Medhananda : Enterré dans les sables du temps : L’Évangile selon Thomas

Le Jésus amoureux de l’Un que nous rencontrons dans l’Évangile selon Thomas et le Jésus « diviseur » des Églises chrétiennes sont trop différents pour que cette divergence puisse être effacée par quelques arguments faciles. Ce ne peut être le même Jésus qui dit de lui-même : « Je suis le Tout », et des autres : « Vous venez de la Lumière », puis qui menace ensuite ses auditeurs d’un jugement futur : « Éloignez-vous de moi, maudits, dans le feu éternel » (Matthieu 25:41), ou encore : « La colère de Dieu demeure sur vous ».

George Pattison : La Philosophie de la prière

Les écrits chrétiens sur la prière ont souvent établi une distinction fondamentale entre la prière de demande, d’une part, et la contemplation, d’autre part. Nombre de textes classiques affirment que la demande est la forme la plus élémentaire de la prière, puis que l’on gravit progressivement les échelons jusqu’à parvenir à la contemplation directe de Dieu. Je ne ferais pas une distinction aussi tranchée, car, pour pouvoir demander quoi que ce soit, il faut déjà avoir une certaine compréhension de Dieu, ou de celui à qui l’on s’adresse, comme étant fondamentalement bienveillant à notre égard.

Iain McGilchrist et Carrie Gress : Le féminisme et au-delà

Il me semble qu’à notre époque, il existe une guerre contre le corps et contre la nature. Dans ce contexte, on nous encourage aujourd’hui à ignorer le rôle de l’hérédité biologique et à prétendre que la réalité est ce que nous voulons qu’elle soit, malgré l’absence évidente de preuves à l’appui d’une telle idée. Tout serait simplement le produit du conditionnement social. Nous sommes, ou devrions être, « libres », dit-on, comme si l’idée de liberté allait ici de soi. L’incarnation est-elle une liberté ou une contrainte pour la condition humaine ? Bien sûr, nous sommes tous soumis à de nombreuses contraintes. Serait-il préférable qu’il n’y ait vraiment aucune contrainte ? Nous négligeons le rôle joué par les limites dans la fondation de toute véritable liberté.

Arthur Haswell : Notre monde est-il fondamentalement un monde de souffrance consciente ?

Dans cet essai remarquablement schopenhauerien, Arthur Haswell soutient qu’un monde où la conscience est fondamentale peut encore être un monde de souffrance, voire de souffrance fondamentale : « Un univers imprégné d’esprit, voire d’intention, se traduit-il nécessairement par un univers bienveillant ou porteur de sens comme nous pourrions le souhaiter, ou déterminé d’une manière qui favorise la joie ? Il est certain que, si la conscience est omniprésente, le problème de la souffrance pourrait bien s’étendre plutôt que s’atténuer », affirme-t-il.

Paul Cudenec : Le christianisme et les forces du mal

Mais une fois que le christianisme est devenu la religion officielle de l’Empire romain, il a intégré les structures qu’il rejetait à l’origine. Sa légitimité a été renforcée par le soutien de l’État, et l’État a à son tour tiré une légitimité morale supposée du soutien de l’Église. À mesure que de plus en plus de personnes, à Rome et au-delà, se convertissaient au christianisme, celui-ci devint victime de son propre succès. Bien que ces personnes aient rejoint l’Église avec des intentions honnêtes, elles ont apporté avec elles les hypothèses et les perspectives issues de leurs croyances antérieures (païennes).

Claude Tresmontant : Les sciences expérimentales et la théologie

Il faut donc bien reconnaître, objectivement, et que cela nous plaise ou non, que l’Univers dans son histoire est un système qui reçoit de l’information, et de l’information nouvelle, constamment. Il est donc bien comparable à une symphonie en train d’être composée, depuis quelque dix-huit milliards d’années, symphonie dont nous n’avons aucune raison de penser qu’elle soit achevée, symphonie composée ou constituée non pas de compositions musicales mais de compositions physiques, chimiques, biochimiques, biologiques, finalement composée d’êtres qui sont des substances, des psychismes et bientôt des personnes.

Claude Tresmontant : Le christianisme et la raison

Conférence donnée à Notre-Dame de Paris le 6 novembre 1977. Le christianisme orthodoxe a toujours pensé et professé que l’existence de Dieu est connaissable d’une manière certaine par l’intelligence humaine, à partir de la création, à partir du monde physique et de tout ce qu’il renferme, à partir de la nature. Autrement dit, la création, l’univers […]

Claude Tresmontant : Mon approche

Le titre est de 3e Millénaire Robert Décout. — N’avez-vous pas l’impression d’aller à contre-courant de la pensée contemporaine ? Est-elle encore actuelle, cette philosophie chrétienne dont vous êtes l’un des serviteurs les plus inlassables ? Claude Tresmontant. — Je vais en effet consciemment et délibérément à contre-courant des tendances dominantes et majoritaires de la pensée philosophique contemporaine. D’abord parce […]

Richard Smoley : Vies actives et contemplatives : Entretien avec Carl McColman

Traduction libre McColman est un directeur spirituel, un animateur de retraites, un conférencier et un enseignant de renommée internationale sur la spiritualité mystique et la vie contemplative. Il est particulièrement connu pour son travail sur la pratique contemplative contemporaine connue sous le nom de « Centering Prayer (prière centrante) ». Son dernier livre est The New Big […]

Claude Tresmontant : Le christianisme et la guerre

Une armée de savants depuis une cinquantaine d’années a découvert et nous a fait connaître que l’animal, tout animal appartenant à toute espèce, est programmé. Ce qui signifie que dans le message génétique qui se trouve inscrit dans la molécule géante qui est pelotonnée dans le noyau de la cellule, il y a non seulement […]