Le gardien des frontières. Entretien avec David Abram

Traduction libre Entretien de 1997 entre Jeremy Hayward et David Abram autour du premier livre de ce dernier. Jeremy Hayward : Nous pourrions peut-être commencer par parler un peu d’animisme. Il me semble que la principale chose que vous essayez de communiquer dans The Spell of the Sensuous est le sentiment que le monde n’est […]

L’écologie de la perception. Entretien avec David Abram

Dans cette interview, l’écologiste culturel et philosophe David Abram parle de l’animisme, du pouvoir et de la puissance du monde vivant. En ces temps d’instabilité écologique et sociétale, il nous invite à nous rappeler de notre participation inhérente à la chair collective et incarnée de la Terre. Le changement climatique est la simple conséquence de […]

L’homme et son environnement par René Dubos

La surconsommation d’énergie favorise dans nos sociétés, la tendance à remplacer l’expérience directe des choses par l’expérience indirecte. On préfère voir jouer au tennis sur l’écran plutôt que de jouer au tennis soi-même. Le plus grand danger de la télévision, de mon point de vue, n’est sûrement pas de rendre les enfants criminels, parce qu’ils ont trop vu de films violents, mais certainement de les empêcher d’acquérir l’expérience des choses de la vie. Ils voient le monde d’une façon passive, au lieu d’en faire l’expérience d’une façon active.

Nature mon amour par Roland de Miller

C’est dans la mesure où les individus prennent conscience de leur intériorité, en eux-mêmes, qu’ils seront conduits à comprendre les richesses naturelles autour d’eux. L’absence du monde végétal et naturel peut parfois en activer le désir et l’intériorisation. (Les artistes citadins connaissent parfois cette sublimation solitaire). Jusque dans les prisons, le souvenir de la fleur ou les espaces vierges a un pouvoir de référence et de rédemption. Ce qu’il y a de plus important, c’est la communion de l’homme avec sa propre nature profonde. Il est probable que les paysages naturels seront sauvés in extremis non pour eux-mêmes mais pour les hommes, leur santé menacée, ou plus rarement, pour leur unité intérieure, retrouvée.

L’esprit des paysages par Roland de Miller

La soif de nature et d’espace libre qu’éprouve le citadin et qui le fait se précipiter vers la verdure dès qu’il a un moment de liberté est trop connue pour qu’il soit besoin d’insister sur l’importance du paysage dans la vie des hommes. On sait de longue date que celui-ci va jusqu’à modifier le comportement de l’individu. L’homme de la montagne a tendance à la vie communautaire ; celui des rivages marins rêve d’espace ; l’habitant de la plaine est calculateur. L’insularité a obligé les hommes à accepter les limites de la nature, les ressources limitées de leurs îles. La mentalité de conquête dévastatrice n’a pu naître que chez des peuples continentaux qui avaient de vastes horizons devant eux.

La mythologie des plantes par Roland De Miller

On a trop tendance aujourd’hui, sous l’influence d’une formidable désacralisation de la nature et de l’univers, à se gausser de ces mythes et légendes et à les rejeter comme des superstitions infantiles. Pourtant il est certain qu’ils recouvrent toujours plus ou moins des réalités existantes, soit dans les phénomènes naturels soit dans les lois cosmiques. C’est en fait notre perception qui s’est bien souvent altérée, en liaison avec tout le contexte socio-culturel. Mais alors que nous comprenons aujourd’hui dans une vue plus étendue l’anthropologie, l’histoire des religions et la genèse des mythes, il n’y a plus aucune raison de mépriser la vénération dont les plantes ont été l’objet dès l’aube de l’humanité.

Les chemins de la montagne par Michel Jourdan

Faut-il suivre les chemins ou ouvrir de nouveaux chemins ? Que ceux qui se disent « contemplateurs du réel » bien à l’abri dans la schizophrénie du milieu urbain, aient durant quelques mois une vie en plein dans la matière, en corps à corps avec la réalité du vent, de la pluie et du soleil. Les arbres des haies torturés chaque année par la serpe des hommes. Le réel est le nirvana, la vie ordinaire c’est la vie divine mais nous ne le savons pas…

Arsène (conte philosophique) par Enem

Quand par exemple, je vois une mouche attrapée par une araignée, le désir de la sauver s’élève en moi en même temps qu’un dilemme : si je laisse faire, la mouche meurt ; si je sauve la mouche, en admettant que ce soit possible, c’est l’araignée qui risque de mourir. Que faire ? On peut se poser la question. Il y a, semble-t-il, un grand, un immense ordonnancement dans les choses de la nature dont nous ne comprenons rien et où il apparaît nettement que naître et mourir sont comme des détails courants et sans le sens dramatique que nous leur donnons. Pourquoi ? Que se cache-t-il derrière cet écran que nous n’arrivons pas à percer ?

Pouvoir contre nature par Paul Kolodjensky

Chacun d’entre nous, respire, mange, bouge, pense, perçoit ce qui l’environne d’une manière toute naturelle. Tous ceux qui nous ont précédé dans l’existence et qui, par conséquent ont sur les nouveaux-venus, le seul avantage de l’expérience, s’acharnent à nous faire accepter leurs conceptions de l’existence. Tous les moyens sont bons pour nous faire vivre selon des critères établis pour que nous devenions ce qu’ils veulent que nous devenions, et, en aucun cas, pour que nous puissions être ce que nous sommes : chacun est un être unique, aux perceptions propres, aux pulsions propres, aux capacité propres.