Matthew David Segall et Rupert Sheldrake : De la résonance morphique au platonisme évolutionniste

Ce dialogue avec Matt Segall, docteur en philosophie et professeur agrégé de philosophie, de cosmologie et d’étude de la conscience au California Institute of Integral Studies, a été enregistré peu après que nous sommes tous deux intervenus lors d’un colloque sur l’âme du monde à l’Université de Cambridge. Nous discutons des points de rencontre entre le récent tournant de Michael Levin vers un platonisme évolutionniste de la forme biologique et la résonance morphique, en évoquant notamment l’ordre impliqué de David Bohm, la théologie du processus de Whitehead et l’approche holistique de Charles Darwin.

Iain McGilchrist : L'Arbre de vie et l'Arbre de la connaissance du bien et du mal,

Cette intuition, formulée dans le langage symbolique du mythe, a trouvé dans les travaux de David Bohm et d’Iain McGilchrist une articulation contemporaine rigoureuse et convergente. Bohm a démontré, du point de vue de la physique et de la philosophie, que la fragmentation n’est pas une caractéristique de la réalité, mais une opération de la pensée qui ne se reconnaît pas comme telle. McGilchrist a montré, du point de vue des neurosciences et de la phénoménologie, que le cerveau humain abrite deux modes d’attention qualitativement distincts, et que l’hypertrophie culturelle du mode analytique-catégorisant au détriment du mode holistique-relationnel produit un appauvrissement systématique de l’expérience.