Cette intuition, formulée dans le langage symbolique du mythe, a trouvé dans les travaux de David Bohm et d’Iain McGilchrist une articulation contemporaine rigoureuse et convergente. Bohm a démontré, du point de vue de la physique et de la philosophie, que la fragmentation n’est pas une caractéristique de la réalité, mais une opération de la pensée qui ne se reconnaît pas comme telle. McGilchrist a montré, du point de vue des neurosciences et de la phénoménologie, que le cerveau humain abrite deux modes d’attention qualitativement distincts, et que l’hypertrophie culturelle du mode analytique-catégorisant au détriment du mode holistique-relationnel produit un appauvrissement systématique de l’expérience.
Iain McGilchrist : L'Arbre de vie et l'Arbre de la connaissance du bien et du mal,