Alan W. Watts : Est-ce vrai ?

Nous avons examiné le christianisme dans le contexte de la vision du monde hindouiste ; le cosmos y est présenté dramatiquement, par des mythes, comme le jeu de cache-cache du Soi avec lui-même. Elle présuppose l’existence fondamentale, originelle d’un Soi commun à nous tous (mais qu’est-ce donc que « l’homme du commun » ?), qui […]

L.-J. Delpech : Un grand historien contemporain : Arnold Toynbee

(Extrait de la revue des deux mondes. Juin 1971) Arnold Toynbee [1] est né à Londres en 1889 d’un père historien et d’une mère qui avait appartenu à la première génération de femmes universitaires. Il fut marié avec Rosalind, fille de l’historien Gilbert Murray (1913). Après son divorce en 1945, il se remaria avec Veronica […]

Science & foi

Note à nos lecteurs: Certaines des idées des intervenants de ce dossier, paru en l’an 2000, se sont modifiées avec les années. Il faut se référer à des écrits plus récents pour se faire une idée plus exacte de la vision actuelle des auteurs… (Revue Actualité des religions. No 18. Juillet-Août 2000) Science et foi […]

Vimala Thakar : L’essence de la religiosité

Les mots sont incapables d’apporter les nuances non-codifiées et non-standardisées indispensables à la communication. Il vaut mieux utiliser la communication non verbale et le partage dans le silence que ces supports verbaux rigides que sont les mots. Cela a été notre premier souci ici, de partager au sujet de la nature de la religion, de […]

Jacques Cauvin : La mutation religieuse du néolithique

Jacques Cauvin (1930-2001) était un archéologue français, spécialiste de la préhistoire du Levant et du proche orient (Revue Question De. No 59. 1984)   Quand l’art figuratif du Magdalénien disparaît en Europe, vers 10 000 avant J.C. [1], commence au Proche-Orient un art qui le rappelle par nombre de ses caractères. Cet art naissant se […]

G. V. Kulkarni : La vraie religion ?

(Revue Être. No 3. 1992) Extrait de « The mountain path », avril 1980. Mon père était très attaché à la religion. Il avait coutume d’adorer les images de Dieu et vouait un amour tout particulier à Çiva, qu’il adora en fait toute sa vie. Chaque jour il lisait Guru Charita de Saraswati Gandahar et […]

Jacques de Marquette : Eschatologie ou perspectives finales

L’Hindouisme nous a fourni un tableau typique des divers étages des conceptions que les hommes se forment de Dieu. Au-dessus des petits dieux naturistes agissant d’une manière caractérisée en un lieu déterminé, au-dessus des dieux toté­miques également attachés à un territoire, mais étendant leur empire à toutes les formes vivantes, au-dessus du Dieu tribal qui, tout en ayant un autel de prédilection dans la capitale du peuple, est plus attaché à l’ensemble humain de celui-ci qu’à son espace vital ; l’Hindouisme place les dieux plus ou moins démiurgiques qui régissent l’ensemble de l’Univers solaire qu’ils ont créé. Ces dieux, dans leur essence, sont inhérents à toutes les créatures grâce à la pression de leur activité créatrice, protectrice et rénovatrice qui les main­tient en vie…

Jean Markale : Le conte populaire

Car tout conte populaire intègre des données d’observa­tion concernant la lutte de l’individu contre le Destin. En fait, il s’agit presque toujours d’une transgression d’interdits. Le héros du conte populaire défie le temps, défie la société, défie la mort. Il lui arrive même de défier Dieu. Cet aspect blasphématoire n’est d’ailleurs ressenti comme tel que dans le cadre qui est le nôtre, c’est-à-dire celui d’une religiosité teintée d’un christianisme passif, entièrement voué à l’obéissance d’un Dieu tout puissant. Il en a été différemment dans d’autres sociétés, même des sociétés qui affirmaient leur christianisme, comme l’Irlande de l’âge des Saints…

Jacques De Marquette : Coup d’œil sur l'histoire des religions d'occident

Peu à peu dans les principales religions, en Égypte, en Syrie, en Mésopotamie, en Grèce, on vit émerger au-dessus de l’assemblée des Dieux-forces de la nature, puis des Dieux-in­carnations d’attributs, un Dieu suprême, de qui tous les au­tres procédaient, et sur lesquels il régnait en monarque sou­verain. C’était le dieu solaire des Égyptiens et son char, le dieu lunaire masculin des Chaldéens qu’Abraham, après son père Terach, devait adorer à Ur, dans son enfance. Probable­ment à la même époque, tandis que le Mahabharata et la Ramayana résumaient les légendes mystiques des Indiens, les Brahmanes dont la sagesse allait étonner les conquérants Persans et Macédoniens, élevaient au-dessus de Brahma, Vishnou et Shiva, ces trois personnes de leur Trimourti…

Jean Markale : Des liturgies ambiguës

À des titres divers, le théâtre participe de ce Sacré. On a voulu écarter toute notion de sacré au nom d’un vague rationalisme. On a profané le théâtre en en faisant un divertissement. Cependant, il ne suffit pas de vouloir écarter le sacré pour l’anéantir. Plus il est refoulé, plus il a tendance à franchir des niveaux de conscience qui devraient demeurer obscurs. Plus on le combat ouverte­ment, plus il affirme sa plénitude, ne serait-ce que par les biais les plus subtils, les plus innocents en apparence. Huis Clos de Sartre est une tragédie religieuse. Les ten­tatives du Living Theater sont les balbutiements d’une nouvelle formulation dramatique où le sacré envahit l’univers psycho-social dans lequel on prétendait enfer­mer l’action humaine. Alors, allons-nous assister, à l’aube du troisième millénaire, à une résurgence de la drama­turgie sacrée ?