Voyage au pays de l’âme ouverte par A.-M. Cocagnac

Une question pourtant demeure. Il semble que certains états de méditation puissent déclencher la perception élargie induite généralement par l’acte sexuel. L’accès au « septième ciel » ne passe pas toujours par la satisfaction viscérale. Certes, l’expérience que recouvre cette métaphore cosmologique peut être de nature très diverse : l’union au Dieu personnel des chrétiens n’est pas la fusion avec le Brahman ou l’expérience du Vide propre aux bouddhistes. Il semble cependant que l’élargissement de la perception habituelle caractérise toutes ces manifestations de type extatique. On pourrait donc parler d’une « échancrure de la conscience » commune à l’orgasme pleinement vécu comme à l’extase apparemment la plus désincarnée.

Expériences spirituelles et sensualisme mystique par Robert Linssen

L’étymologie du mot « extase » semble vouloir mettre l’accord sur un processus d’expériences se réalisant « en dehors » du corps et du cadre normal des perceptions sensorielles. En vue de remédier à ce caractère un peu exclusif de l’expérience spirituelle, certains auteurs, tels Mircea Eliade et le Dr Roger Godel, proposent le terme « d’en-stase », tentant d’évoquer de cette façon l’orientation vers le centre profond de l’être, au-dedans de soi, à laquelle se consacrent la plupart des mystiques.