De « l’homme noble » selon Maître Eckhart par Jean-Yves Leloup

Un autre obstacle consiste dans notre attachement à la multiplicité, aux images, aux distinctions, aux opinions, qui appartiennent au « vieil homme » et qui empêchent la réalisation de l’unité, de la simplicité, qui est le propre de l’« homme nouveau » (un autre nom de « l’homme noble ») : « Dans la distinction, on ne trouve ni l’Un, ni l’Être, ni Dieu, ni repos, ni béatitude, ni satisfaction. Sois Un, afin que tu puisses trouver Dieu, et en vérité ; si tu étais vraiment Un, tu resterais Un aussi dans la diversité et la diversité deviendrait Un pour toi et ne pourrait t’entraver absolument en rien ».

L’alsace secrète n’est pas celle qu’on pense! par Paul Arnold

[…] Eckhart rencontre la formule qui allait s’imposer à tous les mystiques rhénans : la « mort en Dieu » ; mourir à toutes choses naturelles d’abord, mourir à l’esprit ensuite, mourir dans le Fils pour entrer dans le Père où l’homme sera « assommé d’un coup mortel par la lumière divine ». Le grand mystère s’accomplit : « l’âme est réunie à la divinité de façon que l’on ne puisse pas plus la retrouver qu’on ne retrouverait une goutte de vie dans la mer », car « toute âme qui entre en Dieu devient Dieu, tout comme elle était Dieu avant d’être créée ».