La rencontre du sacré par « Yeh, point germinal » par Marie-Ina Bergeron

Le Maître invite l’homme à trouver son être par le dedans, plutôt qu’en se dispersant dans une multitude d’actes et de mouvements extérieurs. Les cinq couleurs, les cinq sons, les cinq saveurs ne font, dit-il, que désorienter l’homme. Avant tout, celui-ci doit purifier son regard pour parvenir à l’extrême du Vide. Le Vide (wou) est un des grands symboles de la pensée taoïste. Le sage connaît la loi suprême. Vidé de ses passions, de ses désirs, il est pleinement habité par le Tao.

L’homme et sa parole par Marie-Ina Bergeron

La Chine a saisi l’Univers comme un Tout vivant et mouvant grâce au jeu d’une bipolarité ciel/terre, visible/invisible, dedans/dehors, yin/yang, à laquelle la graphie n’a pas échappé. Elle aussi procède du yin et du yang « du dedans et du dehors ». Elle germe et se façonne dans l’intérieur de l’homme, royaume de l’intime, du caché, du Yin. Elle est Yang. A la fois yin et yang l’idéogramme est une totalité, à la limite un Tao : « un yin, un yang c’est le Tao ». L’idéogramme Tao « voie », conserve d’ailleurs le sens de « dire », d’enseigner, d’ouvrir à l’homme « la voie de la connaissance ».

La Chine et Teilhard par Marie-Ina Bergeron

Toute la différence entre la Chine et l’Occident tient peut-être à ce renversement d’attitude à l’égard du monde, à cette inversion des rapports : ici, la nature soi-disant dénuée de toute valeur spirituelle en soi, n’a d’autre raison d’être, que de se plier à tous les caprices, à toutes les fantaisies, à toutes les « mégalomanies » de l’homme d’Occident; là, pour la Chine ancienne, le « ciel » ou nature, est un « maître », l’homme se tient à ses pieds « comme un ruisseau au pied de la montagne » ou « un disciple au pied du sage ». Il l’écoute, il cherche à comprendre son langage non pour l’asservir, mais pour entrer dans l’œuvre qu’elle lui propose d’accomplir de concert avec elle…

Les 10000 êtres par Marie-Ina Bergeron

Les Chinois ont deux façons d’exprimer le cosmos. Il y a la terre et il y a le ciel. Mais il y a aussi le cosmos dans son unité. Il y a à la fois le cosmos dans son unité et dans sa pluralité c’est-à-dire dans la rencontre des 10.000 êtres. « Dans la pluralité cosmique, les Chinois ont inséré l’homme. »