Mark Vernon : Jung au XXIe siècle

Pour cette raison, je suis très intéressé par la manière dont Jung parlait des mandalas. Il y a eu une période où il en réalisait un chaque jour. Vous savez ce qu’est un mandala ? C’est un motif présentant une symétrie quadruple qui est utilisé dans de nombreuses traditions orientales comme outil de contemplation. Au départ, c’était le détail qui préoccupait vraiment Jung, mais il est ensuite arrivé à un point où il a soudainement compris que tout cela n’avait pas réellement autant d’importance que le centre. Ainsi, dans la dernière partie de sa vie, c’est le centre du mandala qui l’attirait. Je ressens que cette attirance vers le centre, et pas seulement vers tous les détails de la structure du motif, est également ce dont nous avons besoin culturellement.

Jean-Pierre Garou : Universalité d'une forme

(Les carnets du Yoga. No 185. Février 1997) En 1909, à Munich, le peintre Wassily Kandinsky s’apprête à basculer dans l’abstraction. Mais il hésite. Si le « vide » le fascine depuis toujours, il craint que, sans références au réel, le tableau ne finisse par ressembler aux motifs sur une « cravate » ou un […]

Jean Varenne : Le tantrisme et l’initiation au mandala

Le plus souvent, en Inde, le mandala est tracé au moment où l’on en a besoin, puis effacé lorsque le rite est achevé. On utilise de préférence des poudres de couleur que l’on achète sur le marché et que l’on mélange éventuellement avec divers liquides pour obtenir une sorte de peinture aisément lavable. Un texte recommande, par exemple, d’utiliser de la poudre couleur safran-rouge (vermillon vif) mélangée avec du lait de vache pour tracer le Shrî-Yantra. Ailleurs, il est expliqué que, si le dessin est fait avec de la poudre jaune, l’initié triomphe de la malignité verbale (calomnie, etc.) de ses ennemis. Ailleurs encore, on enseigne que si l’on veut du mal à quelqu’un on peut tracer un mandala avec du crottin de cheval délayé dans de l’urine de vache ! Ces quelques exemples donnent une idée de ce que sont ces enseignements secrets dispensés par les maîtres tantriques ; convaincus de l’efficacité intrinsèque des yantras, ils trouvent normal de les utiliser à toutes fins : progrès spirituel, certes, mais aussi magie blanche ou noire.