Au-delà de la fragmentation par Dominique Casterman

(extrait du livre inédit Au-delà du monde visible par Dominique Casterman. 1996)  Dans le chapitre précédent, j’ai émis des idées cent fois évoquées dans la très vaste littérature traitant des questions sur l’évolution de la vie. Il m’a semblé qu’il n’était pas inutile d’en faire une très sommaire rétrospective pour comprendre comment, à force de […]

l’unique priorité par Robert Powell

Un autre des aspects où l’esprit fragmenté est manifeste dans la sexualité, c’est quand, plutôt que de se sentir attiré par un individu en tant qu’entité totale, l’esprit a une fixation sur le corps seulement, ou encore sur certaines parties spécifiques de ce corps. Il faut réaliser que chez l’homme moderne, à cause de cette fragmentation de la pensée et de l’action — ce qui est vraiment une spécialisation intellectuelle au énième degré d’absurdité — le sexe est devenu une chose de l’esprit, ou « intellectuel », plutôt qu’une manière d’être correspondant plus ou moins à la chose physique qu’elle est censée résumer. Pour couronner le tout, nous avons créé une séparation entre le sexe et les autres expériences sensuelles et construit quelque chose d’énorme; le sexe est donc devenu la seule façon de mesurer la moralité.

Crise de conscience par Robert Powell

Se contenter de qualifier le monde d' »irréel », même si cela était vrai, ne le fera jamais disparaître. Il ne me semble pas plus pratique, ni plus facile, de traiter avec ce monde que de traiter avec le monde « réel » habituel. En d’autres termes, la différence entre « des personnes réelles aux prises avec des problèmes réels dans un monde réel » et « des personnes irréelles aux prises avec des problèmes irréels dans un monde irréel » me paraît d’intérêt purement académique. On pourrait même se demander s’il est très sensé de faire cette différence. Ce n’est peut-être pas la bonne question après tout. Avons-nous une unité de mesure pour calculer la réalité et l’irréalité ? Ces lignes ne résoudront donc pas la question, j’en ai bien peur, parce que nos unités de mesure sont tout à fait de ce « monde », et si celui-ci était irréel, les unités de mesure le seraient aussi.

La passion philosophique et la quête du sens par Dominique Casterman

Comment ne pas voir que la nature entière est vivante, que tout est lié, que toutes les cellules, tous les atomes de notre corps sont des entités créatrices au même titre que l’intellect et l’esprit humain? Prendre conscience que le principe de notre conscience ne repose pas seulement sur notre corps, mais aussi sur le corps de l’univers dans son ensemble invite à cesser de vouloir maîtriser et exploiter la nature exclusivement pour nos propres fins…