Raja Yoga 3 par Swami Hridayananda Sarasvati

Ainsi, toute cette création est un rêve aussi, nous sommes en état de rêve en ce moment même. Dans le cosmos, nous sommes comme une particule de poussière. Si cette particule de poussière peut rêver autant, le cosmos ne peut-il rêver toute la création ? La différence, c’est que dans le rêve vous étiez seul, vos amis n’ont pas fait ce rêve. Tandis qu’ici nous voyons tous Roscoff, vous me voyez en train de vous parler. Donc cela peut-il être un rêve, puisque nous voyons tous les mêmes choses ? Mais dans le rêve, tous vos amis n’ont-ils pas vu le serpent en même temps ? Tous ensembles ne vous êtes-vous pas assis dans le même avion ? N’avez-vous pas vu la même Inde ? Ce n’est que lorsque vous vous réveillez que vous vous dites : « Tout cela a été créé par mon propre rêve ! » Ainsi, tout cela est dû à Maya et lorsque vous vous éveillez de cet état-là, lorsque vous atteignez l’état supraconscient, vous atteignez l’état de réveil et c’est alors que vous réalisez ce qu’est la Réalité.

La divinisation de l’homme par B. L. Atreya

D’après Vasishtha, il n’existe aucune voie de Réalisation du Soi hormis la Connaissance. « L’ascétisme, les pèlerinages, la distribution des aumônes, les sacrifices, les bains dans les rivières sacrées, l’étude des Ecritures, l’accomplissement des devoirs rituels, etc., tout cela n’est d’aucun usage ». C’est par la seule connaissance que l’individu peut réaliser sa propre Déité. La Connaissance est le seul moyen qui fait apparaître la Conscience du divin. « Bhakti », la dévotion à un Dieu personnel ou à un Maître, n’est aucunement requise et ne sert pas à grand-chose pour réaliser le Soi. Vasishtha croit inébranlablement qu’il ne faut compter que sur soi-même. Il affirme avec force : « On est soi-même son propre ami, ou bien son propre ennemi. Aucun palliatif ne peut être envisagé si l’on n’est pas l’artisan de son propre salut ». « Ce que l’on n’atteint pas soi-même, par un effort personnel et persistant, ne peut être atteint par nul autre procédé dans aucun des trois mondes ». « Le Dieu vrai que l’on doit adorer, c’est le Soi que l’on possède. Il n’est aucun besoin d’adorer tout autre dieu ». « Ceux qui abandonnent le dieu qui réside en leur propre cœur et vont à d’autres dieux sont comparables à ceux qui jettent les pierres précieuses qu’ils ont en main pour rechercher les verroteries ».

Les sciences contemporaines devant l’expérience libératrice par Roger Godel

Tandis que le chercheur de vérité oriental poursuit son itinéraire vers l’intériorité de l’être, le savant d’Occident s’efforce d’interroger le monde extérieur. Dans la substance et dans l’ordre du cosmos se situerait la réalité dont il espère saisir l’expression. Le « réel » pour lui, c’est l’objet, c’est la chose (res) c’est la phénoménologie ambiante. Pour connaître la réalité, il lui faut pénétrer dans l’intime structure de la matière qui l’entoure, par voie d’analyse et par un effort de reconstruction sans cesse renouvelé en synthèses progressives. L’homme acquiert ainsi la science des lois qui dessinent à chaque instant la configuration mouvante du monde. Il peut insinuer et faire jouer son vouloir, son choix dans le mécanisme de la causalité.

Le Nirvana par Robert Linssen

Le Nirvana est l’état d’émerveillement qui s’empare de ceux qui, ayant brisé leur « moi », parviennent au seuil d’une vie nouvelle s’écoulant au rythme d’un amour tellement émouvant que l’univers entier semble se réjouir dans le cœur de celui, qui étant devenu comme rien EST TOUTES CHOSES. Mais l’accès de ces cimes exige de notre part une transparence de cristal. Il s’agit pour nous d’atteindre l’état de la plus parfaite spontanéité. C’est ici que les mots nous trahissent. Car en fait, la spontanéité est peut-être tout, sauf un état.

Expériences spirituelles et sensualisme mystique par Robert Linssen

L’étymologie du mot « extase » semble vouloir mettre l’accord sur un processus d’expériences se réalisant « en dehors » du corps et du cadre normal des perceptions sensorielles. En vue de remédier à ce caractère un peu exclusif de l’expérience spirituelle, certains auteurs, tels Mircea Eliade et le Dr Roger Godel, proposent le terme « d’en-stase », tentant d’évoquer de cette façon l’orientation vers le centre profond de l’être, au-dedans de soi, à laquelle se consacrent la plupart des mystiques.

L'Acte suprême par Robert Linssen

Le Zen et la pensée de Krishnamurti, désignent fréquemment la Réalité fondamentale du monde et de I’ homme comme « Acte Pur ». Malgré les précisions données par D. T. Suzuki et Krishnamurti, nous avons constaté qu’une grande confusion demeure dans de nombreux esprits concernant cet important problème. Cette confusion s’aggrave du fait que le Zen et Krishnamurti affirment catégoriquement l’inexistence du « moi ». Nombreux sont ceux qui tirent deux conclusions erronées a la suite d’une étude trop rapide de ces problèmes. La première erreur consiste à croire que le monde et l’homme sont illusoires (au sens de Maya, tel que le conçoivent les hindous). La seconde réside dans une tendance à supposer que l’Acte Pur n’est qu’un concept abstrait ou encore une Réalité spirituelle existant en dehors des réalités concrètes de la vie quotidienne.