Stephan A. Hoeller : Illumination et gnose : Une enquête sur la religion expérimentale

Traduction libre Extrait de New Dawn 186 (mai-juin 2021) L’étude de l’expérience religieuse mystique a été introduite dans les études psychologiques à la fin du XIXe siècle. Curieusement, cet intérêt quelque peu nouveau a été initialement stimulé par des chercheurs en psychologie médicale qui ont observé que des phénomènes ressemblant à ceux vécus par les mystiques […]

Gary Lachman : L'expérience mystique et l'évolution de la conscience : Une gnose du XXIe siècle

Traduction libre Comme mon titre le suggère, je veux parler de trois idées centrales : l’expérience mystique, l’évolution de la conscience et la gnose. Il en existe différentes interprétations, il est donc peut-être bon de commencer par dire comment j’ai l’intention de les comprendre. L’expérience mystique est pour moi une perception plus large, plus immense […]

Gary Lachman : Prendre soin du cosmos

Traduction libre Texte d’une conférence donnée au Warranwood Rudolf Steiner Center, à Melbourne (4 août 2019). Il est basé sur le livre The Caretakers of the Cosmos. On m’a demandé de faire un exposé sur mon livre Les gardiens du cosmos. Permettez-moi de dire que j’en suis très heureux pour plusieurs raisons. Une de ces […]

Claude Tresmontant : La Gnose

Plusieurs courants gnostiques existent et qui n’ont pas nécessairement la vision décrite ici par Claude Tresmontant. L’auteur a voulu surtout opposé la vision d’un univers déchu – le notre – créé par un démiurge maléfique selon la gnose avec la « bonne création » par Dieu dans le judéo-christianisme… *** Le terme de gnose est tout simplement […]

Dominique Dussaussoy : Le désordre traditionnel

C’est bien là ce que réalisent les sciences traditionnelles : elles reposent sur une tradition antique et inchangée qui n’a pas besoin d’être démontrée pour être tenue pour vraie. Elles affirment leur valeur comme se situant au-delà de toute vicissitude historique, au-delà du temps et de l’espace. Si elles se proclament immuables, ce ne peut être qu’à sous-entendre dans leurs principes l’inter­vention du divin. On sait, par exemple que les opérations alchimiques sont dans un premier temps purement chi­miques jusqu’au moment où l’esprit intervient, c’est-à-dire jusqu’au moment où l’on cesse d’opérer sur le plan scientifique pour passer au plan métaphysique. De même, l’astrologie traditionnelle réfute toute exigence démons­trative puisqu’elle repose sur le postulat hermétique de l’union du microcosme humain au macrocosme.

Jacqueline Kelen : La femme dans la gnose

Aujourd’hui, on sait que les Gnostiques des premiers temps du christianisme vivaient librement et en égalité de communauté avec les femmes ; celles-ci n’étaient pas exclues, mais surtout avaient le même rôle : guérison des malades, enseignement spirituel, prophétisme… C’est surtout cette place de la femme que les Pères de l’Église et l’apôtre Paul ont critiquée et jugée intolérable ; ce sont eux qui ont chassé la femme de l’Église, tout en continuant à répéter (sans comprendre, ou est-ce schizophrénie ?) la belle métaphore de l’Église épouse du Christ, alors que l’Église n’était qu’une assemblée d’hommes.

Pierre Crépon : Les Évangiles gnostiques présentés

Les textes gnostiques trouvés dans la biblio­thèque de Nag Hammadi montrent l’extrême diversité des éléments constituant le gnosti­cisme aux 3e et 4e siècles. La majorité de ces textes n’ont de chrétien que le cadre et ils ne renferment que des révélations stricte­ment gnostiques. D’autres, au contraire, se rat­tachent plus ouvertement à la tradition chré­tienne et les thèmes gnostiques y apparais­sent plus subtilement. Dans cette dernière catégorie entre, au premier titre, le célèbre Évangile selon Thomas, mais aussi d’autres textes moins connus tels que l’Évangile selon Philippe et l’Évangile de Vérité dont nous présentons ici des extraits.

La voie gnostique selon Abellio

L’illumination est comme le jeu de la lumière dans un cristal. La lumière jaillissante efface la structure du cristal, et c’est pourtant cette structure devenue invisible qui explique l’illumination. Mettre de l’ordre, c’est-à-dire dévoiler et fonder la structure absolue, c’est la loi de l’homme avancé d’Occident. Incarner ensuite cette struc­ture et la fondre en soi, c’est la loi de l’homme tout court. Par le couronnement gnostique, foi et raison cessent alors d’être prises dans une opposition linéaire, elles sont dépassées et intégrées ensemble dans ce qu’il faut rien considérer comme la réalisation de l’être.

Raymond Oillet : Les grands thèmes métaphysiques de l’Évangile selon Thomas

Aux hommes que la nostalgie de l’Être a mis en che­min, les mouvements gnostiques ont proposé des voies de retour à l’Un. Et donc de sortie du langage. La gnose se mêle toujours à l’Histoire, mais comme un courant sou­terrain, sans mélange… En s’adressant aux Juifs, ses contemporains, Jésus a dû aborder certains de leurs pro­blèmes spécifiques mais sans rien sacrifier de la qualité proprement métaphysique de son enseignement. C’est par la connaissance, et la connaissance de soi, que l’homme parvient à la connaissance du Père, à se trouver identique à Lui, à se sauver de l’emprise du monde et de la mort. Que cette gnose soit non-chrétienne paraîtra l’évidence même. En parler comme d’une hérésie est une erreur et une injure. Jésus a jeté un feu (log. 10). Si ce feu peut nous brûler, ne pourrait-il pas aussi nous délivrer de nos liens ?

Joël Robert : Sophia ou la Mère Divine

[…] on retrouve toujours un récit qui explique comment les choses ont commencé, com­ment elles continuent et les possibilités de salut qui s’offrent à l’homme. Quelle que soit la version, le mythe assure une fonction de restauration dans une situation de désordre et d’aliénation. C’est toujours Sophia (ou Bar­bèlô) qui est impliquée dans. l’aventure de la dégradation du monde et de sa régénération. Les événements sont liés à la chute de Sophia et à son retour au Père. Mais cette histoire est en même temps celle de tout gnostique : le monde le met dans une situation aliénante d’où il cherche à sortir ; or le salut est dans le retour à l’Un dont il pro­cède. Du Père transcendant, inengendré, émane un monde divin qui a nom Plérôme ou Royaume, suivant les écrits. Il est constitué d’un certain nombre d’entités, générale­ment appelées éons. Le Plérôme est complet en lui-même. Le dernier éon, Sophia (ou Barbèlô) est victime de son éloignement de la Source, ce qui l’entraîne hors du Plé­rôme où elle devient la Mère du démiurge…