Rob Lewis : En défense de la « Nature »

Les peuples autochtones ne se sont pas séparés du monde plus vaste comme nous l’avons fait. Ils n’ont pas créé de hiérarchies plaçant les humains au sommet et le reste de la création en dessous. En effet, les peuples autochtones ont tendance à se considérer comme le « petit frère » des êtres et des modes de vie plus anciens et mieux établis qui les entourent. De plus, puisqu’ils ne se sont pas séparés de leurs paysages, il n’existe pour eux aucun « au-delà de la civilisation ou de la société humaine » vers lequel pointer. Des mots comme « nature » ou « wilderness » n’ont tout simplement pas de sens pour des personnes pleinement intégrées au flux et au mouvement du tout.

H. C. J. Stolting : L’exclusion systématique et l’origine du mal

Harry Stolting soutient que, tandis que la nature exclut automatiquement tout ce qui est non durable au sein de sa propre dynamique naturelle, l’esprit humain peut créer et entretenir en son sein des idées inadaptées qui, si elles étaient mises à l’épreuve dans la nature, seraient rapidement éliminées. Cela engendre un décalage entre nos concepts intérieurs et la réalité à laquelle nous pensons pouvoir les appliquer. Cette fracture entre la nature et nos modèles mentaux, soutient Stolting, n’est pas seulement l’origine du mal, mais aussi de nombreux autres maux.

David Bell : Réhabiliter la beauté des sphères

Alors que nous accélérons notre capacité à nous tromper et à nous emprisonner nous-mêmes, ceux qui profitent de l’appauvrissement de nos esprits s’efforcent de nous convaincre que plus nous devenons superficiels, plus nous progressons. Plus nous nous éloignons de la compréhension de notre place et de nos limites dans l’immensité du temps et de l’espace, plus nous accomplissons une étrange et vide ambition.

Gordon Gillespie : Au-delà de la causalité

Gordon Gillespie est actuaire, gestionnaire de risques quantitatifs et scientifique des données. Il est titulaire d’un doctorat en philosophie et est l’auteur de l’ouvrage en langue allemande L’Oracle des nombres : une brève philosophie des mathématiques (2023). Il vit à Rüdesheim, en Allemagne. ___________ Afin de combler le fossé béant entre les sciences humaines et les […]

Claude Tresmontant : Les sciences expérimentales et le point de départ de l’analyse philosophique

Conférence donnée au Centre d’Études et de Recherches Nucléaires, Genève, le 19 octobre 1977 Comme vous le savez, dans l’histoire de la pensée humaine, pour autant qu’elle nous est connue, on distingue plusieurs démarches fondamentales, plusieurs points de départ pour l’analyse et le traitement des problèmes philosophiques. 1. Un premier point de départ est celui que […]

Ulrich Mohrhoff : Réseaux d’information, scarabées bousiers et l’aventure de l’évolution

25 septembre 2024 Réflexions inspirées par le dernier livre de Yuval Noah Harari « Nexus » Nous sommes tout à la fois les animaux les plus intelligents et les plus stupides de la Terre. Nous sommes si intelligents que nous sommes capables de produire des missiles nucléaires et des algorithmes superintelligents. Et nous sommes tellement stupides […]

Derrick Jensen : La magie du Vivant. Entretien avec David Abram

Traduction libre. Le titre est de 3e Millénaire Extrait de How Shall I Live My Life ? On Liberating the Earth from Civilization, édité par Derrick Jensen, PM Press, 2008. (En juillet 2000, Derrick Jensen a réalisé un long entretien décousu avec Abram, au Nouveau-Mexique. L’entretien devait être publié dans The Sun plus tard cette même […]

Le gardien des frontières. Entretien avec David Abram

Traduction libre Entretien de 1997 entre Jeremy Hayward et David Abram autour du premier livre de ce dernier. Jeremy Hayward : Nous pourrions peut-être commencer par parler un peu d’animisme. Il me semble que la principale chose que vous essayez de communiquer dans The Spell of the Sensuous est le sentiment que le monde n’est […]

L'écologie de la perception. Entretien avec David Abram

Dans cette interview, l’écologiste culturel et philosophe David Abram parle de l’animisme, du pouvoir et de la puissance du monde vivant. En ces temps d’instabilité écologique et sociétale, il nous invite à nous rappeler de notre participation inhérente à la chair collective et incarnée de la Terre. Le changement climatique est la simple conséquence de […]

René Dubos : L’homme et son environnement

La surconsommation d’énergie favorise dans nos sociétés, la tendance à remplacer l’expérience directe des choses par l’expérience indirecte. On préfère voir jouer au tennis sur l’écran plutôt que de jouer au tennis soi-même. Le plus grand danger de la télévision, de mon point de vue, n’est sûrement pas de rendre les enfants criminels, parce qu’ils ont trop vu de films violents, mais certainement de les empêcher d’acquérir l’expérience des choses de la vie. Ils voient le monde d’une façon passive, au lieu d’en faire l’expérience d’une façon active.