Patrick Lebail : L’illumination selon Mandukya Upanishad et Gaudpada


05 Mar 2010

(Revue Panharmonie. No 169. Novembre 1977)

Le titre est de 3e Millénaire

Compte rendu de la réunion du 3.6.1977

Il y a chez les êtres plusieurs formes d’esprit, les positifs, c’est-à-dire ceux qui ont besoin de se rattacher à une forme divine, à une Réalité positive dont découlerait le monde, et les négatifs, les métaphysiciens qui recherchent plus volontiers une explication du monde qu’un aspect positif. C’est le cas des Bouddhistes, pour lesquels la conception formelle n’est pas nécessaire.

Les personnes religieuses seront attirées par les organisations existantes qui donnent aussi à l’homme une éducation morale.

Il y a donc deux possibilités : s’intégrer à une religion, comme par exemple le Bouddhisme, ou alors comme pour le Zen qui est l’essence du Bouddhisme, l’aborder en toute connaissance et librement, avec un minimum de spécification dogmatique.

Pour présenter de façon rationnelle la pensée védantique ou la pensée bouddhique, il s’agit de la capter d’abord, puis de l’étendre philosophiquement, d’en étudier les différentes Ecoles afin de pouvoir en construire un schéma mental. Cela demande pas mal de travail que peu de personnes voudront faire. Cependant il est possible comme cela s’est fait dans notre Groupe de Panharmonie, d’aller directement au principe des choses et à leur application. Libre alors pour chacun d’étudier ce qui l’intéresse, car à ce moment là on est motivé, ayant pressenti quelque chose. C’est le moment des complexités des aspirations. Cela peut être fructueux. Informer des amateurs, des sympathisants d’une certaine pensée peut aboutir à la formation de professionnels qui se sont sentis « accrochés ». En général cette méthode est classée d’hérétique.

Dans certains textes poétiques ou magistraux se dévoile une puissante libre pensée, celle de l’intuition. Nous allons, la saison prochaine, étudier un de ces textes qui date du VIIIe siècle. Il est aux antipodes de toute École. C’est un peu à ce climat de complète liberté qu’ont abouti les grands Bouddhistes. Le texte en question, la Mandukya-Karika de Gaudapâda ressort d’une intention poétique que l’on trouve déjà dans le Yoga-Vâsishta. Dans l’Ashtavakra le Maître dit au disciple : « Ta limitation, c’est que tu pratiques le sâmadhi ». Gaudapâda est très proche du Madhyamika. Il préconise un yoga sans contact, c’est-à-dire la méditation sans objet.

On peut dire que cette philosophie est devenue très simple, la philosophie védantique et la philosophie bouddhiste s’expriment en quelques mots. Elles sont un aboutissement.

Patrick Lebail invite alors les participants à dire ce qu’ils ont tiré des réunions précédentes, des exposés sur les voies anciennes et de rechercher avec lui quel est l’usage concret que l’on peut en faire. Ce qui importe avant tout c’est de trouver sa propre vérité en soi-même et non dans des livres compliqués. Quels sont les chemins qui nous semblent praticables et comment s’en servir ?

Un participant pense que la première chose à rechercher, c’est le calme intérieur. L’ambiguïté de notre quête consiste en ce qu’il y a à la fois coupure avec tout un contexte intellectuel, un contexte de vie, le contexte du monde moderne qui nous submerge, et la nécessité d’une sorte de simplification, d’une sorte de naïveté intérieure sur laquelle vient se greffer tout un programme. Ce qui s’est dit dans le Groupe fait découvrir une pensée nouvelle, une psychologie et une définition de l’homme différente. Venu ici pour se familiariser avec la méditation, le participant a eu la révélation d’un « intérieur » différent de ce qu’il pensait jusque-là. C’est une prise de conscience autre du monde intérieur.

Patrick Lebail : Que conseilleriez-vous à un ami qui désirerait faire une expérience semblable à la vôtre ?

Le participant : Je ne lui parlerais pas de méditation, ce mot est tellement galvaudé et déformé. Cela ne pourrait venir qu’en deuxième position. La première chose serait cette opposition avec le monde moderne. Et puis je reviendrais sur la méditation et lui conseillerais de réserver tous les jours dix, quinze, vingt minutes à s’asseoir en essayant de faire le calme en lui. Pratiquement je lui expliquerais comment se concentrer sur la respiration pour éliminer les pensées et arriver à un calme intérieur. Je lui parlerais aussi de textes comme celui de la Bhagavad Gîta, mais pour moi, ce texte n’a pris de vie que lorsque vous l’avez commenté.

Tout le monde tombe d’accord sur la nécessité d’avoir un contact humain avec des personnes ayant déjà un peu décanté ces idées, par exemple un correspondant que pourrait épauler le chercheur. La cassette peut aussi être un moyen de communication.

Le participant : Les Hindous, les Japonais baignent dans tout cela comme les Occidentaux baignent dans le climat chrétien. Cette recherche ne les dépayse pas. Pour nous les implications psychologiques sont très difficiles à exprimer : qu’est-ce que la méditation, qu’est-ce qui s’y passe? Essayer de définir ce regard intérieur, cette vision profonde…

Patrick Lebail : Je suis d’accord avec vous, nous retombons dans la notion de l’instructeur que le Bouddhisme appelle le Upaguru, le Guru mineur. Dans l’ancien langage cela s’appelle : les amitiés spirituelles.

Pour un autre participant tout cela débouche sur quelque chose de très personnel. « A mes premiers contacts avec le Groupe j’avais l’impression d’une énorme masse que je ne comprenais pas très bien, et puis cela s’est décanté petit à petit. Le fait de répéter les choses et le facteur intellectuel font qu’on essaye de comprendre et puis l’assimilation se fait. Elle se fait lentement, tandis que nous voudrions que cela aille vite. Et finalement on s’aperçoit que cela doit se réaliser peu à peu et toujours par des communications ou par des contacts. Il semblerait que le fait d’une autre présence donne une autre dimension qui se situe au-delà des paroles.

Ce fait a été observé par les personnes présentes, il se produit une transmission directe qui dépasse les paroles.

Patrick Lebail : Il y a le contact des inconscients. Un psychanalyste disait que là où deux personnes se rencontrent, il y a réellement quatre personnes, deux conscients et deux inconscients.

Les participants reconnaissent aussi l’utilité des séminaires qui sont une remise en forme préparée d’avance et qui ressemble plutôt à un cours.

D’autres éléments contribuent à entreprendre les études que nous poursuivons dans nos Groupes, ce sont la motivation et l’enthousiasme : malheureusement cela ne dure pas toujours et souvent dégénère en snobisme.

(Revue Panharmonie. No 170. Novembre 1978)

Compte rendu de la réunion du 25.9.1977

Patrick Lebail nous donne un aperçu de la Mandukya Upanishad avec la Karika de Gaudapada. Ne pouvant rendre compte de l’ensemble de la rencontre, nous allons essayer à l’aide de citations, d’en donner quelques moments saillants :

— Le monde n’est pas un endroit facile, Patanjali disait : « Toute chose est souffrance pour l’homme qui discerne ce qui est la joie. »

— L’angoisse inhérente à l’homme résulte d’une part de la certitude de vivre d’une façon pleine et, d’autre part, de la certitude que cela finira. L’anxiété provient de la souffrance liée au problème de la mort. Toute recherche spirituelle en Orient tend à résoudre le problème de la souffrance et de la mort.

— La foi met en dehors du temps, donc en dehors de la vie et de la mort.

— Tout contexte social tend à sécuriser, il faut le dépasser.

— Si nous cherchons à voir au-delà de l’immédiat, nous nous rendons compte que nous sommes situés dans un vaste paysage. Cette perspective nous soulage : on souffre, mais on comprend. Comprendre, c’est voir. Rien n’est perdu quand tout semble perdu.

— La pensée bouddhique du Madhyamika et la pensée védantique sont comme les deux faces d’une même main. Ce sont deux sagesses empiriques.

— Dans la Bible, l’homme, avant d’être déchu et chassé du Paradis, vivait une vie paradisiaque. Chaque homme porte son état de déchéance et tend vers un état non déchu.

La pensée d’Extrême-Orient est parallèle à celle d’Orient, mais différente de celle-ci. Elle va plus loin. L’homme n’est pas déchu, mais asservi à la souffrance, au devenir, à la mort. En prendre conscience est déjà un pas vers la libération de la servitude. Si nous sommes asservis, c’est qu’il y a quelque chose qui nous manque, un dérèglement, un facteur de maladie, qui est à corriger. L’homme est malade, il doit se libérer en se réformant, en revenant à l’état d’adulte. Ce diagnostique n’est pas du pessimisme.

Nous allons étudier avec la Mandukya Upanishad et avec la Karika de Gaudapada, à la fois le diagnostique et la cure, qui est la réintégration, c’est-à-dire le Yoga sans contact.

Véda signifie connaissance, savoir. La date de l’origine des Védas est inconnue. Il semblerait que l’on trouve 3.000 ans avant notre ère, des traces de civilisation Euro-Aryenne, population pastorale, ayant une langue complexe, provenant de l’Iranien ancien, dont le sanskrit est déjà une simplification. Ils tendaient vers l’unicité du monde dans le Divin. L’homme héroïque participe des dieux, eux-mêmes êtres de lumière.

L’époque védique eut deux aboutissements, celui des quatre castes par vocation qui plus tard se figèrent et devinrent héréditaires. Pas de différence entre les sexes. L’autre aboutissement était la confrontation entre les sages et certains rois. Cela a donné le Védanta, dont les Upanishads qui arrivent à la notion d’une Réalité universelle, toujours présente que peut voir l’homme de vision.

A la même époque le Bouddha résolut le problème de la souffrance.

— Nous avons donc, d’un côté, la pensée védantique dont le point extrême est Gaudapada qui va vers l’essentiel. Et d’autre part l’enseignement du Bouddha qui donna lieu plus tard d’abord à l’École Ancienne de Sagesse, puis au Grand Véhicule. Sa doctrine est celle du Vide, de la vanité de tout principe, il ne reste rien, aucun contexte mental.

— La deuxième voie est l’enseignement du Yoga. Gaudapada a pris la dialectique de Nagarjuna qui s’apparente à Shankaria.

— Le Mahayana a donné le Chan qui est devenu Zen.

— Le texte de Gaudapada est terriblement abstrait. Il est impossible d’en faire une étude philosophique, on ne peut que se familiariser avec lui, avec cette façon de penser si opposée à la nôtre et qui montre que tout raisonnement est une erreur, que le monde est une apparition illusoire, impossible à exprimer.

Voici quelques commentaires du texte étudié :

— La vie psychique n’est pas un phénomène d’illusion et d’erreur. Dans le rêve comme dans l’état de veille, nous ne savons pas si nous vivons ou non dans un état d’illusion.

— Le milieu mental (chitta) est commun à toute notre expérience. Mais le mot mental n’a pas de sens précis, le raisonnement admet qu’il ne subit aucune différenciation, il est sans dualité. En poussant les choses à l’extrême, on peut dire qu’il n’existe pas de milieu mental.

— Le Soi est l’aspect conscient du Réel.

— Dieu est l’instance impersonnelle qui organise l’illusion du monde.

— Les gens moraux ne sont pas obligatoirement spirituels. Les gens de foi n’ont pas besoin de dogmatique, ils sont intuitifs.

— Contrairement à la doctrine bouddhiste du Vide où il n’y a rien sur quoi l’empirique peut se poser, la doctrine védantique voit le monde émergeant d’une source. C’est la doctrine du Soi. Ces deux voies ne sont pas aussi séparées qu’on le croit. Il y a des univers qui se rejoignent à la longue.

— Gaudapada enseigne la négation de l’homme et de tout ce qui gravite autour du sentiment. La notion d’illusion est cependant contredite par la réalité de l’existence.

— La pensée empirique : Soi et les autres. La vérité suprême l’englobe, elle est son enveloppe.

— La tradition considère l’homme actuel comme un sous-homme, lié à ses instincts. Il ne devient homme que quand il émerge vers une libération sans pour autant changer sa forme. L’amour désintéressé n’existe que chez ceux qui sont déjà dégagés d’eux-mêmes.

— Dans la pensée bouddhiste il n’est pas question de Dieu, le Mahayana l’approche par la bande. Pour les autres traditions, Dieu fait partie du monde empirique, visible et invisible. Pour la pensée védantique il apparaît dans le Réel comme une sorte de volonté qui lui est inhérente et qui s’actualise dans une possibilité qui est Dieu.

Compte rendu de la réunion du 23.10.1977

Ces réunions ne se situent pas dans le cadre des grandes conférences, mais dans un contexte plus personnel où chacun découvre sa propre compréhension sans devoir accepter celle de l’animateur.

— Il y a deux possibilités dans l’étude d’un texte comme celui que nous avons choisi : l’attitude active prend le texte à bras le corps et le travaille. L’attitude passive consiste en sa fréquentation, à le lire et à le relire, puis à laisser passer le temps qui, peu à peu, l’ouvre à la compréhension.

— L’Asie et l’Europe réagissent différemment devant les événements. L’Inde n’a pas voulu fonder une philosophie, l’homme qui pense n’est pas séparé de l’homme qui vit et qui souffre. Le but est de calmer la cause de la souffrance — quoique celle-ci soit innée — et d’éliminer la maladie mentale, celle de l’angoisse. Le médecin alors devient le maître spirituel. Ce serait plutôt de l’attentisme que de l’idéalisme. Nous n’avons en Occident que notre intuition comme maître spirituel.

Plusieurs mots-clefs de la Mandukya Upanishad :

La Réalité : Qu’est-ce qui est réel ? L’élimination d’une inquiétude pour trouver la joie qui est Réel. Gaudapada est pessimiste en ce qui concerne la condition humaine, mais optimiste en ce qui concerne ses possibilités. La Réalité est un aspect de la conscience, c’est-à-dire de l’intuition subite. Les Bouddhistes disent : Le Réel existe au début et à la fin, mais comme il n’y a ni début, ni fin, Cela est.

L’erreur : C’est le contraire de la Réalité. L’homme vit dans l’erreur qui est l’illusion. Lorsqu’il arrive à la décanter, il se retrouve comme lorsqu’un rêve est dissipé.

Vérité : Elle peut être empirique, c’est-à-dire l’ordre des choses, la moralité. Ou elle est vérité à travers laquelle on peut appréhender le Réel auquel elle n’est pas liée.

Différenciation : Les choses deviennent intelligibles. Exemple dans une jarre l’eau n’a pas de forme, mais mise dans un réfrigérateur elle commence en se glaçant, à se différencier.

Illusion : Voir les choses autrement qu’elles ne sont. Ce qui n’est pas conforme.

Formuler : Engendrer une forme. C’est la puissance créatrice de la pensée qui engendre des idées. C’est une conception, une perception des choses.

Non-Dualité : C’est à chacun de rechercher sa propre compréhension de la non-dualité. Ce problème est sous-jacent à la globalité du texte de Gaudapada et ne peut être élucidé que difficilement et seulement avec le temps.

Sur le texte de Gaudapada :

— L’état de veille comme l’état de rêve découlent de la différenciation, c’est-à-dire des modes externe ou interne par lequel la conscience se manifeste.

— Puisque dans le rêve le monde interne (psychique) semble réel et que dans l’état de veille le monde externe (physique) semble réel, on voit bien que l’un et l’autre sont illusion. Dans les deux expériences l’autre monde semble illusoire.

— Mais alors, qui perçoit ces mondes, qui les compose ? Là il y a intervention d’un autre élément, le Soi par le Soi, c’est-à-dire la Réalité dans laquelle se manifeste la forme. Le Soi n’est pas le Divin, mais la Réalité incorporelle. La Déité se manifeste dans le Soi. Rien n’est créé réellement, il n’y a que les apparences.

— La perception de l’état de rêve et la perception de l’état de veille, ne diffèrent que par la seule diversité des organes de perception.

— La mémoire nous enchaîne.

— Partant d’une impression, l’esprit engendre une création spontanée. De même le Soi est objet de création mentale.

Compte rendu de la réunion du 19.11.1977

Nous continuons l’étude de la Mandukya Upanishad :

— Pour les tempéraments qui ne peuvent comprendre l’irréalité des choses, cet enseignement peut être dangereux, parce qu’il peut les inciter à n’attacher que peu d’importance à la vie, puisqu’elle est illusoire.

D’autre part la notion de ce monde semble ambiguë, puisqu’il n’est ni éternel, ni transitoire et que s’impose malgré tout la vie courante. Si cela suscite en nous de l’angoisse, nous entrons dans la voie constructive du doute qui évite la confusion.

— Il y a à la fois irréalité et réalité. La vérité se situe sur deux plans : le plan réel de l’expérience vécue et le plan réel qui est l’unique essence et dont la non-dualité est impossible à appréhender.

Ces deux notions ne sont pas contradictoires et doivent aboutir à l’idéal final, celui de vivre la vérité suprême en pleine conscience. Mais mieux vaut traiter chaque plan séparément, l’évolution intérieure finira par les unifier et par faire le point.

— Les philosophies liées à la religion intéressent les sectateurs des religions concernées. Elles sont orientées, dynamiques et efficaces. Les philosophies universelles concernent tout le monde et… personne.

Pour Gaudapada avoir une philosophie est une entrave, il faut les détruire.

— Le monde a été engendré par la naissance dans la Réalité d’une vibration sans forme, d’un son primordial : OM.

— Les êtres sont des êtres propres qui ont une source commune. C’est la conception mystique.

— Nous sommes à la source de nos rêves et nous les sommes aussi. Le rêve est une modalité de nous-mêmes.

— La vie non-violente est une graine plantée en nous. Le reste se fait tout seul. Elle est aussi une philosophie qui impose sa théorie.

— La compréhension n’a rien à voir avec l’intelligence et la réflexion.

— L’ultime réalité n’est pas la réalité empirique. Il faut échapper à la servitude des systèmes.

— Considérer le Principe comme venu à l’être est le fait d’un esprit médiocre, car tout est sans connaissance (sans apparition).

— Le Soi est analogue à l’espace. L’espace engendre l’objet. L’individu est une portion d’espace que renferme un récipient. Cette forme est donc aussi passagère qu’illusoire, car il n’existe aucune différenciation dans l’espace.

— Tous les agrégats sont produits, comme dans les rêves, par le pouvoir évocateur du Soir. Aucune conclusion, aucun jugement de valeur ne peut être formulé, on ne peut que constater.

A) QU’EST-CE QUE L’ILLUMINATION ?

1° Notre état normal est de ne pas être illuminé, mais nous pouvons être fascinés par la présence des choses. La sensation permanente du Moi est source de brouillard psychique, de fantasmes, d’où répercussion sur le corps physique.

2° être illuminé : Ne plus être hypnotisé par l’expérience.

3° avant l’illumination : être convaincu de la réalité des choses du Moi, de l’expérience, est un état d’aliénation. « L’illusion est la grande mort » (Vivekanada).

Après l’illumination : Connaissance directe de la Réalité.

Qu’est-ce que la Réalité ? permanence et immutabilité.

4° Les six tests de l’illumination : l’illuminé.

1. est indifférent à la souffrance, à la joie, à la mort,

2. est indifférent à la louange et à l’insulte,

3. est satisfait de toute situation, dépourvu de projets,

4. il ne fait aucune distinction entre les personnes,

5. il engendre autour de lui la sérénité,

6. il ne voit qu’une même Réalité qui le comble.

5° La fausse illumination : erreurs psychiques, illusion d’être libéré, autant de pièges subtils du Moi.

B) L’AVENEMENT DE L’ILLUMINATION.

1° Abrupte instantanée, totale « Grand Satori », effondrement du Moi : restauration physique : effacement des illusions, perfection.

2° Graduelle : par paliers, changement d’état, croissance. « Petit Satori », moins d’illusions, un peu moins d’imperfections.

3° Graduelle vers l’Abrupte : abrupte : rarissime quand spontanée, exemple : Ramana Maharshi.

Graduelle vers l’abrupte : une orientation de l’effort (sadhana).

C) VERS L’ILLUMINATION.

1° L’ascèse illuminatrice :

a) la formation mentale, résultat, encensement de l’inconscient. L’étude.

b) pratique intensive, méditation, yoga sans contact. Immersion du Moi dans le japa (la prière du cœur), le rite, culte chrétien, pûjâ hindou approfondis.

2° L’apport d’un témoin : Nécessité d’un contact humain avec quelqu’un qui ait « vu quelque chose », « Satsanga » (compagnie des Bons) biologie spirituelle, fertilisation : nouvelle naissance.