Steven Harrison : À propos de l’évolution – Une conversation avec le Dr R.P. Kaushik


18 May 2020

Traduction libre

Le Dr. R. P. Kaushik (1926-1981), conférencier et auteur indien de renom, a depuis 1973, voyagé dans le monde entier à l’invitation de ses amis. Son travail est une investigation sur la vie et la conscience qui ne repose sur aucun enseignement traditionnel, aucune technique de méditation, ni aucun gourou. Il s’agit plutôt de l’expression d’une compréhension qui émane d’un esprit calme et d’une observation silencieuse mais vitale de la vie. Il s’agit d’une expression unique qui a suscité un intérêt intense chez de nombreuses personnes.

Le Dr Kaushik est l’auteur d’un certain nombre de livres, dont Organic Alchemy, The Ultimate Transformation et Towards a New Consciousness

Steven Harrison est l’auteur de nombreux livres sur la spiritualité. Deux de ses livres sont traduits en français aux éditions l’Originel Accarias : Rien faire et Être Un. Il est aussi conférencier international sur les sujets de la conscience humaine, l’évolution humaine, les relations et l’éducation alternative.

Au cours des mois de juillet – d’août 1973, le Dr Kaushik a visité la région d’Ithaca, New York, à l’invitation de certains de ses étudiants américains. Steven Harrison a passé plusieurs semaines avec le docteur dans la contemplation tranquille, la méditation et la discussion. Leurs entretiens ont porté sur les différentes approches de la conscience de soi, ainsi que sur les questions fondamentales de la transformation individuelle et sociétale. L’entretien suivant a été réalisé peu avant son départ…

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Steven Harrison : Docteur, vous vous interrogez sur la vie depuis un certain temps déjà, d’une manière qui semble sensiblement différente des approches philosophiques ou religieuses traditionnelles de l’Orient et de l’Occident. Comment en êtes-vous venu à cette interrogation si ce n’est par l’intermédiaire d’un gourou ou d’un ensemble particulier de techniques et quelle est la nature de cette exploration ?

Dr. Kaushik : Vous savez, quand vous essayez d’exprimer quelque chose par des mots, ces mots sont toujours extrêmement limités. Je ne comprends pas vraiment ce que vous voulez dire par « sans gourou ». Si vous voulez dire « gourou » dans le sens limité d’une personne qui aurait pu continuer à me guider tout au long de ma vie, alors dans ce cas, il n’y avait pas de gourou. Mais, chaque fois que j’avais un doute, chaque fois qu’il y avait une question, la réponse venait de quelque part. Je ne sais pas comment elle venait, mais elle venait. Qu’elle vienne d’un livre, d’un mot prononcé par quelqu’un, d’une indication dans un rêve, la réponse était toujours là. Je ne pense pas que j’aurais pu poursuivre mon investigation si cette réponse n’était pas venue de l’extérieur.

Pour moi, la vie entière a été un gourou. C’est pourquoi je ne pense pas que mon investigation aurait pu être menée de manière isolée, par moi-même, assis au sommet d’une colline. En vivant seul, je n’aurais jamais eu de problèmes à investiguer. Les problèmes surgissent parce que j’interagis avec le monde. Le monde qui m’entoure m’a obligé à approfondir ma vie, ma façon de penser, ma façon de voir et d’agir.

Mon sentiment est que la connaissance qui est présente dans la psyché humaine collective est là. Toutes les expériences de l’espèce humaine sont à notre disposition, et la plupart des réponses viennent de ce dépôt. Dans un sens, je découvre les réponses, pour la première fois, pour moi-même, mais elles ont toujours existé. Je ne sais donc pas s’il s’agit d’une nouvelle découverte ou de quelque chose d’ancien qui se présente – à quel point suis-je séparé de l’ensemble du collectif, à quel point suis-je séparé de l’espèce humaine, si je suis un individu ou si je ne fais que poursuivre ce que la psyché humaine collective a poursuivi. Je ne suis que la continuation de l’effort humain.

La forme a peut-être changé, mais je ne vois pas comment je pourrais me dissocier des personnes qui se sont renseignées dans le passé – le Bouddha, ou Ramakrishna ou Ramana Maharshi ou Sri Aurobindo. Comment pourrais-je me dissocier d’eux ? Et s’ils n’avaient pas fait certaines découvertes, s’ils n’avaient pas fait certaines expériences ou atteint certaines réalisations auxquelles nous n’avions pas accès, je ne pense pas que nous pourrions aller plus loin. Une grande partie de notre investigation commence là où celle des autres s’arrête, nous ne faisons que reprendre le fil, et, en cela, nous ne répétons pas les erreurs de l’histoire, nous ne répétons pas les erreurs commises par les penseurs et les explorateurs qui sont passés par là.

Malheureusement donc, votre question soulève une dichotomie – s’il y a un gourou ou s’il n’y a pas de gourou. Si l’on considère la question d’un point de vue limité, je peux dire que je n’ai pas de gourou au sens traditionnel du terme. Mais si toute la vie m’a apporté des réponses, je vois mon gourou partout. Et je ne vois pas comment, si j’apprends d’une source particulière, cela diminuera l’importance de cet apprentissage. Je n’ai jamais dit qu’un gourou n’était pas nécessaire. Peut-être que pour la plupart des gens, un gourou est nécessaire, même sous une forme personnelle. Pour quelques-uns, un gourou peut ne pas être nécessaire. Pour les personnes qui ne cherchent une réponse qu’auprès de certaines autorités, un gourou est indispensable. Ils ne peuvent pas écouter en dehors de leur cadre, de leur image. Mais pour les personnes qui sont ouvertes à la vie entière, alors aucun gourou n’est nécessaire ; c’est la vie entière qui donne les réponses.

Steven Harrison : Historiquement, nous pouvons voir que très, très peu de ces êtres illuminés du passé ont été capables de transmettre une compréhension complète à ceux qui étaient leurs disciples. Ils ont peut-être transmis certaines expériences, mais très peu ont été capables de transmettre cette pleine lumière. Pourquoi en est-il ainsi ?

Dr Kaushik : La transmission de cette compréhension à un autre n’est pas une question de volonté, ni une question de choix pour le gourou ou pour l’illuminé. La réceptivité de l’auditeur ou du disciple est un facteur important. Mon sentiment est que le gourou et le disciple expriment réellement deux pôles de la même énergie. Si le disciple n’a pas l’intensité qui correspond à la compréhension du gourou, alors la transmission ne peut avoir lieu. Donc peut-être que les défis du passé étaient tels que la plupart des disciples étaient satisfaits d’une certaine sécurité qu’ils obtenaient du gourou, et leur investigation s’arrêtait là. Et peut-être ferions-nous la même chose si nous ne disposions pas des expériences du passé, de la manière dont ces mouvements ont échoué – et de la manière dont les défis ont changé à notre époque.

Le défi de notre époque n’est pas qu’il y ait un seul Messie, un seul prophète ou un seul gourou et des milliers et des milliers de disciples. Parce qu’à mon avis, suivre détruit l’intelligence. Chaque fois qu’il y a un partisan, il y a une destruction de l’intelligence. La relation gourou-disciple n’est pas une relation de leader et de disciple, mais une relation de deux personnes marchant main dans la main, explorant et partageant la vie. Ce n’est que lorsqu’ils ont la même intensité correspondante que la transmission et la compréhension sont communiquées.

Dans le passé, peut-être que beaucoup de gourous ou d’êtres illuminés n’allaient jamais aussi loin, parce que le défi était différent. Vous pouvez trouver cette énergie et vous arrêter n’importe où, et avoir la satisfaction suffisante d’arriver à un point donné – et alors vous ne pouvez pas aller au-delà de cela, et vous ne pouvez emmener aucun disciple au-delà de cela. Le disciple ne peut pas dépasser ce que le gourou a réalisé, à moins que le disciple ne fasse un passage. Pour toute personne, aujourd’hui, qui a de la lumière, il est de sa responsabilité de veiller à ne pas créer des partisans, mais à amener ses disciples à un niveau d’intensité où la transmission peut avoir lieu. Ce processus peut être lent, il peut prendre du temps, il peut être difficile.

Le moyen le plus rapide est de créer un groupe, de leur donner un mantra, de leur donner une photo, de leur faire adorer le nom ou l’image et de les faire chanter, et ils auront des expériences psychiques. Mais dans ces disciples, il y a destruction de l’intelligence, et l’énergie n’est pas portée plus loin. Un gourou peut-il emmener ses disciples du domaine de la forme à celui de l’informe ? Dans la mesure où il le fait, c’est son succès, c’est son accomplissement et sa transmission.

Steven Harrison : Nous avons assisté à un phénomène dans ce pays au cours de la dernière décennie, que l’on a appelé l’émergence du Nouvel Âge ou l’ère du Verseau. De nombreuses personnes s’impliquent dans diverses formes de méditation et d’exploration psychique. Y a-t-il vraiment une nouvelle conscience qui émerge, ou qu’est-ce qui se passe réellement ?

Dr Kaushik : Mon sentiment est que cette énergie est déjà ouverte à la conscience humaine, donc ce n’est plus une question de faire descendre cette énergie ou non – elle est là. Et beaucoup de gens sont touchés par elle – peu importe qui est ouvert. Mais jusqu’où un individu particulier ira dépendra de ses objectifs – ce qu’il veut, ce qu’il attend. Donc si vous avez déjà une image de ce Nouvel Âge, alors je pense que vous l’avez déjà limitée. Lorsque vous essayez d’apporter une modification par certaines techniques., il est important de comprendre que toutes ces techniques sont anciennes, ou des modifications de l’ancien ; et elles ont été essayées dans le passé et elles ont échoué. Si elles n’avaient pas échoué, cette énergie ne se serait jamais éteinte ou perdue pour l’humanité à une plus grande échelle. Donc, le fait même qu’elle ait disparu signifie qu’elle n’était pas applicable à une étape donnée.

Maintenant, vous pouvez faire revivre ces techniques et, grâce à elles, produire certains phénomènes, certains effets, certains résultats. Mais ce résultat est un phénomène psychique ; ce n’est pas une transformation. Si vous avez une image ou une technique particulière pour provoquer une transformation, vous l’avez déjà limitée, et vous ne la dépasserez pas.

Pour qu’une transformation totale ait lieu – avant que les techniques puissent être touchées ou utilisées – il faut que la liberté soit découverte. Et la liberté signifie la liberté du moi, la liberté de l’ego. Sans cette liberté, il n’y a pas d’intelligence. Ce n’est que lorsque cette intelligence impersonnelle utilise ces techniques qu’elles peuvent avoir une certaine valeur. Sinon, elles deviennent des outils de pouvoir et des outils d’accumulation pour renforcer le soi et l’ego. Je ne pense donc pas qu’une transformation fondamentale aura lieu par l’utilisation de techniques.

Steven Harrison : Qu’est-ce qui va provoquer la transformation, alors ?

Dr Kaushik : La transformation ne peut se produire, tout d’abord, que par une simple prise de conscience de soi, en découvrant ce que l’on veut vraiment ou ce que l’on ne veut pas vraiment et ce que l’on est – qui vous êtes. Qui est le chercheur ? Qui est l’expérimentateur ? Si vous ne répondez pas d’abord à ces questions, vous ne trouverez que des demi-réponses, et non des réponses complètes.

Il faut donc d’abord prendre conscience de soi et s’interroger sur la nature du moi, sur la nature de son propre conditionnement. Vous découvrez ce que vous êtes d’instant en instant – Quels sont vos complexes ? Quel est votre processus de pensée ? Quels sont vos espoirs, vos craintes, vos ambitions et vos rêves ? Regardez tout cela. Et ce n’est que lorsque vous regardez tout cela, et que vous le regardez sans choix, que cela prend fin, Et dans cet état, lorsque ce moi a pris fin, il y a un silence. Dans ce silence, une intelligence a pris le dessus qui n’a pas de compulsion, pas d’anxiété, pas de tension, pas de conflit. Alors l’esprit n’est qu’un instrument de perception ; alors il voit et bouge. Ce n’est que lorsqu’il voit et bouge, sans entrer en conflit, sans lutter, sans forcer, que l’intelligence s’éveille.

À partir de cet état de liberté relative où l’intelligence a pris le dessus, des techniques peuvent être utilisées ou non. Je ne suis pas sûr que dans le plein éveil de l’intelligence, les techniques soient nécessaires. Assis ici, vous pourriez dire que les techniques peuvent être utiles dans cet état, mais lorsque vous l’atteignez, vous constatez chaque jour que l’intelligence elle-même peut créer ses propres techniques, et vos anciennes techniques peuvent ne pas être nécessaires.

Il existe en Inde une secte qui parle du Verbe, du son subtil et des sons du cœur, et qui a une longue discipline de récitation de mantras, vous amenant à divers stades de développement de ce Verbe. Aujourd’hui, nous constatons que de nombreuses personnes entendent simplement les sons subtils sans rien faire. Toute personne qui fait un peu attention peut entendre ces sons. Donc, une fois que l’esprit est devenu un peu sensible, alors le mantra n’est plus nécessaire, une technique n’est pas nécessaire. Certaines de ces techniques sont nécessaires pour accroître la sensibilité de l’esprit – non pas une sensibilité totale, mais une sensibilité relative au niveau psychique. Mais aujourd’hui, nous constatons que ces techniques sont de moins en moins nécessaires. Donc, la nécessité d’une technique ou non dépend du défi à relever. On ne peut pas dire à l’avance qu’une technique est nécessaire.

Steven Harrison : Mais les techniques peuvent être utiles après la réalisation…

Dr Kaushik : Cela pourrait être nécessaire ; il n’y a pas de barre, parce qu’il faut toujours une technique pour construire des routes et des maisons, il vous faut peut-être certaines techniques pour effectuer une guérison, ou pour la matérialisation s’il y a un certain besoin d’actualisation. Et je pense qu’il n’y aura pas de problème, parce que dans toute réalisation ou actualisation, la pensée est nécessaire. Je ne pense pas que sans l’utilisation de la pensée, l’intelligence puisse créer quelque chose de matériel, de substantiel.

Dans le domaine de l’actualisation ou de la réalisation de cette énergie dans la vie individuelle et sociale, la pensée deviendra nécessaire, et cela signifie la technique, aussi simple qu’elle puisse être. Il n’y aurait alors aucun conflit à ce sujet.

Steven Harrison : Il existe certaines techniques qui semblent être similaires à cette investigation – les exercices du vipassana bouddhiste pour cultiver la pleine conscience (mindfulness) et les techniques zen de s’asseoir simplement et observer. Peut-on cultiver la conscience/attention de cette manière – ou existe-t-il vraiment un moyen de cultiver ou d’exercer la conscience/attention ?

Dr Kaushik : Lorsque vous cultivez la conscience/attention par ces techniques, la technique devient importante, et non la conscience. Et ensuite la technique devient si sainte ou si captivante qu’elle vous détruit presque. Vous priez cette technique et elle devient un article de foi. Maintenant, celle-ci pourrait apporter une certaine sensibilité psychique, comme on l’a dit ; certaines facultés de l’esprit peuvent être éveillées. Ainsi l’instrument mental sera affiné, il n’y a aucun doute à ce sujet.

Avec n’importe laquelle de ces techniques, lorsque l’énergie concentrée est orientée dans une direction, il y aura une sensibilité accrue et une capacité accrue de la psyché, et de nombreuses nouvelles facultés s’ouvriront. Mais la question est de savoir si avec ces techniques, l’esprit peut se libérer du centre qui est l’accumulateur, le centre qui est le collecteur de toutes ces réalisations et expériences. Et le problème n’est pas avec le Vipassana ou quoi que ce soit d’autre, la question est celle du centre qui accumule les idées, les principes, les théories, les croyances, les expériences, les connaissances, et qui se renforce lui-même. Quel serait le facteur qui provoquerait la désintégration du centre ? Vipassana peut-il le provoquer, la pleine conscience cultivée peut-elle le provoquer ? Si c’était le cas, alors tout irait bien. Mais je ne vois pas comment ça pourrait se faire. Si cela fonctionne pour quelqu’un, je n’ai pas d’objection.

Steven Harrison : Une autre partie de ce mouvement Nouvel Âge est ce qu’on appelle la « santé holistique », qui semble être une tentative de traiter l’être dans sa totalité, la personne dans sa totalité, par opposition à la suppression des symptômes. Nous voyons aussi des guérisseurs psychiques et des guérisseurs religieux qui semblent travailler sur un niveau plus profond que le physique. Mais personne ne semble avoir trouvé la cause fondamentale de la maladie ou comment l’éradiquer. Quelle est cette cause, et est-il possible de s’en débarrasser une fois pour toutes ?

Dr Kaushik : Je pense que cette approche holistique est un dérivé de l’hygiène naturelle ou de la naturopathie, qui ne sépare pas la maladie de la santé. C’est un concept holistique selon lequel la cause et l’effet sont une seule et même chose ; la maladie est une expression de la santé, elle n’en est pas distincte et séparée.

Dans la médecine moderne, ou l’approche allopathique, la maladie est considérée comme séparée de la santé, et l’une est cultivée au détriment de l’autre. On lutte contre la maladie, on construit la santé, et il s’ensuit des luttes et des conflits : c’est l’approche dualiste. Et l’approche holistique, telle que je la comprends, consiste à considérer la maladie comme une manifestation de l’activité de l’organisme vital qui rejette les influences nocives. La maladie devient alors un processus d’élimination des substances toxiques – à ne pas craindre, à ne pas combattre, mais simplement à laisser le processus se dérouler.

Mais je ne considère plus la maladie de ce point de vue. Après être passé par différentes approches de la guérison – l’approche allopathique, l’approche homéopathique, l’approche naturopathique, la guérison psychique, la guérison mentale, l’auto-suggestion et tout cela – je regarde la maladie sous un angle différent. Pour moi, la maladie commence dans la psyché, et une psyché qui est en conflit ne peut pas être exempte de maladie. Une psyché qui est divisée ne peut pas être exempte de maladie. Donc le conflit dans la psyché est la maladie, qu’elle se manifeste uniquement au niveau psychologique ou qu’elle s’exprime également au niveau physique. Ainsi, sur le plan psychologique, le conflit doit prendre fin pour que la santé puisse naître.

Ce conflit peut se terminer à un niveau très superficiel, et vous apporter une santé relativement meilleure, mais cela ne vous libérera pas de la maladie. Si vous pouvez mettre fin à ce conflit dans la psyché, et à tous les niveaux, superficiel aussi bien que profond, si l’énergie de l’unité a commencé à s’exprimer dans votre vie quotidienne – si vous la vivez, si vous la réalisez – seulement alors il y a une libération totale de la maladie.

S’il y a une division entre vous et l’environnement, si vous et les plantes êtes différents, alors le pollen va vous affecter. Si les animaux vous sont étrangers, il y a une division, et le poison des animaux va vous affecter. Si vous êtes séparé de cet environnement extérieur, alors la pollution va vous affecter. Mais lorsque vous commencez à vivre dans cette énergie d’unité, de non-dualité, et que cela devient une réalisation réelle, la maladie est complètement arrêtée – au niveau psychologique comme au niveau physique. À ce moment-là, le corps commence à subir des changements et à se diriger vers l’immortalité. Il y a la libération de la maladie et la libération du vieillissement. D’après ce que je peux voir, peut-être que le vieillissement, et même la mort, sont liés à certains souvenirs.

La réalité dans laquelle nous vivons est notre propre création. Maintenant, d’après ce que je comprends, si nous croyons à l’infection, l’infection sera là, et aura un effet sur nous, [La réalité est créée par la pensée à partir de la mémoire, et nous vivons avec.] Par un certain processus de transformation dans l’esprit, si je peux bloquer cette mémoire de l’infection, ou des bactéries comme cause de l’infection, dans ma conscience, mon corps devient relativement immunisé contre l’invasion bactérienne.

Même si nous arrivons à un esprit silencieux, nous sommes toujours soumis aux lois de la nature. Et il existe différentes lois de la nature à différents niveaux de la réalité. Il n’y a pas une seule loi qui s’applique à tous les niveaux. Donc, une fois que vous commencez à vivre à ce niveau de réalité où il n’y a pas de division, alors il n’y a pas d’invasion bactérienne ; le corps est devenu immunisé contre les infections. Mais tant que vous avez cette mémoire des infections et des maladies causées par certains aliments ou certaines substances, certaines bactéries ou certains virus, vous y êtes soumis. Tant que vous êtes séparé de ces influences, vous les verrez menacer votre existence.

Lorsque vous pouvez donner vie à cette unité ou non-dualité, à cette compréhension que la vie est un tout – non pas en tant que concept mental, mais en tant que réalisation réelle qui a lieu dans votre vie – alors le pollen, les virus et bactéries ne peuvent pas endommager votre corps. Et c’est ce que les gens ont fait dans le passé. Ils ont même été capables d’aller au-delà des effets d’éléments tels que le feu ou l’eau, qui n’ont aucun effet sur le corps une fois que vous êtes parvenu à un certain état de conscience. Ainsi, la guérison fondamentale des maladies ne passe pas par l’homéopathie, la naturopathie, les massages ou les herbes, ou la guérison psychique ; elle est liée à la transformation totale de la psyché, de l’esprit humain et du corps humain. C’est seulement grâce à cette transformation totale que le corps et l’esprit seront libérés de la maladie.

Lorsque nous parlons de cette unité du corps et de l’esprit, il est très important de comprendre ce que signifie cette unité ; ce qu’est l’esprit et ce qu’est le corps. Le corps est définissable dans le temps et l’espace. Nous pouvons le voir, le sentir, le localiser, voir les changements qui s’y produisent, Mais, avez-vous une idée de l’esprit – qu’est-ce que l’esprit ? Où se trouve votre esprit ? Pouvez-vous sentir et localiser l’esprit ? Et si vous ne pouvez pas le sentir et le localiser, alors l’esprit ne sera qu’un concept pour vous. Alors vous traitez avec le corps par le biais d’un concept. Voyez-vous la difficulté ? Donc, afin d’amener cette approche holistique dans votre compréhension, vous devez explorer ce qu’est l’esprit, afin qu’il ne soit plus un concept.

Nous savons maintenant que l’esprit n’est pas situé à l’intérieur du corps ou à l’extérieur du corps. C’est un champ d’énergie qui est créé par le mouvement de la pensée. Lorsque la pensée se déplace dans ce processus d’exclusion ou d’identification, elle crée les frontières de l’esprit, les limites de l’esprit – ceci est l’esprit, cela n’est pas l’esprit ; c’est mon pays, ce n’est pas mon pays : j’aime ceci, je n’aime pas cela. Ainsi, avec ces j’aime et je n’aime pas, avec l’identification et l’exclusion, je définis les frontières de mon esprit, parce qu’il est construit par la pensée, par la mémoire, dans le temps. Tous les souvenirs sont liés au temps. Mais quant à l’espace, l’esprit est-il limité à l’espace ou la pensée le limite-t-elle ? Donc, quand je vois que la pensée, en tant que ma création, limite l’esprit, alors j’arrête cette fabrication, cette définition des limites de l’esprit. Lorsque la pensée prend fin, l’esprit est libéré des limites de l’espace – il est sans espace.

Quand je vois que mon esprit n’est pas limité à l’espace, l’éternité est alors la limite de mon esprit. L’infini est la limite de mon esprit lorsque je ne suis pas impliqué dans un processus d’identification ou d’exclusion, dans un processus d’attirances et d’aversions. Lorsque l’esprit est complètement libre, il transcende l’espace et il n’est plus défini par le temps à travers les souvenirs.

Maintenant, si je commence à me regarder, à regarder l’ensemble de mes souvenirs dans le temps, alors je constate que certains souvenirs s’appliquent et que d’autres sont devenus non fonctionnels. Certains souvenirs sont nécessaires pour survivre et fonctionner, individuellement et socialement, et certains souvenirs sont devenus obsolètes et sans signification. Ils entravent le mouvement de mon individualité, de mon corps et de mon esprit. Alors commence un processus d’effacement des souvenirs non fonctionnels.

Je dois souligner ici que ce n’est pas une question de pensée ; ce n’est pas le moi ou l’ego qui fait cela. Un élément entièrement nouveau entre ici en jeu ; et c’est l’intelligence, qui n’est pas individuelle, mais collective, totale, non fragmentée. Ainsi, l’intelligence se charge maintenant d’effacer les souvenirs obsolètes – moi, les miens, mes plaisirs, mes goûts, mes dégoûts ; les souvenirs de santé, les souvenirs de maladie, les souvenirs de douleur, les craintes de cancer, les craintes de mort, tous ces souvenirs. Les souvenirs de limitations et de manque doivent maintenant être effacés. Et une fois que ces souvenirs ont été effacés, vous êtes libre du temps ; et l’esprit est également libre du temps.

L’esprit doit donc passer immédiatement par la perception, il doit passer des limites de l’espace au non spatial, à l’éternité, il doit faire un saut, et cela est intemporel. Mais travailler pour éliminer les souvenirs qui ne sont pas fonctionnels et les effacer complétement, est un processus qui peut prendre du temps. C’est donc le processus dans lequel la psyché est impliquée une fois que l’espace créé par la pensée, les limites créées par la pensée, se terminent.

J’appellerais donc la première étape, l’étape de transformation spirituelle – lorsque la pensée cesse de créer ces limites, cette transformation spirituelle est intemporelle. Et la deuxième étape – celle de l’intelligence opérant dans la psyché, pour éliminer les souvenirs obsolètes – est un processus qui se déroule dans le temps chronologique ; le temps psychologique est terminé. Il est alors possible de se voir non pas comme limité au corps mais comme une intelligence, comme une énergie qui se manifeste à travers l’intemporalité et l’absence d’espace ? Ces perceptions, ces compréhensions, peuvent-elles être traduites dans le corps ? Ce n’est qu’alors que mon corps, mon esprit, seront libérés de la souffrance psychologique, car il n’y a plus de souvenirs de souffrance. Et quand l’esprit ne stocke pas la souffrance, il ne la perpétue pas. Il ne stocke pas les souvenirs de la maladie, donc il ne perpétue pas la maladie. Certaines maladies peuvent survenir – par exemple, je peux avoir un mal de gorge ou un rhume – mais au lieu de durer des jours ou des semaines, elles peuvent se terminer en quelques heures.

Le symptôme survient parce que je reflète encore une certaine sensibilité à ce qui se passe dans l’environnement. Mais maintenant, un éternuement ou une toux n’est plus une maladie pour moi, c’est un instrument de sensibilité, de vision, de perception de ce qui se passe dans l’environnement, dans l’atmosphère. Ce n’est plus un handicap.

Et une autre question peut se poser : par l’affirmation positive, par certaines formules, puis-je construire ma santé ? L’autosuggestion fait également partie de l’approche holistique et, d’après ce que j’ai vu, je pense que cela ne fonctionnera pas. Si j’essaie de construire ma santé par l’autosuggestion, par l’affirmation, alors la pensée opposée est supprimée. La psyché ne peut pas être totalement libre s’il y a suppression. Par l’auto-hypnose ou la suggestion, vous pouvez provoquer un changement de forme extérieur, mais au fond, la peur de la maladie et de la mort est toujours présente. Je ne pense donc pas en termes de création d’une santé positive. Je pense qu’il est plus important que cela de voir qu’il n’existe pas une telle chose que la bonne santé. Quand vous êtes vraiment en bonne santé, vous n’avez aucun souvenir de bonne santé. Le souvenir d’une bonne santé ne vient que lorsque vous êtes malade. La bonne santé est un état d’être, de fonctionnement total et efficace. La bonne santé n’est pas une question de mémoire.

Comme vous le savez, il n’y a pas de gènes sains, mais seulement des gènes maladifs. Un gène maladif n’est rien d’autre qu’un souvenir de mauvaise santé organisé au niveau cellulaire. Vous pouvez l’effacer par la perception, par ce processus d’observation ou de méditation. La psyché sera alors libérée de la souffrance, du désordre, des maladies et des conflits, et le corps aussi – car le corps subira lui aussi une transformation. C’est la réponse ultime à la question de la santé – il n’y a pas une technique particulière.

Steven Harrison : il semble qu’Aurobindo se dirigeait dans cette direction au moment de sa mort…

Dr. Kaushik : Aurobindo a formulé cette théorie – il pouvait la voir, il avait cette vision. Je vois qu’il y a une grande validité dans cette vision – et c’est ce que nous essayons tous de faire. Mais à mon avis, si vous avez l’immortalité comme objectif, vous essayez de rechercher l’immortalité dans le temps, quand le temps est la mort.

En sanskrit, le mot pour « mort » est aussi « temps » – kal – donc en sanskrit kal signifie temps et kal signifie aussi mort. Donc, une fois que vous vivez dans ce temps, avec l’immortalité comme finalité, vous avez déjà postulé votre fin en pensant qu’il n’y a pas de fin. Les centenaires – les gens qui ont eu une longue vie – n’ont pas eu cette longévité parce qu’ils travaillaient pour cet objectif d’une certaine manière. Ils vivaient pleinement leur vie, d’instant en instant, sans se poser de questions, sans penser qu’ils vivraient longtemps ou brièvement. Mais une fois que votre esprit porte l’idée d’immortalité, il doit porter l’idée du contraire, la mort. Et donc la mort doit avoir lieu.

Donc, si vous pouvez voir ce qui doit être fait, et le faire, alors vous commencez à vivre – en effaçant le but dans un futur lointain. Ensuite, votre corps commence à exprimer la liberté du vieillissement, la liberté de la maladie et la liberté de la mort. Jusqu’où ira-t-il ? Ne nous inquiétons pas de cela. Si vous êtes constamment anxieux quant au résultat, cette anxiété est la mort qui va avoir lieu.

Donc toute l’humanité, une fois que nous voyons la direction, peut commencer à se mouvoir ainsi. J’avance là-dessus ; mon corps peut survivre encore dix ans ou quarante ans. Je ne sais pas, il peut survivre cent ans, mille ans : cela n’a pas d’importance. Mais tant que je vois clairement et que je commence à me mouvoir, l’immortalité devient un fait pour l’humanité. À quelle mesure ça va s’exprimer dans mon corps n’a pas d’importance, elle s’exprimera dans les générations suivantes. Mais les bases de l’immortalité doivent être posées dans le présent, et non dans le futur. Vous devez commencer à apprendre à vivre dans l’intemporalité, et cette énergie de transformation est l’énergie de l’intemporalité ; l’énergie de l’immortalité, du rajeunissement, elle est intemporelle. Si vous vivez dans le monde de la pensée et de la division, le vieillissement doit prendre place ; vous pouvez le ralentir mais vous ne pouvez pas y mettre fin. Mais si le temps a pris fin en tant que pensée, l’esprit ne gaspille pas son énergie par la pensée à travers le conflit. Au contraire, l’esprit se développe dans cette conscience d’unité avec l’univers entier ; il vit dans cette unité de l’univers comme un fait ; ce n’est pas un éclair ou un aperçu occasionnel qui arrive parfois, mais une expérience constante. Tout comme s’asseoir sur cette chaises ou d’être sur cette terre est votre expérience constante, vous pouvez aussi faire l’expérience constante que vous ne faites qu’un avec l’ensemble de l’univers, qu’il n’y a pas de division. Si vous pouvez vivre dans cette réalité de non-division avec l’univers, alors vous êtes l’univers ; aucun agent dans l’univers ne peut détruire votre corps. Rien dans l’univers ne peut nuire à votre psyché ou à votre corps si vous vivez dans cette unité. C’est le « miracle », c’est la puissance de l’esprit qui vit dans cette unité, qui est indestructible.

Mais vous devez y parvenir par une prise de conscience. Cela ne se produit pas automatiquement. Même lorsque vous entrez en contact avec cette énergie, cette énergie universelle ou énergie éternelle de non-division, de rajeunissement et d’immortalité n’est pas un sous-produit ; vous devez toujours travailler pour l’obtenir. Et travailler dans ce but, c’est la concrétiser dans votre vie quotidienne. Cela signifie que vous devez combler le fossé entre cette énergie et l’univers matériel et mental. L’esprit et la matière doivent devenir un véhicule pour cette énergie. Ce n’est que lorsqu’elle commence à se manifester à travers l’esprit et la matière que l’immortalité ou la vitalité de la jeunesse devient un fait. L’immortalité peut avoir deux aspects, vous pouvez avoir une longue vie mais vous pouvez toujours ressembler à une personne âgée. Il y a donc d’abord un rajeunissement, puis vient l’immortalité.

Je dirais que c’est la direction dans laquelle l’humanité évolue, ou doit évoluer pour trouver la solution à tous ses maux – pour trouver une sécurité totale, psychologique et physique, qui ne peut être menacée par rien. Et pour moi, c’est la nouvelle conscience, c’est le Nouvel Âge. Ce n’est pas un mambo-jumbo de danses, de chants et d’expressions.

Steve Harrison : Vous pensez donc qu’il est possible de faire un saut quantique dans l’évolution. Vous parlez d’une transformation totale du corps physique qui, dans le passé, même le plus petit changement, a pris des milliers d’années pour évoluer.

Dr. Kaushik : dans le passé, il a fallu des milliers d’années pour provoquer des changements parce que l’évolution se déroulait à un niveau inconscient. Maintenant, avec la réalisation consciente de ce qui se passe, elle peut être accélérée.

Cette réalisation consciente ou cette impulsion consciente vers l’évolution doit se faire à travers l’intemporalité, même si cela prend du temps dans le monde physique. Mais cela peut prendre beaucoup moins de temps si cette unité dans la psyché peut être complètement réalisée. Le but doit être dans le maintenant, l’esprit doit vivre dans l’intemporel, et seule l’énergie de l’intemporel permet cette transformation. Ce n’est pas un but pour un avenir lointain, c’est réalisable au cours de notre vie.

Steven Harrison : Ainsi, la mort peut devenir une chose du passé. Mais tant de religions et tant de philosophies se sont exprimées sur la mort, la renaissance, le karma, et ainsi de suite, pouvez-vous nous dire alors ce qu’est la mort ? Y a-t-il une part de vérité dans ces idées ? Et si oui, comment s’applique-t-elle à la vie que nous vivons ?

Dr Kaushik : La vie est une continuité, mais quand l’esprit humain pense en termes de continuité, vous devez voir le point de vue à partir duquel l’esprit y pense. L’âme est-elle un principe éternel, continuant avec toute sa beauté et son parfum, qui passe par la réincarnation, passe d’une vie à l’autre, exprimant la plénitude de la vie ? Ou est-ce un petit ensemble de souvenirs insignifiants – de jalousie, de haine, de violence, d’avidité, de compétition – qui se répètent sans fin d’une existence à l’autre ? Lorsque nous vivons une vie mesquine de compétition, de haine, de jalousie et de violence. Je pense que la continuité s’arrête. Mais ne postulons pas qu’avec le temps une transformation aura lieu, que l’âme subira un certain changement et qu’une rupture aura lieu. La modification peut avoir lieu dans le temps, mais une mutation ou une rupture complète n’aura pas lieu. C’est une chose que nous devons comprendre.

Il y a donc une substance à toute cette idée de réincarnation. Après la mort du corps, quelque chose survit – la pensée survit ; et vos tendances et vos souvenirs survivent en tant que partie d’une conscience collective. Et elles peuvent s’identifier à un nouveau corps particulier qui est né, et elles peuvent continuer avec cette identification. Mais pour moi, la véritable naissance ne serait pas l’identification de la pensée à un nouveau corps, mais la création d’un nouveau corps par un esprit universel qui tente de s’exprimer. Alors chaque corps est une expression de cette éternité et de cet esprit universel qui n’a pas de limites, qui a de la beauté et une fragrance. Ce serait donc une vraie réincarnation, une vraie naissance. Une fois que l’esprit humain est arrivé à ce point, il est immortel, et alors une réelle continuité ou immortalité s’exprime à chaque instant. Ce que nous appelons la continuité est une continuation de la peur, de l’anxiété et de la tension, je pense que cela doit cesser.

Chercher du réconfort dans l’idée de la réincarnation ou de la renaissance, c’est bête, car qu’est-ce qui va renaître sinon toutes vos mesquineries et jalousies ? Quand on ne change pas aujourd’hui, quel miracle se produira demain pour apporter un tel changement ? Si je ne change pas dans cette vie, comment vais-je changer dans la suivante ? Si je cherche à apporter un changement avec la prochaine naissance, pourquoi ne changerais-je pas maintenant ? Nous utilisons parfois l’idée de la réincarnation comme un moyen d’ajournement, et de cette façon, elle entrave le mouvement de l’évolution. Chaque idée a sa validité ; aucune idée n’est absolument fausse. Une fois qu’elle a été maintenue si longtemps dans la psyché, elle devient partie intégrante de la conscience humaine, et on ne peut donc pas dire qu’elle n’est pas vraie. La question est seulement de savoir comment cette idée est utilisée. Si elle est utilisée pour la stagnation, alors cette idée doit prendre fin. Trouvons la véritable immortalité et la véritable éternité !

Steven Harrison : Nous sommes dans un monde avec quatre milliards d’autres personnes qui tiennent à leur individualité – qui créent des guerres, qui polluent, qui se privent les uns les autres de nourriture. Comment est-il possible d’apporter cette transformation au monde entier ?

Dr. Kaushik : Chacun d’entre nous est violent parce que nous manquons de sécurité. La violence n’est pas inhérente à la nature humaine, mais seulement l’expression d’une recherche de survie, d’une recherche de sécurité. L’avidité et la possessivité viennent de l’insécurité. La lutte pour la survie est une expression de l’immortalité, qui est un besoin de l’espèce humaine. Je ne vois donc pas que l’espèce humaine soit condamnée simplement parce qu’elle est violente. Tout ce que nous, l’humanité, devons apprendre, c’est que ce n’est pas la voie de la sécurité ; il y a une autre voie.

Une fois que le véritable chemin vers la sécurité est là, tout le monde peut renoncer à ces jalousies mesquines, à ces petites querelles et à cette violence qui découlent de la peur. Une fois que nous aurons compris que l’insécurité ne peut pas prendre fin par la violence ou par la pensée, mais seulement par le contact avec cette énergie absolue et réaliser cette énergie dans nos vies, alors seulement nous pourrons avoir la sécurité. Mon sentiment est que si vous parvenez à cette réalisation que vous ne faites qu’un avec l’univers, et qu’il n’y a rien d’autre que cette unité, vous pouvez atteindre un point où rien ne peut vous menacer dans la vie. C’est la seule sécurité ; sinon, vous êtes toujours en insécurité, que vous alliez sur la route et que vous ayez peur d’un accident, ou que vous soyez dans la maison et que vous ayez peur des cambrioleurs ; que vous ayez peur de la maladie, que vous ayez peur de la guerre atomique – la peur permanente.

Ainsi, à mon avis, la vie sous toutes ses formes exprime cette essence divine, cette recherche de la sécurité, Chaque cellule s’efforce de survivre. Tout ce que la pensée doit apprendre, tout ce que le corps doit apprendre, c’est que la survie ne passe pas par la guerre et la compétition, mais par la recherche de la sécurité dans cet absolu. Alors la transformation est à la portée de tous.

Steve Harrison : Elle est à la disposition de tous, mais est-ce que tout le monde est intéressé, est-ce que tout le monde va la prendre, est-ce que tout le monde va être disponible pour elle ?

Dr. Kaushik : C’est à chacun de décider. Ceux qui ne la prendront pas seront détruits. Nous arrivons à un point critique où soit nous agissons intelligemment, soit la destruction totale est imminente. Donc si vous ne la prenez pas, c’est la fin.

Mon sentiment est que la vie humaine exprime l’intelligence, même si elle n’est pas très claire ou manifeste. Elle peut être sous forme de graine, latente quelque part – mais elle est là. La plupart des gens l’accepterait. La question est de savoir si vous pouvez la leur communiquer correctement. L’échec est le nôtre, si nous ne pouvons pas le leur communiquer. Tout le monde serait prêt à changer si nous pouvions communiquer.