L’ambigüité humaine entretien avec le professeur Maurice Auroux

L’animal est agressif pour survivre. Tandis que dans notre agressivité… toutes les structures cérébrales sont représentées. Il n’y a pas une structure cérébrale qui ne soit en relation avec les autres. Alors notre agressivité va passer par notre néocortex et c’est paradoxal puisque notre néocortex est le siège de la raison, de la réflexion, de l’imagination, bref, de ce qui nous caractérise. Notre agressivité n’est pas celle de l’animal vis-à-vis d’une proie qui s’échappe et qu’il poursuit parce qu’il a faim : nous, nous sommes capables d’agresser parce que notre imagination, l’idée que nous avons de nous-même peut nous entraîner, via l’affirmation de soi, à devenir violent.

Moi et l’autre par Maurice Auroux

Lorsque l’individu ne peut identifier l’Autre à lui-même, et si la situation dans laquelle il se trouve ne présente de risque ni pour sa vie ni pour ce qu’il croit être, il tend à s’identifier à l’Autre. Cette petite fuite est vraisemblablement un des facteurs de la mode ; sorte de soumission au groupe, elle aboutit à une neutralisation des tensions dans la mesure où les individus, s’assimilant les uns aux autres, finissent par acquérir une ressemblance qui sécurise chacun.