Visages immobiles de Raymond Abellio, Un grand livre dantesque par Michel Camus

Dans Visages immobiles, la fosse de Babel n’a plus de fond, elle est devenue insondable. Cet abîme, qui est celui du dehors, appelle l’abîme du dedans : voici les yeux d’Ezéchiel désormais sans visage. Imaginez l’étincelle d’un regard sans yeux et sans visage, ce n’est pas une fiction, c’est autre chose. Car il y a deux romans dans le dernier roman d’Abellio : le roman secret du huitième jour, celui de l’homme intérieur, celui qu’il faut méditer entre les lignes et qui juge celui qui le médite, et l’autre, celui-ci dramatique, l’immense roman du terrorisme poli­tique à l’échelle planétaire…

Le coup de bâton du maitre zen par Michel Camus

Tout se tient dans l’œuvre d’Abellio. Sans la connaissance de la Structure absolue, il est presque impossible de voir dans les personnages clefs de Drameille-Lucifer et de Pirenne-Satan, que leur destin conduit à s’accomplir tout au long des mille cinq cents pages du cycle romanesque, les « deux pôles d’écartèlement » de Dupastre alias Abellio, qui ne les incarne que pour les fondre en lui au cœur de l’intensité dont le feu fixe, le feu froid, l’illumine.

Les nouvelles épistémologies par Léon-Jacques Delpech

Pour Bachelard la science dans son histoire et dans ses processus de construction est l’affirmation de la dialectique. Une connaissance n’est qu’un moment sur l’axe du devenir. Au niveau de l’activité scientifique, l’homme est donc l’être de la dialectique. Il est dans le monde, mais il cherche à le réduire à l’expression qu’il en a. Son rapport au monde est dialectique, c’est-à-dire que le monde est sa représentation. Celle-ci est consécutive à sa façon de le penser, autrement dit aux moyens mis en œuvre, c’est-à-dire les cadres de l’intelligibilité.

Nouvelles approches de la Kabbale par Robert Amadou

Quand Raymond Abellio rencontra, en 1943, Pierre de Combas, son maître, ce mathématicien d’instruction apprit que les nombres ne sont pas seulement des additions de quantités, mais des nœuds qualitatifs, des pôles de structure. Que l’ésotérisme est un structuralisme, sous un rapport, et dialectique, en un sens. Cette découverte le mit sur la voie d’un perfectionnement de la numérologie et des connaissances secrètes, alliées à la philosophie, en gnose. Pointe la vocation. Repérons mieux le lieu.

L’Inversion par le Dr M. Engelson

C’est là que réside la différence fondamentale entre l’ « animal » (qui ne « se voit pas », au sens métaphysique du terme, — qui n’a pas la « conscience de conscience »), entre l’ « homme » (qui « se voit dans le miroir », donc qui croit se voir, mais qui ne perçoit que son image inversée et, par conséquent, factice : « Maia », à laquelle il manque de surcroît une « dimension », du fait de l’inversion subie), enfin le « surhomme » (qui se voit en « réel », dans l’absolu, c’est-à-dire intérieurement, en lui-même, et non extérieurement dans un miroir), réalisant ce stade ultime d’inversion, dont Abellio a donné une si fulgurante analyse.