La Volonté par Pierre D’Angkor

C’est donc le développement de la Volonté qui donnera à l’homme la force de réaliser ce que son intelligence comprend et ce que son cœur désire. Tant qu’il n’a pas développé en lui cette Volonté active, l’homme n’est pas libre, il demeure enchaîné par ses passions, contraint de leur obéir, incapable de réaliser ce triple idéal du bien, du beau et du vrai, auquel tout son être aspire.

L’Amour, cet inconnu par Pierre D’Angkor

La Haute Mystique de l’Inde voyait dans la suite des univers qui naissent; vivent, meuvent et se succèdent indéfiniment le grand souffle cosmique, le temps dans l’éternel, le rythme grandiose de la Vie universelle, l’aspir et l’expir divins, les jours et les nuits de Brahman. Elle se refusait énergiquement à séparer ces trois aspects différents d’un même Tout unique : l’aspect divin, l’aspect cosmique, l’aspect humain. Le monde dit surnaturel n’était que le prolongement naturel invisible, du monde visible…

La science et le mystère de l’homme par Pierre d’Angkor

S’il est un fait pourtant dont la constatation est univer­selle, c’est l’existence en chaque être humain d’une dualité opposée de tendances, comme s’il y avait réellement en chacun deux natures différentes, étroitement associées, mais orientées dans des directions contraires : d’une part donc des tendances centripètes, poussant chaque homme vers la satisfaction de soi-même, de ses instincts, de ses appétits, de ses désirs égoïstes, et, d’autre part, des tendances plus affinées, centrifuges, nous aiguillant vers quelque chose qui dépasse l’homme et répond à des aspirations altruistes allant même chez les meilleurs d’entre-nous jusqu’à l’oubli de soi, l’esprit de dévouement et de sacrifice pour le bien d’autrui. Pour être les unes et les autres évoluées en chacun à des degrés très différents, ces deux tendances opposées n’en existent pas moins en tout homme normal.

Jésus et Judaïsme par Pierre D’Angkor

De vieilles traditions juives reproduites dans les écrits talmudiques, antidatent d’un siècle l’existence historique de Jésus. Elles le font naître sous Alexandre Jeannée et le montrent, durant sa jeunesse, obligé de fuir, avec son Maître Juif, Ben Perachiah, les persécutions édictées par ce monar­que contre les initiés. Il dut en conséquence, nous assurent-elles, se réfugier en Égypte, à Alexandrie, où il étudia et travailla. D’autre part, les historiens juifs du 1er siècle, Philon-le-Juif et Flavius Josèphe, qui ne nous parlent pas de Jésus de Nazareth, nous renseignent abon­damment sur les milieux juifs, mystiques et éclectiques de ce temps (Esséniens de Palestine et thérapeutes d’Égypte), dont l’importance fut grande à cette époque et dont les rapprochements avec l’Église primitive – qui finit d’ailleurs par les absorber – sont tels que la question de Jésus essénien, ou Réformateur de l’Essenisme, s’est souvent posée à la critique…

La destinée humaine, suivant les traditions parallèles de la Sagesse ésotérique par Pierre D’Angkor

le Principe métaphysique de la matière universelle, laquelle, grossière ou subtile, forme tous les corps : c’est le Principe plastique, féminin, de la matière et de la Forme, la Mère universelle. Personnifiée comme sagesse divine en Minerve, chez les Grecs, ou comme force divine (Shakti) par les déesses de l’Inde, elle était représentée dans le Christia­nisme primitif par le St-Esprit. Celui-ci ayant été masculinisé, le culte de la Vierge fut instauré. Jésus enseignait qu’une étincelle du Verbe est en chaque homme : c’est l’incarnation divine en l’âme humaine. Épanouie en lui et transfigurant sa personnalité mortelle, son « moi » humain, Jésus représentait, dans sa plénitude et sa perfection, cette incarnation du Verbe en sa personne, et son enseignement visait à préciser la voie royale à suivre par chacun pour réaliser pareillement cet état divin, en se haussant à la conscience universelle, la Conscience du Père. En effet la conscience, la perception et la réalisation de tous les pouvoirs de la Vie-une constituent cet état divin. Les degrés atteints au cours de cette ascension représentent effectivement la hiérarchie des êtres sur une échelle infinie et dont les hauts échelons échappent à notre vision limitée. La réalisation de l’état divin est donc pour l’homme « le grand œuvre ».

Le Jésus historique et son enseignement ésotérique par Pierre D’Angkor

Je dois faire remarquer ici combien la thèse talmudique peut paraître confirmée par la découverte des manuscrits de la mer morte. On sait depuis longtemps les rapports étroits existant entre l’essénisme et le Christianisme primitif, rap­ports si étroits que le problème de Jésus essénien, ou réfor­mateur de l’essénisme, s’est souvent posé, et qu’on s’est demandé aussi si la brusque disparition de l’essénisme ne résulte pas tout simplement du fait qu’il s’est fondu finalement dans la religion nouvelle.

Le Christianisme originel et l’hérésie romaine par Pierre D’Angkor

Au Dieu qui se manifeste dans la Nature et dans la conscience de l’homme fut donc opposé le Dieu qui se manifestait dans l’Église. Et celui qui prétendait y résister fut taxé d’orgueilleux et de révolté contre Dieu. On confondit délibérément l’humilité du cœur qui est une vertu avec la servilité de la pensée qui est indigne de l’homme. Au nom de l’une, on exigea l’autre. Une fausse conception de l’humi­lité engendra une fausse vertu. La conscience publique en fut oblitérée, souvent annihilée. Tout ce qu’ordonnait l’Église fut le bien. N’était-elle pas inspirée sans cesse du St-Esprit, selon la promesse de Jésus-Christ ? L’asservissement des cons­ciences étant ainsi assuré, les pires crimes contre l’humanité purent être perpétrés, sans amener de réaction dans l’âme des fidèles. Une réaction n’eût pu être que l’œuvre du démon !

Brève esquisse cosmogonique par Pierre D’Angkor

Pour la vision des Sages, l’Être c’est le Tout existant, visible et invisible, à la fois un et multiple. L’Unité transcendante de l’Être — ce que nous nommons l’Absolu — se manifeste comme dualité opposée de forces constructives dont le brassage forme l’Univers. La relation entre ces deux pôles opposés est la Vie, la Conscience. Tout univers naît et meurt, commence et finit. Leur succession, régie par la loi universelle de Cause à effet, est éternelle. Chez tous les peuples de l’antiquité — Égypte, Inde, Grèce — le symbole de cette totalité fut le serpent enroulé qui se mord la queue. L’orbe du serpent est le symbole de l’éternité, la tête et la queue du serpent qui se rejoignent figurent au contraire le temps de chaque Univers successif, son commencement et sa fin…

Le christ historique et la portes initiatique de sa biographie évangélique par Pierre d’Angkor

Comment donc naquit cette histoire romanesque du 1er Adam pécheur et du 2ème Adam, le Christ rédempteur, considérés tous deux, non pas comme des figures symboliques de notre nature humaine, tiraillée entre ses deux pôles, l’âme et le corps, appartenant l’une, Jésus, au monde céleste, l’autre, Adam, au monde terrestre, mais comme personnifiant réellement l’humanité toute entière, entraînant après eux son destin de chute et de rédemption et divisant ainsi l’Histoire du Monde en deux parties, avec cette conséquence monstrueuse d’un monde antérieur au Christ et voué à la damnation éternelle (dixit saint Bernard de ceux qui n’appartenaient pas au peuple élu) et d’un monde postérieur au Christ et appelé au salut parce qu’il a reçu le baptême chrétien.

Le problème de la foi par Pierre D’Angkor

C’est un fait en tout cas que l’homme est un être religieux — on l’a constaté dans tous les temps — et qu’il le demeure en dépit des dénégations matérialistes que lui oppose sans cesse son mental analytique et diviseur. Si l’Absolu, l’Infini, répond à un besoin secret vital, essentiel, de lui-même, c’est donc qu’il est le fond de lui-même. La religion nous propose ici l’explication surnaturelle : Dieu a mis en nous ce sentiment profond pour nous amener à Lui . Plus logique, moins artificielle, nous apparaît l’explication naturelle. La Nature ne crée rien d’inutile. Si elle a mis en nous telle tendance, c’est que, de quelque façon, elle est à même de la satisfaire…