Farah Ahamed explore le concept du sunn kaall (le vide primordial) dans la musique et la poésie de l’islam, de l’hindouisme et du christianisme.
Farah Ahamed : Pointer vers le Vide
Farah Ahamed explore le concept du sunn kaall (le vide primordial) dans la musique et la poésie de l’islam, de l’hindouisme et du christianisme.
La verticalité est la condition nécessaire pour que les sons soient assimilés avec un maximum d’informations à absorber. Ils sont évidemment choisis. Ils émanent de sources les plus variées et sont soigneusement transmis à l’oreille de l’écoutant. Dans le cas présent, une dépendance s’établit entre le récepteur et l’émetteur, entre l’oreille à l’écoute et l’instrument producteur de sons. L’idéal recherché est atteint lorsque le sujet à l’écoute parvient au stade où il est en même temps l’émetteur produisant lui-même les sons.
Descendre dans l’abîme du son n’est pas une aventure extérieure. C’est une plongée dans l’espace intime du cœur. Tout ce que l’homme refoule et, bien au-delà, tout ce qu’il ne peut atteindre par la petite échelle du langage interne s’ouvre brusquement devant lui comme le gouffre sous les pieds d’un spéléologue à bout de corde. Le son apparaît alors non plus comme une vibration mesurable mais comme la tentation d’un voyage au plus profond de l’âme. Il y a tout lieu de croire, de craindre, que ce voyage soit sans retour.