Robert Linssen : Yogas, concentration et libération spirituelle

Toute discipline spirituelle, tout effort mental divise et renforce considérablement le « moi » en le scindant en deux parties opposées entre lesquelles se développe une tension croissante. Ainsi se créent la partie qui inflige la discipline d’abord et celle qui la subit ensuite. La situation dualistique du « moi », origine de toutes nos servitudes, loin d’être résolue s’affirme, au contraire, dans sa toute-puissance. La libération spirituelle n’est possible que dans l’intégration moniste.

Robert Linssen : Expériences spirituelles et sensualisme mystique

L’étymologie du mot « extase » semble vouloir mettre l’accord sur un processus d’expériences se réalisant « en dehors » du corps et du cadre normal des perceptions sensorielles. En vue de remédier à ce caractère un peu exclusif de l’expérience spirituelle, certains auteurs, tels Mircea Eliade et le Dr Roger Godel, proposent le terme « d’en-stase », tentant d’évoquer de cette façon l’orientation vers le centre profond de l’être, au-dedans de soi, à laquelle se consacrent la plupart des mystiques.

Robert Linssen : Bouddhisme, zen et yoga

A la question de savoir ce qu’est le Zen, le professeur Ogata répondait : « Le Zen est un art de vivre, c’est la Vie elle-même. » Nous dirons que le Zen est un art de vivre intégralement. C’est en fait un yoga intégral. Vivre intégralement signifie que nous avons pris conscience et pleinement épanoui la totalité des énergies mises à notre disposition par la Nature. Prise de conscience du corps, des émotions, des pensées et surtout prise de conscience de niveaux spirituels dépassant la sphère de nos opérations mentales. L’expérience fondamentale du Zen ou « Satori » consiste en la « vision de la soi-nature ».

Robert Linssen : Bouddhisme et morale naturelle

Nous avons insisté sur le fait que « la nature profonde des choses » dans le bouddhisme est non seulement physique mais aussi psychologique et spirituelle. Elle échappe d’ailleurs complètement à nos catégories habituelles. Par l’obéissance à la nature des choses, le bouddhiste ne cédera donc pas systématiquement aux sollicitations des exigences corporelles, ni aux appétits de l’égoïsme. Il est important de noter que le comportement du bouddhiste n’est en aucun cas la conséquence des impératifs arbitraires résultant d’une révélation surnaturelle.

Robert Linssen : L'Apparent dogmatisme du non-dogmatisme

Les maîtres du Zen n’ont rien à « défendre » pour la raison très simple qu’ils ne possèdent rien. Ils nous enseignent que la sagesse consiste à « ne plus chérir d’opinions ». La loi essentielle de l’esprit est pure Liberté. Une telle affirmation n’est pas un concept. La Liberté véritable ne se « conçoit pas ». Elle se vit, et ne peut se vivre que lorsque cessent les concepts.

Robert Linssen : L'Acte suprême

Le Zen et la pensée de Krishnamurti, désignent fréquemment la Réalité fondamentale du monde et de I’ homme comme « Acte Pur ». Malgré les précisions données par D. T. Suzuki et Krishnamurti, nous avons constaté qu’une grande confusion demeure dans de nombreux esprits concernant cet important problème. Cette confusion s’aggrave du fait que le Zen et Krishnamurti affirment catégoriquement l’inexistence du « moi ». Nombreux sont ceux qui tirent deux conclusions erronées a la suite d’une étude trop rapide de ces problèmes. La première erreur consiste à croire que le monde et l’homme sont illusoires (au sens de Maya, tel que le conçoivent les hindous). La seconde réside dans une tendance à supposer que l’Acte Pur n’est qu’un concept abstrait ou encore une Réalité spirituelle existant en dehors des réalités concrètes de la vie quotidienne.