Alexandre Armel : Rendez-vous planétaires


15 Apr 2015

(Extrait de la revue Autrement : La science et ses doubles. No 82. Septembre 1986)

« Si l’on parle de l’astrologie convention­nelle… alors Gauquelin l’a sans conteste réfu­tée définitivement et complètement. Mais si vous baptisez du nom d’astrologie tout effet constaté dépendant des planètes et inexplicable par la science… alors Gauquelin a fort probablement levé un lièvre. »

Anthony Standen

Doublement hérétique. Pour avoir voulu démonter l’astrologie et l’avoir, malgré lui, démontrée. Pour avoir, ce faisant, renvoyé dos à dos le scientisme et l’horoscopisme. Telle est, entre chien et loup, la position de Michel Gauquelin. Astro-psychologue ? Astro-statisticien, astro-logicien ? Tout à la fois, puisque sa recherche aura vérifié par une improbable approche quantitative le flou d’une intui­tion millénaire. Et lui aura donné statut épistémologique. Au sens le plus exigeant de la logique des sciences : « falsifiable », donc véri­fiable, l’astrologie apparaît a minima comme « un ensemble d »absur­dités » susceptibles d’être scientifiquement étudiées ».

Cette hypothèse si peu compromettante ne réclama pas moins de trente-cinq années de vérifications expérimentales. Dans les années 50, elle parut une scandaleuse ouverture à l’irrationnel. Tollé égal, d’ailleurs, chez les astrologues et les astronomes. Si ce n’est que les premiers, forts d’une demi-accréditation de leur art, se contentèrent de disqualifier Gauquelin à parler du « reste ». Les seconds firent preuve d’un acharnement rare, stimulant peut-être à ses débuts. La controverse se durcit ensuite en une véritable cabale scientifique — idéologique, plutôt — qui commence à peine à se taire. L’historien des sciences contemporain trouvera in statu nascendi dans l’affaire Michel Gauquelin (« le cas M.G. », comme l’appelait pudiquement un de ses détracteurs) ce jeu de distorsions sémantiques et humaines où la raison s’aveugle de pré-jugés. Très exactement de pré­conceptions. Les résistances rencontrées par Gauquelin tiennent spé­cifiquement à l’ontologie de l’homo scientificus. Comment lui dire que le socle de rationalité où il se tient, le statut de raison et de pouvoir qu’il se décerne, consistent en autant d’inscriptions portées en lui par la complexe graphie des processus planétaires ?

CIEL A PART

Car la découverte de Gauquelin, même si tel n’était pas son but initial, conduit à un saisissant renversement de l’ordre ontogénétique.

Comment naît et devient, selon l’acception la plus générale, ce que nous appelons un être, un individu, une personne ? Linéairement. La mère met au monde, la famille entoure, éduque, conditionne. Le milieu sélectionne. Et « Je » me fais « moi-même » depuis (et à tra­vers) tout cela. Le postulat invisible s’abrite derrière la plus flagrante des apparences : on me fait naître et tout s’ensuit. Mais si je décide du temps exact de ma venue au monde, et ce d’après ma volonté de devenir ? Si, pour un accomplissement à venir de ce que je suis déjà, je donne l’« ordre » de me faire naître à celle qui me porte parce qu’à cet instant, une lointaine planète projette, sur le lieu où je dois voir le jour, le trait immatériel par quoi je lui « ressemble » ? Ce par quoi je la manifesterai en acte au cours de et par mon exis­tence future.

Cette causalité circulaire, ou récursive — naître sous un référen­tiel céleste pour être… ce que l’on sera — est sans doute le subs­trat le plus profond de l’intuition astrologique. Elle suppose une réa­lité obstétrique entrevue par Hippocrate voici 2500 ans : « Lorsque le temps est venu, l’enfant s’agite, rompt les membranes qui le retien­nent et sort du ventre de sa mère. » Cette théorie « autogénétique » de l’accouchement resta l’objet d’un discrédit total jusqu’à ce que de récentes découvertes démontrent chez l’enfant à naître une activité hypophysaire et hypothalamique justifiant la formule lapidaire du Pr Debré : « C’est le fœtus qui ordonne à la mère de l’expulser. »

L’astrologue antique ignorait sans doute les stimuli complexes de la prostaglandine et de l’ocytocine ; la ponctualité du fait natal tenait pour lui à l’action du fœtus... sous l’emprise d’une planète.

Telle est la chaîne causale que Gauquelin reconstitua. Astrologie vérifiée ? Sous cet aspect fondamentaliste, oui. À condition de se sou­venir que les premiers horoscopes (thèmes de naissance) dressés à l’époque chaldéenne ne pouvaient être que ceux de nouveau-nés déjà distingués par l’ascendance ou, après coup, de personnages illustres. On sera moins surpris du double paradoxe impliqué dans l’effet Gau­quelin : nous déclenchons notre naissance selon des positions pla­nétaires électives, d’ailleurs quasi héréditaires. Mais seuls les indi­vidus émérites disposent dans leur ciel natal de ces positionnements privilégiés que l’astrologie nomme « angularités ». Cela sonne comme « singularité » et c’est pourtant par la méthode statistique que Gau­quelin devait parvenir à ce constat fort peu égalitaire : « Les gens célèbres ne naissent pas sous les mêmes cieux que le commun des mortels. »

PORTE-PLANÈTES

L’objection la plus générale à l’astrologie constituée, c’est qu’un nouveau-né n’arrive jamais seul. Sur les dizaines, cen­taines ou milliers d’enfants venus au monde dans un même pour­tour spatio-temporel, aucun ne connaîtra rigoureusement le même destin alors que leur ciel natal est à peu de chose près identique. C’est l’aporie de l’approche thème-par-thème. C’est bien parce que la démarche de Gauquelin (« néo-astrologique », a-t-on dit) procédait de premiers essais infructueux sur un donné classique, qu’il entre­vit tôt la première contrainte méthodologique de son travail : recen­ser des groupes homogènes, bien caractérisés et suffisamment lar­ges pour se prêter à une approche statistique.

L’opportunité s’en présenta avec un ouvrage intitulé Index des membres, correspondants et associés de l’Académie de médecine, com­portant la date et le lieu de naissance de quelque 600 praticiens dis­tingués. S’étant procuré leurs heures de naissance, Gauquelin put calculer le thème de chacun d’eux.

Que voulait-il vérifier au juste ? À l’époque, l’inanité de l’astrolo­gie. Travaillant sans trop de méthode sur quelques milliers de cas, il avait constaté assez jeune la non-consistance d’ensemble de maints préceptes. Il tenait maintenant un échantillon fiable pour tester l’astrologie sur un autre versant, celui de la « domification ». En sim­plifiant volontairement, il s’agit d’une découpe symbolique du ciel par rapport à un lieu et une heure de naissance donnés. Douze sec­teurs ou « maisons » se répartissent autour de points essentiels engendrés par la croisée des axes horizon/méridien. L’Ascendant (AS) correspond au lever de la planète, le Milieu-du-Ciel (MC) à son midi ou culmination supérieure ; le Descendant (DS) représente le cou­cher de l’astre, et le Fond-du-Ciel (FC) son minuit ou culmination inférieure.

En astrologie traditionnelle, la position d’une planète en « mai­son » implique une attitude ou une aptitude particulière de l’indi­vidu sub-né. Lorsqu’elle se trouve sur ou très proche d’une des qua­tre « pointes » majeures : AS, MC, etc., elle est dite angulaire. Et cette angularité a de tout temps été considérée par les astrologues comme décisive en intensité et en qualité, véritable assignation de tempé­rament et de destinée.

La découpe du ciel natal en secteurs fut retenue par Gauquelin comme à la fois propre à l’astrologie et apte au recoupement sta­tistique. Si l’astrologie disait faux, les planètes de 600 médecins émé­rites se répartiraient entre les douze secteurs selon les lois probabilistes, c’est-à-dire au hasard. Sinon, elles viendraient aux secteurs et aux angles assignés par la tradition.

L’astrologie disait vrai. Les éminents praticiens n’étaient pas nés « n’importe quand ». Comme si option avait été prise pour venir au monde au lever ou à la culmination de Saturne (planète de la médecine et de la science pour les Anciens) et/ou de Mars (traditionnelle­ment lié à Saturne dans l’exercice de la chirurgie).

Rupture de hasard ou simple artefact démographique ? Gauque­lin prit pour groupe de contrôle un ensemble de non-médecins nés aux mêmes époques que ses sujets de l’Index académique. Cette fois, répartition statistique normale, le hasard reprenait ses droits.

ZONES PLUS ET SECTEURS-CLÉS

Suivit alors une recherche labyrinthique, retracée ici en survol.

Sélection d’un nouveau groupe de médecins éminents dans le Dic­tionnaire national des contemporains. De nouveau, surfréquence de sujets nés au lever ou à la culmination de Mars et Saturne. Com­pilation de dictionnaires biographiques en tout genre, pourvu qu’y figurent la date et le lieu de naissance des personnalités citées. Les heures natales sont alors obtenues auprès de l’état civil. Début d’un labeur titanesque et d’une collection monstre qui s’élève aujourd’hui à plus de 500000 cas. Gauquelin réunit ainsi en trois ans 6000 naissances de Français connus, répartis en dix groupes professionnels.

Bilan : les médecins notoires ne sont pas seuls à naître « sous un ciel autre ». Champions de sport et militaires de haut rang viennent plus volontiers au monde lors du lever ou de la culmination de Mars (en astrologie : énergie, agressivité, lutte, commandement ; la tête, le chef). Jupiter angulaire est surfréquent chez les acteurs et les hom­mes politiques (astrologie : le paraître, le prestige, la représentation, le pouvoir, l’ambition). Les hommes de science accomplis présentent une angularité saturnienne (Saturne en astrologie : étude, méditation, rigueur intellectuelle). Les artistes « fuient » Saturne pour une domi­nante lunaire (astrologiquement, la Lune symbolise l’intuition, la fan­taisie, le rêve, la poésie, l’art). Joli coup que de vérifier par la froide statistique les « réputations planétaires » de la nébuleuse astrologie antique.

Années suivantes : 15000 cas récoltés en Italie, Allemagne, Belgi­que, Pays-Bas, dont une moitié de personnalités et l’autre de sujets ordinaires choisis dans les mêmes professions comme groupe de con­trôle. L’anomalie Gauquelin se confirme par-delà les frontières : même surfréquences angulaires chez les notoriétés, répartition con­forme au hasard pour le groupe témoin. Les diagrammes issus de toutes ces statistiques mettent en évidence des « Zones Plus » ou « Secteurs clés » juste après l’Ascendant ou le Milieu-du-Ciel, en accord avec la « tonalité » qu’attribue l’astrologie à chaque planète dans l’exercice d’une activité dominante.

GÉNÉTIQUE PLANÉTAIRE

Effet de sidération, c’est le mot, et refus de théoriser précocement, entraînent alors Gauquelin vers une autre ques­tion qui doit, cette fois, concerner le commun des mortels. Celle de l’hérédité astrale. C’est une idée qui remonte à Ptolémée, et l’illus­tre Kepler dit encore que « les horoscopes des enfants ressemblent à ceux de leurs parents ». Des travaux ont été effectués au XXe siè­cle à ce sujet, mais Gauquelin sait, pour les avoir testés sur des échantillons beaucoup plus vastes, qu’ils sont sujets à caution.

Une fois de plus, Gauquelin abandonne l’idée d’une confirmation Zodiacale. Une éventuelle connexion entre la génétique et les planè­tes se démontrerait statistiquement mieux de similitudes angulaires marquées entre parents et enfants.

À partir de 30000 dates et heures de naissance (parents et enfants), Gauquelin put établir 15000 comparaisons. Chaque thème fut calculé deux fois et vérifié plus tard sur ordinateur. Dix ans après cette première expérience, un nouvel ensemble de 30000 naissances devait apporter les mêmes résultats. À savoir qu’il existe bien un effet planétaire en hérédité. De parent à enfant, les angularités de la Lune, Vénus, Mars, Jupiter ou Saturne se retrouvent de manière fort significative puisque la probabilité que ces similitudes soient produites par le hasard est de moins d’une chance sur un million. De plus, une même angularité chez les deux parents dou­ble la probabilité de la retrouver chez l’enfant.

PORTRAITS, ANTIPORTRAITS

Après ce détour chez les « normaux », Gauquelin revient à ses sujets « surexposés ». Pour répondre à une question très immédiate : si l’élite d’un groupe donné relève d’une planète élec­tive, pourquoi certains de ses membres font-ils notoirement excep­tion aux stéréotypes de cette catégorie ? S’ensuit une nouvelle ava­lanche de données. Assisté d’une équipe de chercheurs, Gauquelin compile quelque 5000 documents biographiques portant sur 2000 célébrités. Matériau recherché : des « traits de caractère ». Il en retient 6000 pour les champions de sport, 10000 pour les hommes de science, 18000 pour les acteurs et 16000 pour les écrivains. Soit au total 50000 traits considérés comme pertinents et appelés « traits-unité ».

De multiples chassés-croisés, qui ne sont pas sans évoquer ceux de la génétique, sont alors permis entre le ciel natal d’un individu répertorié et les divers adjectifs ou vocables qui le caractérisent, d’après ses biographes, sur le plan psycho-professionnel. On peut ainsi rétablir le chaînon manquant entre la disposition planétaire et la réussite spécifique en utilisant une typologie descriptive qui corrèle à chaque personnalité une sorte de vecteur psycho-sémantique. Ou, si l’on veut, une appartenance en portrait ou anti-portrait comportemental qui autorise une analyse raffinée de l’effet Gauquelin du général au particulier, des groupes de « porte-planètes » vers leurs sous-groupes ou trans-groupes.

Un exemple : Mars est statistiquement surfréquent au lever et à la culmination chez les champions de sport. Mais parmi ceux-ci, il est deux fois plus présent en secteur clé chez les super-champions (ceux que leurs biographes disent « au moral d’acier ») que chez les champions « au moral fragile ». De même on vérifie un effet Saturne dans le ciel natal d’acteurs célèbres mais dont le profil biographi­que ne correspond pas aux attitudes « jupitériennes » attendues. Des scientifiques « populaires » naîtront sous Jupiter angulaire plutôt que sous le Saturne caractéristique du savant « retiré ». Les tempéra­ments « sensibles » relèvent de la Lune ou de Vénus quand bien même ils excellent dans le sport ou la carrière militaire.

Cette analyse secondaire ne contredit qu’en apparence les premiè­res approches de l’effet planétaire de naissance. Elle permet de dif­férencier, grâce aux gradations subtiles du langage, quels prototy­pes humains se conforment à une signature planétaire de manière « monolithique » et quels vilains petits canards importent dans un groupe de réussite normé des attitudes décalées. La constante est que la signature planétaire accompagne l’individu : martien, il réus­sira en martien même si les circonstances ont déplacé son champ d’accomplissement du métier des armes à celui des lettres.

ÉCHEC AU ZODIAQUE ?

Tout en s’efforçant de convaincre les milieux rationalistes du bien-fondé de sa découverte (ses principaux adversaires ont d’ailleurs fini par admettre qu’il n’avait pas « détourné » la méthode statistique), Gauquelin s’employa à clarifier les convergen­ces et divergences entre astro-statistique et astrologie convention­nelle.

Il y avait déjà ce que l’on pourrait appeler le décalage Gauque­lin, dont le célèbre astrologue André Barbault nous disait qu’il pour­rait bien « révolutionner l’astrologie ». C’est qu’en astrologie tradi­tionnelle, l’intensité de la planète angulaire est maximale avant ou sur la pointe (AS, MC, etc.) d’un secteur clé. Or les résultats de Gau­quelin montrent que chez les « réussisseurs-nés », ladite planète opère plutôt sur ou après la pointe en question. La signification des « maisons » I et X, d’importance pourtant majeure, s’en trouve relativisée d’autant. Gauquelin n’a par ailleurs retrouvé aucune concor­dance entre les autres maisons et leurs attributs traditionnels. Ces glissements de repères ne sont pas étrangers à la longue querelle entre astrologues et astronomes. Pour ces derniers, le décalage entre signes du zodiaque et constellations (problème de la « précession des équinoxes ») suffit à discréditer tout le discours astrologique. La question n’est pas si simple, mais Gauquelin a, de son côté, relevé une inconsistance plus grave : la position du Soleil dans les signes du zodiaque n’a aucune incidence statistique sur l’accomplissement ultérieur des natifs, d’après les critères même ayant servi à la pro­bation des autres influences planétaires.

Et d’après les assertions des astrologues eux-mêmes. Recensant une bibliothèque astrologique représentative (de Manilius et Ptolé­mée aux plus récents ouvrages), Gauquelin en a extrait des dizaines de milliers de traits synthétisant l’opinion astrologique à travers les âges. Si les « réputations » planétaires, rapportées aux cas déjà ras­semblés, étaient une fois de plus vérifiées (un programme informa­tique complexe étant cette fois de la partie), aucune corrélation signi­ficative ne put être établie en ce qui concerne le Soleil. Ce qui étonne d’autant plus que son influence physique est de loin la plus importante sur la biosphère terrestre. Un indice prometteur, toutefois : lorsque l’agitation géomagnétique de la Terre (qui dépend des taches et éruptions solaires) augmente, les effets planétaires en hérédité peuvent aller jusqu’à doubler de fréquence.

DES PLANÈTES ACCOUCHEUSES

Si l’hypothèse d’une connexion neuro-planétaire, évoquée en début d’article, est intégrée au champ de la recherche, l’image scientifique du fœtus humain connaîtra une métamorphose radicale. Loin d’être un organisme passif et hermétique aux stimuli extra-maternels, l’enfant à naître apparaîtra plutôt comme un extraordinaire « sélecteur de forces » (ou de signaux), capable de trier parmi d’innombrables influences proches ou lointaines celle, même très faible, qui fait retentir en lui une résonance fondamentale. Et de l’interpréter comme le moment, pour lui, de naître. On conçoit alors l’inquiétude de Gauquelin devant la généralisation des accou­chements « programmés ». Ses études à ce sujet (cas individuels et ensembles statistiques) montrent que l’effet planétaire est, dans l’ensemble, supprimé. Une certaine dépersonnalisation psycho-génétique risque d’apparaître chez des générations ainsi « décalées » de leur hérédité planétaire.

Si dans ce domaine ne s’interrompent pas certaines pratiques aber­rantes (provoquer à tout prix la naissance dans la journée et avant le week-end, entre autres), on risque également de perdre un fil conducteur précieux pour la recherche en bio-physique et en neuro­physiologie. Car les travaux de Gauquelin ne font qu’augurer d’un modèle bien plus vaste impliquant une cascade d’interactions astrophysiques et biologiques qu’aucune théorie n’intègre pour l’instant.

On pourrait évidemment s’en tenir à la résolution d’un Jean Ros­tand, disant des travaux de Gauquelin : « Si les statistiques se met­tent à prouver l’astrologie, alors je ne crois plus aux statistiques. » Ou partager la propre surprise de Gauquelin devant la subtile bru­talité du fait : « Que le prêtre-astrologue chaldéen ait pu avoir une intuition même grossière, même déformée, de ce que l’enfant à sa naissance et les planètes sont en rapport de « sympathie » ; qu’il ait pu entrevoir cette notion juste et pourtant « folle », sans statistique et sans télescope, sans aucun des instruments de la connaissance moderne, voilà qui défie l’imagination. »

ALEXANDRE ARMEL

Ghola-writer