Notes sur les Pacifismes et l’Homme par Marcel Hennart

Cela, le vulgaire ne le comprend guère : ses grandes passions lui, paraissent la marque d’un amour véritable — et il est toujours bien prés de déformer la parole de l’Écriture : « Qui n’est pas pour moi est contre moi ». Néanmoins, le vulgaire veut bien parfois lui tendre la main. Pour autant qu’un point du raisonnement humaniste concorde avec le sien, il cherche à le gagner à la justice de sa cause. Mais bien peu de ces accords connaissent la durée : finalement, l’humaniste est la brebis galeuse, celui qu’on ignore, celui que ne parle point au bas ventre des foules.

Le désespoir existentialiste par Marcel Hennart

Par son reniement même de toute transcendance, JEAN-PAUL SARTRE nous incite à expérimenter l’état du monde en la méconnaissance de son sens profond. Nous trouvons chez lui une vue presque bouddhique : « la diversité des choses, leur apparente individualité n’était qu’une apparence, un vernis ». Mais une fois que Sartre prétend gratter ce vernis, nous voilà bien loin de trouver l’Être dont la Mayâ n’est que le reflet. « La vraie mer est froide et noire, pleine de bêtes; elle rampe sous cette mince pellicule verte qui est faite pour tromper les yeux ».

Contre la guerre par Marcel Hennart

On vous dira que cet état de choses est naturel. La guerre n’est elle point l’expression de la concurrence vitale ? Et cette concurrence ne s’exerce-t-elle point dans tous les domaines du règne animal? Qu’êtes-vous, mes frères, sinon un troupeau de bœufs (boves sueti) parmi lesquels il faut trier? Cette explication est une concession au facile. Mais encore, notre mentalité démocratique ne s’accorde guère avec la précellence de la sélection naturelle. Constater le fait n’est en soi ni bien ni mal. Mais s’y conformer s’oppose à tout respect des droits de l’homme…

Vie et Unité par Marcel Hennart

Sans fin, l’Univers, fuyant l’unité fondamentale qui se trouve en lui, s’échafaude en organismes de plus en plus compliqués. Cependant, à chaque étape, se retrouve, transformée, sublimée peu à peu, l’éternelle inquiétude. La soif de l’Unité perdue, l’obscure soif de Dieu, embrase l’Univers. Certes, mille preuves physiques ne valent pas une seule intuition de l’âme. Ce désir, ce besoin d’Unité tourmentant la Création qui se connaît séparée, nous l’éprouvons au plus aigu de l’esprit.

Nostalgie de l’Unité par Marcel Hennart

On rencontre assez fréquemment la conception dualiste. Elle s’applique, d’ailleurs, aux notions les plus diverses qui soient notion du monde réel et du monde illusoire, notion de l’être et du non-être, notion de l’âme et du corps, notion de l’amour et de la raison, notion du bien et du mal… notions plus physiques, enfin. Il est curieux de voir combien ces notions sont anciennes et se retrouvent chez les peuples les plus dissemblables.

La joie de l’unité par Marcel Hennart

C’est le même souci constructif, la même recherche de l’Un qui a conduit le mental à ce qu’on appelle communément : le désir de l’ABSOLU. La connaissance des différentes beautés nous amène à la connaissance de l’essentielle Beauté ; la connaissance des différentes vérités nous amène à la connaissance de l’essentielle Vérité. Ainsi est possible pour le mental la connaissance de l’Être, muni des différentes perfections, dont nous ne connaissons que des pâles reflets.

Le Langage des oiseaux, Poème de Ferideddin Attar par Marcel Hennart

On demanda un jour à l’Océan pourquoi il était couvert d’une robe bleue qui annonçait le deuil, et pourquoi son eau était agitée comme si le feu la faisait bouillonner. Il répondit que ses vêtements bleus annonçaient la douleur qu’il éprouvait d’être séparé de Dieu et que c’était le feu de son amour qui le faisait bouillonner.