Robert Linssen : De l'amour humain à l'amour Divin

Tout amour véritable se manifeste par le don de soi. Dans le don de soi il y a renaissance, recréation. Il faut mourir pour renaître, nous disent les Evangiles. Il nous faut mourir à nous-mêmes pour naître à la Plénitude du Pur Amour. La mise en évidence d’un tel processus nous étonne de prime abord. L’instinct de conservation de notre « moi » se rebiffe et tente de nous suggérer qu’il y a là quelque chose qui pèche contre les lois de la nature. Bien au contraire. Toute l’histoire de la vie dans les règnes successifs n’est-elle pas celle d’une recréation perpétuelle, d’une destruction continuelle de formes, d’un dépassement incessant de niveaux acquis. Le « don de soi » inhérent à tout véritable amour, constitue le prolongement sur le plan humain, de processus naturels observables sur le plan biologique parmi des êtres primaires en organisation.

Robert Linssen : Le Nirvana

Le Nirvana est l’état d’émerveillement qui s’empare de ceux qui, ayant brisé leur « moi », parviennent au seuil d’une vie nouvelle s’écoulant au rythme d’un amour tellement émouvant que l’univers entier semble se réjouir dans le cœur de celui, qui étant devenu comme rien EST TOUTES CHOSES. Mais l’accès de ces cimes exige de notre part une transparence de cristal. Il s’agit pour nous d’atteindre l’état de la plus parfaite spontanéité. C’est ici que les mots nous trahissent. Car en fait, la spontanéité est peut-être tout, sauf un état.

Robert Linssen : Importance de vivre au présent

Certaines expressions, telles « vivre l’instant » ou « vivre intensément », sont devenues des slogans à la mode. Mais qu’en fait-on ! Nombreux sont ceux qui n’ont pas la moindre idée de l’inspiration profonde qui préside à des expressions telles que « être présent au présent » ou « vivre intensément », « vivre l’instant », etc. La « vie véritablement intense » n’est pas seulement extérieure. Certes, il n’est pas impossible d’exercer une qualité d’attention d’une certaine acuité dans une vie active. Mais il est très probable que celle-ci soit « périphérique » et s’éloigne de la sérénité des profondeurs. Vivre intensément l’instant demande aussi le silence et une vacuité conférant à l’intensité un caractère intérieur.

Robert Linssen : Quelques souvenirs: Wei Wu Wei (1896-1988)

Il est étrange d’évoquer cinquante ans plus tard, des contacts vécus avec des personnages exceptionnels. Commenter la vie et les œuvres de Wei Wu Wei, un ami, pseudonyme de Terence Gray, m’oblige à cette rétrospective. Je pense à Alexandra David-Neel, la célèbre exploratrice du Tibet, pour qui j’ai organisé une conférence remarquable à Bruxelles, à la salle Akarova en janvier 1949, et avec laquelle je rendis visite chez Wei Wu Wei à Monaco en 1968.

Robert Linssen : La voie négative

Etre pratique pour la plupart consiste à mettre sur un plateau d’argent une série de modèles à imiter, de paroles à réciter, de symboles à visualiser, de postures de méditation à copier. Tout cet ensemble apporte des « résultats ». Mais personne ne se rend compte qu’en dépit de ces résultats, le « moi » qui leur sert de support reste toujours prisonnier de ses conditionnements et du mirage de sa conscience limitée. C’est précisément de tout cela qu’il faut se débarrasser, non par un réflexe simpliste, enfantin de rejet volontaire mais à la suite d’une profonde et minutieuse prise de conscience.

Robert Linssen : Les « objets » et l’unique sujet

Il apparaît évident qu’au seuil du IIIe millénaire les évènements mondiaux se précipitent sous la forme de deux courants opposés. D’abord, un courant destructeur affectant matériellement et psychologiquement l’immense majorité des êtres humains par des crises se produisant à tous les niveaux: crises économiques, chômage, violence, dégradation des mœurs, drogue, pollution, augmentation des suicides, auto-destruction des processus naturels etc.

Robert Linssen : Krishnamurti et la révolution fondamentale

L’inspiration essentielle du message de Krishnamurti résulte d’une réalité intensément vivante et créatrice s’imposant à son intériorité spirituelle. Il en a été durant plus de soixante années environ le porte parole fidèle et persévérant, écartant toute compromission avec les conditionnements de la plupart des enseignements religieux.

Robert Linssen : Importance du dépassement de l’ego

Au seuil du troisième millénaire, le développement soudain de l’intérêt que suscitent les enseignements spirituels non dualistes est un événement important pour l’évolution de l’humanité. Les doctrines essentielles insistent sur le caractère illusoire et conflictuel de l’égo. Elles étaient restées dans l’ombre en occident mais les révolutions bouleversantes de la physique, en moins d’un siècle, ont révélé une complémentarité étonnante existant entre les sagesses antiques et la nouvelle vision du monde de la science moderne.

Robert Linssen : Voir le monde de l’intérieur

Tenter de faire comprendre et surtout de faire pressentir intuitivement la nature réelle de l’homme et du monde en utilisant les limites du langage verbal est une tâche très ardue. Des sages, tels que Krishnamurti, Nisargadatta ou Ramesh Balsekar, insistent sur l’incommensurabilité entre les concepts, les tentatives les plus subtiles de l’activité mentale la plus abstraite et le monde du Réel. Nisargadatta déclare que nous sommes dans l’ignorance complète de CE que nous sommes et de ce qu’est réellement le monde.

Robert Linssen : Le grand fleuve au-delà de la vie et de la mort physiques

Le problème de la mort a de tout temps suggéré des hypothèses contradictoires chez l’être humain. Ces hypothèses sont le reflet des croyances, conscientes ou inconscientes, ou des espoirs de ceux qui les émettent. Pour les uns, la mort physique résulte d’une loi universelle d’impermanence liée à tout assemblage ou agrégat d’éléments. Ces agrégats sont inéluctablement destinés à la dissolution des éléments matériels qui se sont associés pour les former. Pour les autres, le corps physique ne constitue que la partie matérielle d’un ensemble d’énergies réparties en différents niveaux ou dimensions. Parmi ces derniers se situeraient les niveaux ou dimensions psychiques et spirituels.