Martin Ratte : Au-delà de l’intelligence émotionnelle

Le rapport à vos émotions auquel je vous invite est très simple : je vous propose d’avoir un rapport réel à vos émotions, c’est-à-dire d’éprouver un vécu émotionnel dans lequel votre émotion se révèle réellement. Dans un tel vécu, la pensée n’intervient pas. Plus précisément, aucune pensée ou jugement ne vient s’interposer entre votre esprit et l’émotion. C’est que la pensée est toujours discordante à l’endroit du réel, et nous supposons désormais que cette relation à votre émotion est pleinement réelle — révélatrice de la réalité de votre émotion !

David Bohm : Conversations: 1- Le soi, la société et la proprioception

Le mot proprioception comporte deux parties. « Proprio » signifie « soi » en latin et « ception » est comme perception. Cela signifie donc perception de soi. C’est un terme technique utilisé par ceux qui parlent du corps, de la physiologie, pour décrire le fait que le corps connaît immédiatement son propre être, son propre mouvement ; il peut donc percevoir immédiatement son mouvement sans réfléchir et le distinguer des mouvements qui proviennent de l’extérieur. C’est nécessaire à la survie. Or, l’esprit ne semble pas en être doté. Ainsi, nous pouvons penser à quelque chose et soudainement ressentir une sensation viscérale, mais nous ne voyons pas que c’est la pensée qui a produit cette sensation viscérale…

Robert Powell : Mettre fin à la détresse en se décrochant du limité

La question est donc la suivante : comment défaire les crochets sans en créer de nouveaux au cours du processus ? Aucune action consciente de ma part ne peut être la réponse, car une telle action serait en fin de compte l’œuvre des crochets mêmes qui constituent le problème. Il suffit d’exposer les crochets, qui sont mes chaînes, à la lumière de l’attention, en les faisant passer du passé inconscient au présent conscient. Il est primordial de voir leur nature temporelle ; c’est-à-dire qu’ils sont entrés à un certain moment en se glissant, pour ainsi dire, à travers mon manque d’attention, et qu’ensuite ils se sont constamment renforcés.

Kristen French : À l’intérieur du cerveau de moines ayant médité pendant 15 000 heures

L’hypothèse du « cerveau critique » postule qu’un cerveau sain fonctionne à un point critique où la neurodynamique est suffisamment stable pour traiter l’information de manière fiable, tout en étant assez flexible pour s’adapter rapidement à de nouvelles informations. Ainsi, un cerveau qui fonctionne à un point critique est très efficace. Un système trop ordonné s’adapte mal, tandis qu’un système trop chaotique est dysfonctionnel. Si vous pensez à des personnes sous anesthésie, leur cerveau se trouve dans une phase particulièrement ordonnée. À l’inverse, la dynamique cérébrale de quelqu’un en crise d’épilepsie est beaucoup trop chaotique.

R.P. Kaushik : Méditations et discussions de groupe

Ce penseur, qui est très intelligent, qui veut méditer et se débarrasser des pensées, ne peut pas réussir. La méditation est la fin du penseur, et non l’effort du penseur. Ainsi, dès que le penseur réalise la futilité de son effort, il disparaît. Le penseur n’est rien d’autre que le conflit créé par la pensée, le conflit entre deux pensées, deux souvenirs. Dès que le penseur disparaît, la pensée elle-même entre dans une dimension différente. Alors, s’il vous plaît, ne condamnez pas la pensée à tous les niveaux.

Krishnamurti : Le sens de la mort

Ainsi, l’esprit évite la mort parce qu’il ne sait pas ce qui va se passer ; en gros, il dit : « Je connais la vie ». Aussi pénible, aussi douloureuse, aussi agréable, aussi angoissante, aussi destructrice soit-elle, c’est tout ce que je connais et je m’y accroche. Je ne connais pas l’autre. Je peux spéculer, inventer, rationaliser, avoir des croyances merveilleuses à ce sujet, mais le fait est que je m’accroche à ce que je connais. Ainsi, l’esprit recherche toujours la sécurité dans les relations, dans quelque chose de permanent. L’esprit l’exige toujours, et cette sécurité se trouve dans le domaine du connu, le connu étant le savoir, l’expérience, la mémoire.

Krishnamurti : L’observateur et l’observé

Lorsque je construis une image de vous — ou de n’importe quoi — j’ai la faculté de l’observer. Il y a donc l’image et son observateur. Je vois, par exemple, quelqu’un avec une chemise rouge et ma réaction immédiate est qu’elle me plaît ou qu’elle me déplaît. Ce plaire et déplaire est le résultat de ma culture, de mon éducation, de mes associations, de mes inclinations, de mes caractéristiques acquises ou héritées. C’est de ce centre que j’observe et que j’émets mes jugements, et c’est ainsi que l’observateur se sépare de ce qu’il observe. Mais l’observateur est conscient de plus que d’une seule image : il en crée des milliers. Toutefois, en diffère-t-il ? N’est-il pas, lui-même, une autre image ?

Insights sur la régénération II. Discussion avec Krishnamurti

Maintenant, la connaissance de soi est-elle le facteur central de la régénération ? Si tel est le cas, alors comment puis-je me connaître — sachant que le mot n’est pas la chose, que la description n’est pas la chose décrite ? S’il n’y a pas de verbalisation, que se passe-t-il ensuite ? Vous avez éliminé, si vous ne verbalisez pas, tout le domaine de la morale, de l’éthique. Pour nous les mots sont devenus très importants. Prenez le mot violence ; si je n’emploie pas ce mot et que je suis libre de la verbalisation avec toute sa signification, que reste-t-il ?

Robert Powell : La conscience dans les enseignements de J. Krishnamurti et Sri Ramana Maharshi

J. Krishnamurti parle abondamment de « conscience sans choix » — qui peut être considérée comme le pilier de son enseignement —, mais les gens ont beaucoup de mal à la comprendre. L’une des questions que ses étudiants lui posent sans cesse est la suivante : « Si la conscience est sans choix, alors qui est conscient […]

Krishnamurti : La transformation radicale

Maintenant, est-il possible d’observer notre conscience, non à deux niveaux disjoints, mais totalement ? Est-ce que je peux observer ma conscience, non pas comme l’inconscient et le conscient, mais comme une totale unité, indivise, une chose qui est intrinsèquement complète ? Est-il possible d’observer ainsi ? Ce n’est possible que lorsque je comprends très clairement que cette division est artificielle — peut-être est-elle commode et peut-être permet-elle d’expliquer certaines activités névrotiques — mais, en réalité, elle est totalement créée par l’homme, par la pensée.