André Niel : La liberté créative

De deux choses l’une : ou bien ce « sentiment profond » que nous avons de notre liberté n’est qu’un leurre de la nature, ou bien notre liberté elle-même doit être considérée comme un agent néfaste de désordre et de misère. En fait, ces deux possibilités se conjuguent pour nous accabler. Nous allons voir comment, si notre liberté n’est qu’illusion, cette illusion est en outre assez virulente pour nous avoir amené dans l’état de malheur qui est le nôtre.

Albert Jacquard : Naissance d’un homme, naissance d’une promesse

Tout est donc dit dès le départ ? Certes, tout au moins pour ce qui résulte directement des réactions chimiques qui se déroulent en nous. La naissance, la sortie du sein maternel protecteur, n’est qu’un épisode parmi d’autres, lui-même provoqué par des mécanismes étroitement commandés par le patrimoine génétique de l’enfant et par celui de la mère. Le fœtus devient bébé, comme la larve devient papillon ; il change d’apparence, il se métamorphose, mais il reste dépositaire des mêmes secrets, il garde la même définition biologique de lui-même.

Milan Ryzl & Robert Amadou : Précognition, peut-on changer le futur

Toutes images sont donc en nous, tout est images, tout est en nous. Point de futur externe. Point de passé ou de présent externe. Le présent en nous, l’absence du temps. A l’extérieur, l’illusoire du temps que nous introjectons dépouillé de son illusionnisme, sans lui conférer néanmoins, et pour cause, de réalité.

Patrick Lebail : Dharma

La racine du mot dharma signifie « supporter », le dharma est donc ce qui supporte. Il n’est pas une norme fixe, car il varie selon les époques. La pensée classique indienne reconnaît quatre époques fondamentales dans le cycle du monde et un dharma pour chacune de ces époques. Les hommes de la quatrième époque, qui est la nôtre, sont assez dégénérés et incapables de se hausser à des concepts transcendants.

René Nelli : Le destin

Dès que, par la force des choses, l’homme et la femme se libèrent quelque peu de leur égotisme — c’est généralement dans l’amour, — l’harmonie qui s’établit entre ce qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et les événements imprévisibles qui ne dépendent pas d’eux se met à devenir signifiante : signes et intersignes foisonnent. On dirait que tout le réel est devenu pour eux subjectif.