Jean Biès: dialogue avec des chercheurs d’absolu par Philippe Camby

Même dans l’éventualité de la disparition d’une religion, l’on n’a pas de droit d’oublier que la dimension initiatique ne périt point, ni ne le peut. Prises dans leur acception symbolique, la crucifixion et la résurrection, par exemple, sont de tout temps, de tous lieux, et concernent à la fois macrocosme et microcosme. On ne doit pas oublier non plus que le logos subsiste éternellement par-delà dogmes et rites, comme le fil traversant les perles du collier.

YS: La fête cachée contre le christianisme par Philippe Camby

Est-ce parce que les mythes nous imprègnent d’une réalité à laquelle nous ne pouvons pas échapper que ces preuves nous apparaissent ? Non, ces preuves sont solides. Les villes englouties autour de nous sont légions. Les archéologues en découvrent souvent des cités lacustres bien sûr, en Irlande ou en Russie ; mais ils trouvent aussi des villes romaines tout entières, avec leurs larges rues symétriques, leurs marbres, et théâtre et forum, au fond de la Méditerranée (au large de Trapani notamment entre Sicile et Pentelleria). Dans le nord du Cotentin, on fouille actuellement un village immergé par douze mètres de fond. Et ce village a 6000 ans.

Prêtre ou poète : proclamer la langue des dieux par Philippe Camby

Cette expérience grandiose, l’extase poétique, est celle d’une expansion infinie des facultés de l’âme. Le chant, la phrase, le mot qui en sont le moteur établissent ou révèlent un accord entre l’esprit du monde (l’esprit de la Terre !) et celui de l’homme. L’âme, devenue toutes choses, a la révélation de l’harmonie et des correspondances. L’homme devient le sens, l’intelligence et la parole du monde. « Le chant est existence… c’est un vol en Dieu ».