Rob Lewis : En défense de la « Nature »

Les peuples autochtones ne se sont pas séparés du monde plus vaste comme nous l’avons fait. Ils n’ont pas créé de hiérarchies plaçant les humains au sommet et le reste de la création en dessous. En effet, les peuples autochtones ont tendance à se considérer comme le « petit frère » des êtres et des modes de vie plus anciens et mieux établis qui les entourent. De plus, puisqu’ils ne se sont pas séparés de leurs paysages, il n’existe pour eux aucun « au-delà de la civilisation ou de la société humaine » vers lequel pointer. Des mots comme « nature » ou « wilderness » n’ont tout simplement pas de sens pour des personnes pleinement intégrées au flux et au mouvement du tout.

Rob Lewis : Le mystère au cœur des choses

C’est ainsi que l’environnementalisme était autrefois alimenté. On se battait pour les créatures et les lieux simplement parce que leur disparition insultait quelque chose dans l’âme. Le cœur plus que la tête disait « non, cela ne peut pas être permis », et se levait pour défendre. Mais lorsque le récit climatique a commencé à supplanter le récit environnemental, la relation a changé. Soudain, tout dépendait de « la science », et les arguments avancés l’étaient moins au nom des créatures ou des lieux eux-mêmes qu’au nom de leur utilité pour le nouveau paradigme.

Rob Lewis : Racines intelligentes et fils électriques : l’intelligence que nous ne voyons pas

Une seule cuillère à café de terre dans une telle forêt, si chaque filament de mycélium était mis bout à bout, pourrait s’étendre sur dix kilomètres. Chaque arbre peut héberger jusqu’à 300 espèces différentes de mycorhizes et chaque espèce de champignon peut coloniser son propre répertoire d’arbres. Les nutriments, l’eau et les informations circulent dans toutes les directions dans une profusion vertigineuse, jour et nuit.

Rob Lewis : Sommes-nous en train de donner l’Alzheimer à la terre ?

Il n’y a pas si longtemps, associer les mots « plante » et « mémoire » dans un sens scientifique aurait prêté à sourire. Mais ce temps est révolu. De nombreux travaux scientifiques publiés suffisent désormais à démontrer que les plantes non seulement se souviennent, mais aussi apprennent, prennent des décisions, communiquent et perçoivent leur environnement.