Krishnamurti : Observation et apprentissage : Dialogue avec des étudiants d’une université américaine

Fondamentalement, nous sommes semblables. Vous pouvez avoir la peau blanche, je peux avoir la peau noire, quelqu’un d’autre la peau jaune, et ainsi de suite. Culturellement, nous pouvons être différents. Religieusement, nous pouvons être différents. Mais fondamentalement, nous traversons tous des agonies, des tortures, des incertitudes, du désespoir, un immense sentiment de tristesse ; nous passons tous par cela. Voilà donc ce qui constitue notre communauté fondamentale.

Shai Tubali : Le philosophe qui veut que les écoles ralentissent les enfants

L’apprentissage n’est pas la finalité de l’éducation : « Pour moi, c’est l’une des plus grandes confusions de la recherche et des politiques éducatives contemporaines. Les gens disent : “L’école est un lieu d’apprentissage”, ou encore : “Le travail d’un enseignant consiste à faire apprendre les élèves”. Si vous voulez apprendre, vous n’avez pas besoin d’une école ni d’un enseignant ; vous apprendrez énormément simplement en étant dans la rue ou en travaillant chez McDonald’s ». L’intelligence s’adapte ; la conscience interrompt. La véritable finalité de l’éducation est paradoxale et provocatrice : troubler le flot de l’apprentissage. « L’éducation devrait poser la question : que ferez-vous de ce que vous avez appris ? » Sans de telles interruptions, l’apprentissage peut faire de nous des êtres sophistiqués et efficaces, tout en nous laissant moralement endormis.

Brij B. Khare : Les dimensions de l’apprentissage

Que doit donc faire un éducateur bien intentionné et réfléchi ? Il peut examiner les enseignements de J. Krishnamurti, qui remet en question les fondements de la culture éducative actuelle. Krishnamurti ne se contente pas de critiquer la structure actuelle de l’éducation, il pose également des questions profondes sur la nature de l’esprit humain et de la condition humaine. Contrairement à toutes les autres tentatives de relance du système éducatif, son approche ouvre de nouvelles possibilités au sein de cultures particulières et s’efforce d’établir une configuration de valeurs entièrement nouvelle, susceptible à son tour de créer une nouvelle pédagogie et une nouvelle civilisation.

Sarah Whitcombe-Dobbs : Pourquoi l’exposition des jeunes enfants à des contenus liés à l’IA pourrait avoir des conséquences irréversibles

La seule façon de savoir comment l’IA pourrait affecter les jeunes enfants serait de mener des études longitudinales bien conçues. Mais d’ici à ce que des preuves solides émergent, toute une génération aura grandi en y étant exposée — et s’il existe effectivement des effets néfastes, ceux-ci pourraient être irréversibles.

Nir Eisikovits & Jacob Burley : Le plus grand risque de l’IA dans l’enseignement supérieur n’est pas la tricherie — c’est l’érosion de l’apprentissage lui-même

Pris ensemble, ces développements suggèrent que le plus grand risque posé par l’automatisation dans l’enseignement supérieur n’est pas simplement le remplacement de certaines tâches par des machines, mais l’érosion de l’écosystème plus large de pratiques qui a longtemps soutenu l’enseignement, la recherche et l’apprentissage.

Joshua Stylman : Surfer sur la vague

Ce à quoi nous assistons n’est pas seulement un progrès technologique – c’est ce qu’Ivan Illich appelait la dépendance iatrogène dans son ouvrage précurseur, Némésis médicale. Illich avait forgé ce terme pour la médecine – des institutions qui promettent de soigner tout en créant de nouvelles formes de maladies – mais le schéma s’applique parfaitement à l’IA également. C’est exactement ce que je ressentais à propos de ces nouveaux outils – ils promettent d’accroître nos capacités cognitives tout en les affaiblissant systématiquement. Ce n’est pas la prise de contrôle hostile dont la science-fiction nous avait avertis. C’est l’érosion silencieuse de la capacité individuelle déguisée en aide.

Kristina Lerman et David Chu : L’intimité artificielle : La prochaine expérience sociale géante sur les jeunes esprits

Aujourd’hui, les compagnons d’IA soulèvent des préoccupations différentes, mais tout aussi urgentes. Les jeunes s’engagent dans des relations émotionnellement immersives avec des agents artificiels qui reflètent leurs moindres humeurs, assouvissent leurs moindres fantasmes et ne disent jamais non. Une fois de plus, nous déployons une technologie puissante à grande échelle sans comprendre ses effets sur le développement à long terme, en particulier sur les jeunes et les personnes vulnérables.

Claudia Chaufan : Enseigner la pensée critique ou fabriquer le consentement

Et il ne s’agissait pas d’erreurs temporaires commises sous pression — mais de trahisons institutionnelles envers le rôle normatif des universités, des trahisons dont les leçons exigent réflexion. Il n’était pas seulement question de politique sanitaire, mais de fabrication du consentement — paradoxalement au sein d’institutions dont la mission normative inclut de favoriser la pensée indépendante. Ce qui suit est le récit de la manière dont je suis arrivée à ce constat.

Iain McGilchrist : Réflexions sur la vérité

Notre culture a tourné le dos aux sciences humaines en général, dans le cadre de ce que je considère comme l’élévation exclusive d’une sorte d’apprentissage procédural consacré aux processus techniques au détriment d’un engagement intellectuel plus imaginatif, mais certainement pas moins important, avec le domaine des idées. Une fois qu’un tel processus est engagé, il crée une boucle de rétroaction positive qui menace de voir les sciences humaines s’étioler complètement. Il n’est pas possible d’envisager avec sérénité ce que cela signifierait pour les universités, voire pour la civilisation dont elles sont l’un des piliers. L’éducation n’est évidemment pas un gavage d’informations, mais l’exploitation et l’élargissement des pouvoirs de l’imagination intelligente et créative, ainsi que de la capacité à raisonner clairement, à s’exprimer clairement et à savoir où la clarté rencontre ses limites nécessaires.

Gérard Pinson : Cerveau, l’éducation de la sensibilité 2e chapitre

(Revue 3e Millénaire. Ancienne série. No 19. mars/avril 1985) À la fin de la première partie de cette étude (voir n° 18), Gérard Pinson évoquait la prépondérance actuelle du raisonnement déductif sur l’imagination, qui néglige la complémentarité évidente entre ces deux formes de pensée dans l’apprentissage. La notion de complémentarité, naguère hypothétique, apparaît aujourd’hui dans les études les […]