La Bible en son sens entretien avec André Chouraqui par Guitta Pessis Pasternak

Les Septante ont été, non seulement les premiers traducteurs de la Bible, mais aussi les premiers traducteurs de l’Histoire : c’est la première fois qu’on a entrepris la traduction d’un grand texte d’une langue dans une autre langue, c’est-à-dire passer d’un contexte culturel déterminé dans un autre. Les Septante ont fait œuvre de pionniers : ce fut l’un des plus grandioses monuments de l’aventure spirituelle de l’humanité. A cette fin, les Septante optèrent pour une technique de traduction résolument syncrétiste et apologétique. Saint Jérôme, en écrivant la Vulgate, a essayé de faire une traduction révisée, avec ce qu’il appelle la « veritas hebraicas », un retour aux sources aussi radical que possible. Au fond, il a tenté de faire au IVe siècle ce que j’ai tenté de faire au XXe siècle. En l’appelant « vulgate » c’est-à-dire pour le vulgum, pour le peuple, il a offert la première Bible de « poche » en Latin. Les Septante et la Vulgate sont deux grands monuments de la culture universelle et ces deux grandes traductions ont inspiré toutes les autres. L’importance de ma traduction, d’après les critiques, est justement ce retour radical aux vraies sources bibliques d’avant les Septante.

Le fondement génétique de la langue naturelle par Léo-Georges Barry

Le monde que nous percevons a-t-il organisé notre être biologique en l’informant ou bien le monde perçu n’est-il qu’une image du monde intérieur projetée par nos sens ? Une autre formulation reviendrait à se demander si le monde intérieur ne contient pas le monde extérieur dans sa totalité du point de vue de l’information. Ouvrons une parenthèse sur les ondes de forme la théorie lectonique pourrait fournir une explication des effets comportementaux dus aux formes car le relais biochimique est apporté à partir de la perception par les hormones, médiateurs, transmetteurs chimiques dont on sait que beaucoup sont des peptides qui agissent sur le comportement…

Comment j’ai déchiffré un codex maya par Paul Arnold

Dès mon premier séjour au Mexique, je fus frappé par des analogies entre la langue des Maya toujours parlée au Yucatan et la langue chinoise. Avec l’aide d’un jeune sinologue, Wataru Okubo, je me suis attaché d’abord à une étude comparée des deux groupes de langues, monosyllabiques en leur essence, dotées de règles grammaticales absolument uniques au monde et se superposant jusque dans le détail de leurs particularités, celle par exemple de l’utilisation du même mot tantôt comme verbe tantôt comme substantif, selon sa place ou son rôle dans la phrase, ou la nécessité inéluctable de faire précéder un nom de nombre d’un spécificatif selon la catégorie des choses dénombrées.