde, fournissant ainsi à l’homme une preuve fondamentale qu’il faut travailler à la prise de conscience de l’unité de la vie. En dépit de la masse de preuves déjà disponibles pour montrer que tous les êtres vivants ne survivent que grâce à un système complexe, mis sur pied peut-être par la pensée cosmique, d’aide mutuelle, d’ajustement et d’équilibre, l’homme continue d’agir comme s’il était l’autorité décidant en dernier ressort quelles formes de vie sont bonnes ou mauvaises, qui et quoi doit survivre ou mourir, et de quelle manière les autres créatures devront passer leur vie.

Innombrables ont été les occasions dans lesquelles l’homme a commis des folies par suite de son assurance vaniteuse qui le rend aveugle à l’intelligence supérieure de la nature. Il a détruit des millions de moineaux pour essayer d’économiser le grain qu’ils mangeaient, avec seul résultat de se trouver confronté à un désastre pire causé par les vers et les insectes qui s’étaient multipliés de façon illimitée en l’absence des moineaux. Les moineaux qu’il considérait comme ses ennemis étaient en fait ses aides. Ces sortes d’exemples de la vision erronée de l’homme sont nombreux.

Dans le réseau d’aide mutuelle de la nature, tout autour de nous et partout, se trouvent des aides. Des créatures, grandes, petites et minuscules, sont au travail pour atteindre un but unitaire.

« Les vers en se nourrissant se frayent un chemin à travers le sol, aérant l’humus et l’enrichissant de leurs déjections; les chauves-souris zigzaguent dans l’air de la nuit cueillant au passage des moustiques récemment gorgés de sang. Accompagnant ici un mâchonnement et là un grignotement s’élève un rugissement mutuel, comme le bruit lointain de la mer qui déferle, le bruit cumulé de milliards de créatures invisibles en train de transformer le rocher en sol, d’extraire l’azote de l’air, de faire à partir des débris de la vie, les aliments dont les végétaux, les animaux et nous-mêmes vivons« . (The Smithonian, Juillet 1981).

John P. Whiley, dont les paroles sont citées ci-dessus, remarque que nous ne pouvons pas vivre sans microbes et qu’ils font gratuitement la plupart du travail qui se fait dans le monde. « Et à mesure que les choses deviennent de plus en plus difficiles, ils pourraient bien finir par en faire aussi bien davantage du nôtre« . Les micro-organismes produisent les antibiotiques, les aminoacides, l’alcool et des centaines d’autres choses, peut-être feront-ils quelque jour le pétrole brut, ou mangeront-ils le pétrole brut quand il aura été renversé, et ils fabriqueront aussi l’insuline, l’interféron et d’autres choses présentant de la valeur pour les êtres humains. Si l’homme travaille avec la nature, la nature travaillera pour lui.

Bien que les micro-organismes auxquels en général on ne pense qu’à propos des maladies soient des aides invisibles de l’homme et du processus de la vie, ils ne sont pas les seuls. Toutes les innombrables formes de la vie jouent un rôle. La tradition orientale, en fait, envisageait l’existence de nombreuses créatures que l’homme à présent ne connaît pas, qui faisaient invisiblement partie d’un écosystème unique dans lequel personne ne peut s’offrir le luxe d’ignorer ou de rejeter les autres. Dans l’art antique, comme dans certaine sculpture bouddhiste, le monde est montré peuplé de divers citoyens, les uns visibles pour l’homme et d’autres non. Tous ils font intrinsèquement partie d’une seule existence manifestée, et tous ont peut-être un rôle à jouer dans l’accomplissement d’un plan qui dépasse notre mental.

La prochaine étape du progrès de l’humanité ne sera pas tellement un exploit accompli dans l’espace ni la fabrication d’une nouvelle drogue extraordinaire, mais la découverte que l’homme est constamment et continuellement le débiteur de toutes les autres formes de la vie qui aident à maintenir le système de la nature et sans lesquelles il ne pourrait pas survivre.

La connaissance des rapports mutuels et l’interdépendance, que la science est en train de nous apporter peu à peu, a aussi un profond rapport avec les relations entre les êtres humains et les critères moraux que l’on cherche à faire prévaloir dans la société humaine. La connaissance d’une nature scientifique et écologiste est l’écho à un certain niveau de la vision spirituelle résumée dans la célèbre affirmation : sarvam Khalvidam Brahma, le monde entier est en fait, Brahman, laquelle a été amplifiée dans de nombreuses autres déclarations faites par les sages, comme dans la Mundaka Upanishad, 11, 2, 12 :

« La Réalité immortelle (Brahman) est en fait partout devant, derrière, à droite et à gauche, en dessous et en dessus. Tout dans ce vaste univers est Brahman« .

La société civilisée implique que l’on vive ensemble et que l’on apprenne à coopérer et effectuer les ajustements mutuels propres à faire naître le sens de l’ordre, l’harmonie, la paix et la beauté, tout en préservant en même temps la liberté nécessaire à chaque individu pour grandir dans la plénitude de sa propre dignité et révéler toutes ses possibilités latentes cachées. Apprendre l’art des rapports mutuels est un aspect de la sagesse. On trouvait souvent dans les sociétés simples et traditionnelles une compréhension naturelle des rapports mutuels entre les êtres vivants. Elle s’exprimait par la répugnance à tuer sans nécessité, même quand on allait à la chasse. Il y avait une certaine sagesse dans l’esprit du cannibale qui était choqué d’apprendre que des millions d’hommes étaient tués lors de la guerre mondiale, il ne pouvait pas comprendre la sauvagerie de ceux qui tuaient sans avoir besoin de manger ! L’Indien d’Amérique savait qu’il appartenait à la terre et non pas l’inverse. C’est ce que disait le chef Seattle en 1854 : « Voici ce que nous savons : la terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la terre. Voici ce que nous savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang unit une famille. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, tout ce qu’il fait à cette toile, il se le fait à lui-même« .

Dans la vie compliquée qu’est la vie moderne, il est beaucoup plus difficile de s’apercevoir du fait que la vie est une et que l’homme n’est qu’une partie infiniment petite d’un univers merveilleux. Il faut cependant impérativement se rendre compte que toute échelle des valeurs adoptée par l’homme et allant contre la vérité fondamentale de l’existence des rapports mutuels et de l’unité, fait naître le désordre et la souffrance. Un changement hardi est nécessaire pour s’apercevoir que bien des attitudes d’esprit qui ont toujours été considérées comme « naturelles » ne le sont pas, parce qu’elles vont à contresens des faits de la nature. Cela exige du courage que d’adopter et de mettre en pratique des critères moraux comme la non-violence, parce qu’il semblerait qu’il ne soit pas possible de survivre sans faire ce que tous les autres font. Mais c’est précisément parce que presque tout le monde adopte comme inévitables la violence et la guerre, la soif de consommer et l’appât du gain, l’utilitarisme et l’égoïsme, que la terre est devenue un endroit où vivre est si éprouvant et dangereux.

L’attitude de la spiritualité c’est agir selon des principes et des critères moraux qui ont une validité absolue et non pas selon ceux qui sont relatifs et adaptés à l’époque et aux circonstances. Les critères absolus sont en liaison avec les réalités de la nature et non pas avec la commodité, l’égoïsme et les points de vue spécialisés. Ceux qui, comme le Bouddha, ont atteint l’illumination et pris conscience de la vérité, voient se manifester dans tout ce qui existe la totalité du sens et du but de la vie ainsi que les critères absolus. Parce qu’ils mènent une vie conforme à cette prise de conscience, ils personnifient l’amour et la compassion. Leur façon de vivre donne l’exemple de l’action qui n’est pas nécessairement « sage » selon le point de vue du siècle, mais qui est absolument correcte parce qu’elle exprime leur état d’amour et de compassion universels, totalement dépourvu de motifs et d’intérêts personnels.

Aucun des grands instructeurs spirituels n’a insisté sur quoi que ce soit d’autre que l’éveil intérieur à la vérité, car en l’absence de cet éveil tout ce que les gens font aboutit à la futilité et à la souffrance. Tout essai de reconstruire la société finit dans des coutumes dégénérées et l’exploitation de certaines personnes par d’autres, parce que changer les formes visibles sans s’éveiller intérieurement à la vérité, éveil qui est amour, se termine par la corruption des formes. II y a eu, au cours de l’histoire, bien des formes de révolution, mais elles ont toutes échoué à réaliser ce qu’elles proclamaient. Liberté, égalité et fraternité, ont été à peine davantage que les éléments d’un slogan destiné à renverser un régime. Ce slogan n’a fait naitre aucun changement fondamental. Non plus que les prétentions de ceux qui parlaient de la façon dont l’Etat s’étiolerait et disparaitrait une fois la révolution accomplie. Le contrôle exercé sur le peuple par ce même Etat est devenu monstrueux.

On ne peut pas rejeter tout effort tendant à améliorer et à construire au niveau de ce qui est visible. Mais il doit s’accompagner d’une aperception suffisamment claire de l’extrême importance de la connaissance des mystères et des vérités de la vie. Sinon, il y aura échec perpétuel. Le degré d’élévation atteint par une civilisation dépend de la mesure où la recherche de la vérité poursuivie par l’examen philosophique, l’effort religieux et la recherche scientifique est intégrée dans la culture du peuple et de la mesure où les critères moraux se relient à l’intuition spirituelle ainsi obtenue. La philosophie, la religion et la science peuvent et doivent avoir une influence et un rôle pratiques dans les affaires de rapports entre les êtres humains et la qualité de la vie de l’homme en société. Elles sont, chacune, un sentier qui mène à la vérité et la vérité a le pouvoir de transformer. Pour reprendre les paroles de Saint Jean « Vous connaitrez la vérité et la vérité vous affranchira » (8,33). Dans ce mot de « vérité » sont contenus en totalité les critères absolus et bénéfiques.

Radha BURNIER

The Theosophist juillet 1997