Jean-Louis Siémons : Les chemins de la théosophie


18 Aug 2009

(Revue Psi  International. No 6. Juillet-Août-Septembre 1978)

Théosophie : un mot aux sens multiples

Si l’homme cultivé reconnaît facilement l’origine grecque du mot Théosophie, peu de gens, sans doute, savent qu’il fut employé au IIIe siècle après J.-C. par Ammonius Saccas et ses disciples, les Théosophes Éclectiques de l’école néo-platonicienne, tels que Plotin, Porphyre et leurs successeurs. Cette Théosophia, ou sagesse divine, était fondée sur une croyance en une Divinité absolue, incompréhensible et suprême, ou essence infinie, considérée comme la source de la nature entière – visible ou invisible – l’homme lui-même étant, dans sa nature immortelle, une émanation d’une Ame Universelle, identique dans son essence à la Divinité. Dans la pratique, la discipline rigoureuse de purification et de recherche de la communion mystique conduisait à l’illumination et permettait à certains, par les pratiques occultes de la Théurgie, d’entrer en rapport avec le monde des dieux et d’obtenir ainsi la révélation des mystères divins.

Dans le monde de l’Alexandrie du début de notre ère, où se rencontraient les courants de pensée les plus divers, le système théosophique éclectique a visé, sur le plan des idées, à concilier les diverses religions et sectes qui se trouvaient en présence, en démontrant leur accord profond sur les points essentiels.

Les successeurs d’Ammonius ont eu une influence marquée sur les premiers Pères de l’Église, tels que Clément d’Alexandrie et Origène. L’école néo-platonicienne termina sa carrière d’une manière malheureuse : la philosophe Hypatia (qui compta parmi ses disciples l’évêque Synésius) fut assassinée par la populace fanatisée par l’évêque d’Alexandrie, Théophile, et son neveu Cyrille, jaloux de son influence.

Les siècles passèrent. Dans un monde christianisé, le mot théosophie fit une nouvelle apparition et survécut dans une longue tradition, illustrée par de multiples écoles et des figures remarquables de philosophes, mystiques, cabalistes, alchimistes, rose-croix et francs-maçons dont la vie fut souvent entourée de mystère. Parmi les théosophes les plus connus, on cite généralement Paracelse, Jacob Boehme, Swedenborg, Louis-Claude de St-Martin – pour ne pas alourdir une liste qui serait bien trop longue. Bien que chaque personnage de cette tradition ait pu développer une vision originale de la création, tous ont cependant en commun une perception de l’Unité du monde, des correspondances profondes qui existent entre ses différentes sphères, entre le macrocosme et le microcosme, et chacun s’efforce de faire l’expérience directe du Divin par l’illumination, le contact intérieur immédiat, par le recours éventuel à la magie, aux pratiques occultes et aux cérémonies rituelles.

Divers courants théosophiques existaient encore au XIXe siècle, où fleurissaient maintes sociétés secrètes initiatiques, lorsque le mot Théosophie entra brusquement dans le domaine public et reçut une publicité considérable, qui fait parfois oublier maintenant son origine lointaine : la Société Théosophique venait de naître et, avec elle, commençait la carrière de la Théosophie contemporaine à laquelle est attaché, d’une manière indissoluble, le nom de Madame Blavatsky.

La Théosophie contemporaine

La Société Théosophique avait débuté d’une manière bien modeste à New York, le 17 novembre 1875, mais lorsque Mme Blavatsky publia en 1877 son premier livre — Isis Dévoilée — l’effet produit sur le public fut immense. La première édition fut vendue en l’espace de deux jours. Trois éditions parurent en 7 mois.

Isis était présentée comme une « clef des mystères de la Science et de la Théologie des temps anciens et modernes » — manifeste audacieux d’une Théosophie qui déclarait la guerre à l’infaillibilité de la science matérialiste du XIXe siècle ainsi qu’à l’infaillibilité des religions dogmatiques, aussi bien occidentales qu’orientales. Dans son livre, Mme Blavatsky fait de très nombreuses références aux philosophies et religions du passé, aux divers systèmes initiatiques, aux mythes et légendes, qu’elle interprète et compare d’un système à l’autre. L’un des buts visés est clairement de « faire reconnaître la philosophie Hermétique, l’ancienne Religion-Sagesse universelle ».

Ce mouvement théosophique contemporain ne se coupait pas des courants précédents et ne se prétendait pas création nouvelle, mais se présentait volontiers comme le successeur moderne de l’antique École Théosophique Éclectique d’Alexandrie, visant à « concilier toutes les religions, sectes et nations dans un commun système de morale basé sur des vérités éternelles ».

Les efforts de Mme Blavatsky, avec l’aide du Colonel H.S. Olcott  [1] en Inde et de W.Q. Judge [2] en Amérique, se poursuivirent en vue d’affermir la Société Théosophique et d’étendre son influence. Les buts de cette Société étaient — et demeurent — des plus louables et devaient séduire maint chercheur de vérité, maint philanthrope et maint mystique désireux de trouver et de vivre un idéal de vie élevé. Il s’agissait essentiellement de :
– former le noyau d’une fraternité universelle, indépendamment de toute distinction de race, couleur, ou croyance,
– encourager l’étude comparée des religions, sciences et philosophies,
– faire l’étude des lois cachées de la nature et des pouvoirs psychiques et spirituels, latents dans l’homme.

On mesure le caractère profondément novateur, révolutionnaire même de cette tentative dont on ne peut manquer de trouver une certaine image dans l’effort culturel et éducatif international de l’UNESCO de notre XXe siècle. La Société Théosophique allait ainsi permettre à des grands hommes venus de tous les horizons de se rencontrer (William Crookes, Thomas Edison, Camille Flammarion, et bien d’autres, ont été membres de la S.T.). Elle allait aussi entreprendre un effort culturel et humanitaire considérable, dans toutes les parties du monde où s’est étendue son influence : par exemple, la Bibliothèque d’Adyar (siège de la S.T. en Inde) est aujourd’hui riche d’ouvrages et de manuscrits rares, témoins d’une culture passée ; et c’est aussi, dans un domaine différent, au travail du Colonel Olcott qu’il faut attribuer le mérite d’une renaissance de la religion bouddhiste dans l’île de Ceylan.

En ce qui concerne la doctrine, les buts de la S.T. n’imposent aucune croyance et ne réservent pas même une place officielle à la Théosophie, ce qui montre le caractère non sectaire de cette organisation. Cependant, il était évident, dès le départ, qu’un lien devait être proposé entre les trois différents buts, pour leur donner une force et une profondeur uniques, et ce lien devait être fourni par l’ensemble de la doctrine – la Gnose théosophique, destinée à servir d’inspiration permanente à tous les théosophes sincères.

Pour répandre cette doctrine, des revues mensuelles furent fondées et alimentées par des articles de base, de la plume de Mme Blavatsky, ainsi que de W.Q. Judge et d’autres disciples ; des livres furent publiés, tels que le « Monde Occulte », et « le Bouddhisme Esotérique » écrits par A.P. Sinnett ; une importante correspondance fut échangée entre tous les points du globe. Mais il fallut attendre 1888 pour voir paraître l’ouvrage monumental, consignant les lignes maîtresses de l’enseignement Théosophique : la Doctrine Secrète.

La Doctrine Secrète et ses 3 points fondamentaux

Dans cet ouvrage [3] sont abordés les sujets les plus vastes que l’on puisse concevoir : la cosmogénèse (1er volume) avec l’étude de l’origine et du développement de l’univers, et l’anthropogenèse (2e volume) brossant un tableau général de l’évolution de la vie terrestre sur trois lignes distinctes – physique, psychique et spirituelle.
Une fois de plus la doctrine de la Théosophie n’est pas dépeinte comme un système philosophique nouveau, ni comme une révélation d’origine divine, transmise à un public invité à la recevoir comme un ensemble de dogmes infaillibles. Bien que Madame Blavatsky affirme solennellement tenir toutes ses connaissances de Maîtres de Sagesse – nous dirions, de nos jours, de Maîtres Yogis, Adeptes du Raja Yoga le plus élevé – la Gnose qu’elle transmet est proposée aux hommes comme un réseau de postulats à examiner du point de vue de l’expérience individuelle et de la raison.

L’ensemble repose ainsi sur 3 propositions fondamentales que l’on peut tenter de résumer comme il suit :

–    Dieu n’est pas un être personnel, créateur, mais un PRINCIPE omniprésent, éternel, illimité et immuable, sur lequel toute spéculation est impossible puisqu’il dépasse le pouvoir de la conception humaine et ne pourrait qu’être rapetissé par toute expression ou similitude humaine. Il est la source et l’origine de tout ce qui est, fut ou sera jamais.
–    L’Univers est éternel, considéré dans sa totalité – dans la durée éternelle, les univers apparaissent puis disparaissent, et se succèdent sans fin, suivant une loi cyclique, rythmique ou vibratoire, qui affecte toute forme, jusqu’au plus petit atome.
–    Toutes les âmes impliquées dans l’Univers sont fondamentalement identiques avec ce qui est appelé la Sur-Arne Universelle, qui n’est elle-même qu’un aspect de la Racine Inconnue absolue ; toutes ces âmes sont entraînées dans un courant universel d’évolution, rythmée par des incarnations successives soumises à une stricte loi de justice, appelée en Inde Loi de Karma. Ce lent pèlerinage à travers les formes amène progressivement à l’éclosion, dans l’âme, de la conscience réfléchie – la conscience humaine. A partir du stade humain, tous les progrès se font grâce à des efforts auto-induits et autodéterminés. Il n’y a pas de limite à la perfectibilité de l’homme : le plus grand des saints et le plus haut des archanges ont été aussi des hommes comme nous jadis, et ils découvrent toujours de nouvelles voies spirituelles à parcourir.

La Doctrine Secrète est pour les Théosophes une mine inépuisable de connaissances. Accueillie en 1888 avec un intérêt considérable, elle dut être traduite rapidement dans beaucoup de langues usuelles, et on peut dire que le temps n’a pas altéré sa puissance d’attraction sur tous les esprits en quête de vérité. Dans notre siècle de lumières et de triomphe de la Science, plus d’un penseur se tourne vers ce livre pour y trouver son inspiration. Ne dit-on pas qu’Albert Einstein en possédait un exemplaire sur son bureau ?

La Théosophie est comparée par W.Q. Judge à un Océan, assez peu profond sur ses bords pour ne pas troubler l’entendement d’un enfant, mais insondable dans ses profondeurs.

Pour accéder à une première connaissance générale de ses enseignements, Mme Blavatsky a ainsi proposé au public un ouvrage d’abord plus facile – La Clef de la Théosophie, et W.Q. Judge a écrit l’Océan de Théosophie, largement inspiré de la Doctrine Secrète. Un grand nombre d’articles complémentaires dans la revue Lucifer publiée à Londres par Mme Blavatsky, ou The Path (de W.Q. Judge en Amérique) développent encore divers points obscurs, ou répondent à des questions essentielles posées par les théosophes.

La Mystique théosophique

La Théosophie a puissamment contribué au réveil de la pensée indépendante et des aspirations spirituelles. L’intérêt porté à la sagesse orientale, dans la tradition hindoue ou bouddhiste, a servi à amorcer ou à encourager le rapprochement entre l’Orient et l’Occident. Par exemple, les Théosophes ont largement diffusé la Bhagavad Gita, l’évangile de l’Inde ; rappelons ici que M.K. Gandhi, jeune étudiant à Londres, mal informé de la culture de son pays, a fait connaissance de ce livre – qui allait devenir son livre de chevet pour toute la durée de sa vie – en fréquentant des cercles théosophiques. Rappelons aussi que Gandhi rencontra Mme Blavatsky à Londres : celle-ci le réprimanda pour son manque d’intérêt pour la religion de ses pères et chargea des compagnons théosophes de l’instruire sur la spiritualité hindoue.

Dans la pure tradition théosophique, la vie intérieure et la recherche spirituelle occupent une grande place dans l’expérience de la Théosophie. A l’intention du « petit nombre » de ses disciples voués à la « Doctrine du Cœur » – ésotérique – plutôt qu’à la « Doctrine de l’Œil » – limitée à la lettre exotérique – Mme Blavatsky a publié un dernier ouvrage, unanimement considéré comme l’un des joyaux de toute l’œuvre – La Voix du Silence. Dans ce petit livre, elle a traduit et adapté pour le penseur occidental trois fragments extraits de recueils de préceptes à l’usage de disciples appartenant au Bouddhisme Mahayana du Tibet. Dans la préface, Mme Blavatsky assure avoir étudié et appris un grand nombre de ces recueils au cours de ses séjours au Tibet, près des Maîtres qui l’ont instruite et initiée à la Connaissance qu’elle avait reçu mission de retransmettre par la suite.

Qui était H.P. Blavatsky ?

Il est très difficile, sinon impossible, de répondre à cette question parce que nous sommes ici en présence d’un personnage hors de pair, à la destinée absolument unique. Objectivement, sa vie peut être divisée en deux périodes distinctes : 1) de sa naissance en Russie (1831) à l’été de 1875 – période de préparation et d’expériences préliminaires, comprenant d’interminables voyages à travers le monde et 2) de la fondation de la S.T. (automne 1875) à sa mort (8 mai 1891) – période de vie publique et d’intense activité comme messagère de la Théosophie.

Personnage exceptionnel, destiné par sa mission de réforme à bousculer les préjugés, les superstitions, les prétentions de toutes sortes des autorités officielles, H.P. Blavatsky était d’emblée la cible offerte aux coups de tous les « scribes et pharisiens » de son temps : sa vie à partir de 1875 a été un interminable martyre moral et physique, qu’elle trouva la force de supporter avec un courage surhumain.

Le XIXe siècle bouleversé par ses prises de position n’a pas pardonné à la femme qu’elle était d’être sortie du rang et d’avoir eu l’audace d’entrer dans l’arène.

Tout a été dit sur Mme Blavatsky, toutes les calomnies accumulées, toute la boue possible jetée à son visage, de tous les côtés. Il existe de nombreuses biographies écrites par ceux qui l’ont connue, appréciée, vénérée ; également, nombre de pamphlets diffamatoires qui déshonorent plus leurs auteurs qu’ils n’entament le renom de leur victime. N’est-ce pas le sort de toutes les grandes figures de l’Histoire de souffrir aux mains d’amis devenus traîtres pleins de haine, d’ennemis envieux et sans grandeur ? Même si la calomnie laisse des traces qui demeurent pendant des décennies, une question demeure, fondamentale : si Mme Blavatsky a pu réaliser l’œuvre monumentale de sa période publique, à partir de 1875, animer une Société dénuée de toute visée égoïste, écrire des ouvrages qui font preuve d’une érudition inégalable et d’une profonde spiritualité, et se dépenser sans compter pour assister tous ses disciples qui avaient besoin de son aide, en sacrifiant toute sa fortune pour la cause qu’elle défendait, pour finir épuisée, soutenue par la sollicitude et l’affection d’une poignée de compagnons fidèles, était-elle vraiment la femme sans conscience, sans instruction, sans noblesse de cœur, vouée à la tromperie et au mensonge, et aux aventures romanesques qu’ont complaisamment dépeinte ses détracteurs ?

L’Écriture rappelle qu’on doit juger l’arbre à ses fruits. Les fruits sont là, splendides, si on veut bien les voir, sans fermer les yeux. Que le lecteur soucieux de la vérité feuillette la collection de tous les écrits de Mme Blavatsky, que publie aux États-Unis, année après année, avec une piété filiale et un soin rigoureux, l’équipe dirigée par Boris de Zirkoff, dernier parent éloigné de Mme Blavatsky ; qu’il lise les lettres échangées avec les membres influents de la S.T., avec les parents demeurés en Russie ; qu’il s’instruise de l’Histoire et qu’il se fasse alors une opinion par lui-même sans hâte.

Après la mort d’H.P. Blavatsky

Le souffle vivant de la Théosophie allait-il s’éteindre après la disparition de l’infatigable messagère ? La Société, qui avait servi à rassembler les hommes autour d’un programme large et généreux, était chose humaine, temporelle – menacée, comme toute chose temporelle, de maladie et de dégénérescence. La Théosophie n’est pas une religion, et la S.T. n’était certes pas destinée à être une église. Des tendances se dessinèrent néanmoins, comme il arrive dans tout mouvement spirituel, conduisant au dogmatisme doctrinal, à l’institution d’une papauté, au culte des personnalités providentiellement appelées à une sorte de succession apostolique. On vit même se construire au sein de la S.T. une Église d’un genre nouveau, avec son culte et ses évêques chamarrés. On peut sourire aujourd’hui de ces errements humains, mais ils ont nui considérablement à la vitalité et au renom du mouvement. Un temps vint où les théosophes, déchirés par leurs querelles autour de personnalités en vue et dévoués à leurs chefs, dans l’attente d’un nouveau messie théosophique, en oublièrent le sens de la mission de Mme Blavatsky – et ne disposaient plus même de ses écrits dans leur authenticité primitive.

C’est à ce moment qu’un effort salutaire de retour aux sources devint indispensable. La Loge Unie des Théosophes, fondée à Los Angeles en 1909 par Robert Crosbie (et progressivement représentée par des centres actifs en Europe et en Inde) répond à ce besoin de rassembler les bonnes volontés, en dehors de toute préoccupation personnelle et de tout sectarisme, et de reprendre l’étude et la propagation de la Théosophie, sur la base de la doctrine originale. Ce mouvement, avec d’autres similaires, a contribué efficacement à maintenir vivant l’esprit authentique de la Théosophie à travers tous les orages de notre siècle.

La longue période qui s’est écoulée, depuis la mort de la Fondatrice jusqu’à nos jours, a certes été marquée par bien des difficultés, des erreurs et des crises, dont Mme Blavatsky avait d’ailleurs prévu le danger. En dépit de toutes les critiques – parfois violentes, et non dénuées de mauvaise foi – faites au mouvement théosophique moderne par ses détracteurs, ici encore l’arbre doit se juger à ses fruits : aucun n’a été nuisible à la collectivité humaine. Bien au contraire, on est bien obligé d’admettre que ce mouvement a eu un rôle positif dans l’émancipation de l’humanité, dans l’éveil de la conscience nationale du peuple indien (par l’action directe de théosophes éminents dans la fondation du National Congress, ou par l’influence décisive de Mme Blavatsky sur Gandhi), dans le rapprochement entre l’Orient et l’Occident. Il a contribué à maintenir vivant un idéal spirituel en renouvelant une sagesse de tous les temps et en la présentant au public dans un langage adapté à ce public, tout en apportant des enseignements essentiels sur la constitution intérieure de l’homme, ses états de conscience psychiques et spirituels et les expériences qu’il traverse après la mort.

Il est encore trop tôt pour faire le bilan de l’œuvre de Mme Blavatsky, mais il est certain que la Théosophie comptera parmi les grands mouvements spirituels de l’histoire humaine. Elle a aujourd’hui son mot à dire dans tous les problèmes qui concerne l’homme et son devenir.

Dans le grand mouvement d’intérêt porté à la parapsychologie, aux questions liées à la survie de l’âme après la mort, à la réincarnation et aux pouvoirs cachés de l’homme, elle offre une contribution indispensable et aurait bien des précisions à apporter – qui sont consignées depuis 100 ans dans l’œuvre blavatskienne.

Partout dans le monde, les Théosophes ont fait le bilan des expériences du passé, et retrouvent le sens de leur mission de défense et de propagation de la Théosophie originale, dans un monde privé d’idéal qui a besoin de ses enseignements, aujourd’hui peut-être encore plus qu’à la fin du siècle dernier.

[1] Henry Steel Olcott. Né aux U.S.A. à Orange, le 2 août 1832, mort le 17 février 1907. Président-fondateur de la Société Théosophique jusqu’à la fin de sa vie. Promu Colonel par le Gouvernement américain pendant la guerre de Sécession, il étudia ensuite le droit et entra au barreau de New York en mai 1868. Il s’intéressa alors au spiritisme et se fit envoyer comme journaliste du « Sun » à la ferme des Eddys à Chittenden, où se rassemblaient des spirites. C’est là qu’en novembre 1874, il rencontra H.P. Blavatsky. Depuis lors, il ne la quitta plus. Olcott fut le patriarche de la Société Théosophique, son grand organisateur. Parmi ses actions importantes, citons son intervention auprès du Gouvernement britannique pour protéger le bouddhisme à Ceylan et développer son système d’enseignement. Dans plus de 400 écoles bouddhistes de Ceylan, on peut voir aujourd’hui un portrait de lui.

[2] William Quan Judge, né à Dublin le 13 avril 1851 et mort à New York le 21 mars 1896. Après avoir fait des études de droit, il devient avocat d’affaires. En avril 1872, l’Irlandais qu’il était, est naturalisé Américain. En mai 1872, il est alors admis au barreau de New York. C’est peu après son mariage, en 1874, qu’il rencontre H.P. Blavatsky par l’intermédiaire d’Henry Steel Olcott. Il devient l’année suivante membre fondateur de la Société Théosophique. On doit le considérer comme le grand organisateur de la S.T. aux États-Unis.

[3] L’édition originale authentique en 2 volumes, publiée en anglais, a été rééditée par reproduction photographique par les soins de la Theosophy Company (Los Angeles).