Adam Jacobs : Avant que cela ne s’appelle un corps

Il ne s’agit pas de redevenir un nourrisson. Il s’agit plutôt de réduire le moi narratif, de dissoudre les frontières corporelles rigides et d’accroître l’immédiateté sensorielle. C’est une énergie libérée de la forme rigide. Ce qui se dissout, ce n’est pas le corps lui-même, mais l’idée du corps comme fixe. Bien entendu, de tels états sont fugaces et n’abolissent pas l’incarnation — mais ils nous rappellent que le corps est bien plus fluide que nous ne l’assumons habituellement. La sensation ne se produit pas simplement dans la conscience — elle est la preuve que la conscience était déjà là. Ce qui rend la sensation présente ne peut lui-même être réduit à la sensation seule.