Colin Todhunter : Terres volées et aide sociale aux entreprises : l’arnaque mondiale consistant à « nourrir le monde »

Le public se fait « détrousser » deux fois : une fois au bureau des impôts et une autre à la caisse. Dans le même temps, l’État subventionne un troisième « détroussage » : un effondrement de la santé publique financé par le contribuable. En finançant le volume plutôt que la nutrition, le gouvernement paie les entreprises pour fabriquer une crise sanitaire, puis taxe le public pour en traiter les conséquences. Le contribuable finance les calories vides, les marges des supermarchés et les maladies chroniques qui en résultent et dont le coût retombe sur le Service national de santé.

Colin Todhunter : Imagine tous les gens : alimentation, liberté et ce que signifie être humain

Mais que se passerait-il si vous refusiez ce paradigme ? Si vous mettiez au jour ce qui est habituellement maintenu hors du champ du débat politique ? Si vous souteniez que la crise de l’alimentation et de l’agriculture n’est pas d’abord technique, environnementale ou économique, mais qu’elle touche au cœur même de ce que signifie être humain ?

Colin Todhunter : Sous le béton, la terre murmure encore

La modernité capitaliste réduit les êtres humains à des instruments dans un système marchand, favorisant dépendance, aliénation et méfiance. Prenons le Bangladesh, par exemple, où des agriculteurs ruraux déplacés par des accaparements de terres pour l’aquaculture de crevettes ont migré vers les usines de confection de Dhaka, subissant des journées de 14 heures, des effondrements d’usines comme celui du Rana Plaza (qui fit 1 134 morts en 2013) et des salaires inférieurs au minimum vital face aux exigences de la mode jetable mondiale.

Colin Todhunter : L’imagination agraire : la cage de fer de l’agrorationalité et le souterrain moral de Dostoïevski

Alors que l’agrarianisme enracine l’agriculture dans la communauté, l’éthique et le soin du sol, offrant une vision morale et culturelle de l’agriculture, l’agroécologie politique met ces valeurs en pratique, montrant comment les communautés peuvent organiser collectivement l’agriculture pour soutenir les populations, l’environnement et le contrôle local de l’alimentation. Elle partage avec l’agrarianisme l’accent mis sur la décentralisation, le travail coopératif et le lien culturel à la terre, mais l’agroécologie politique ajoute des outils de transformation systémique, combinant science écologique, mobilisation locale et action politique pour faire progresser la souveraineté alimentaire.

Colin Todhunter : Au-delà des lois agricoles : le nuage d’entreprise prêt à régner sur les champs de l’Inde

Bayer, société tristement célèbre pour son histoire d’agrochimiques toxiques et de contrôle monopolistique des semences, participe désormais à la conception des marchés du carbone et des régimes de protection des cultures. Amazon Kisan intègre la production agricole indienne à ses chaînes d’approvisionnement numériques, plaçant de fait le géant du commerce électronique comme intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Et le rôle de Syngenta dans l’agriculture « de précision » basée sur les drones et l’intelligence artificielle introduit des technologies propriétaires coûteuses qui rendent les agriculteurs dépendants des plateformes d’entreprise.

Jeffrey A. Tucker : Les mécanismes du fascisme revisités

Traduction libre 5 mai 2024 Le fascisme est devenu un gros mot aux États-Unis et au Royaume-Uni pendant la Seconde Guerre mondiale. Il l’est depuis lors, au point que le contenu du terme a été complètement vidé de sa substance. Il ne s’agit pas d’un système d’économie politique, mais d’une insulte. Si l’on remonte une décennie […]