Pascal Ruga : L’Or des Pins

Ce recueillement, cette perte heureuse de soi, ce crépuscule d’août qui perlait son or sur les pins, la surprise de cet instant que j’accueillais d’une âme solitaire, l’appel qui vibrait comme une flèche à peine lancée, cette concordance subtile et très exacte qui illuminait toute la nature; comment pourrais-je nier ces signes qui me marquaient d’une force inconnue, qui forçaient ma vie quotidienne mais quelque peu hasardeuse d’alors, à s’émouvoir d’une beauté qui appartenait plus au sacré qu’à une simple sensation d’esthète ?