Que cela vous plaise ou non, rencontre avec Arnaud Desjardins

Certes, il est le contraire d’un être blindé, endurci et sans cœur et éprouve donc des sentiments : amour, compassion, participation aux souffrances des autres… Mais vous imaginez vous constatant : « J’ai rencontré Ma Ananda Mayî, elle était très inquiète », « J’ai rencontré Bouddha, il ne se sentait plus de joie » ? La réponse est non, bien sûr. Vous ne pouvez concevoir un sage soumis à ces mécanismes.

Le paradis est l’enfer du sage, entretien avec Faouzi Skali

Le cœur ne désigne pas seule­ment le cœur organique mais aussi le centre subtil de l’être, celui qui reçoit la connais­sance et donc Dieu. Un texte dans lequel Dieu parle rappelle : « ni mon ciel, ni ma terre ne peut me contenir mais je suis tout entier conte­nu dans le cœur de mon servi­teur ». Mais on parle aussi de l’œil du cœur. Dans tout le langage coranique, l’intelligence est l’intelligence du cœur, y compris dans le discernement. Alors que dans le monde moderne le mental, le cœur et le domaine spirituel sont séparés.

Les sept cités par Nur’Ali Elâhi

La deuxième étape est délivrée de toutes les contraintes des structures corporelles et des paroles verbales. Son lieu part de la mémoire (sine, la poitrine) et va au cœur. Le résultat est la présence du cœur » et l’illumination spirituelle… Cette étape est plus élevée que la première et correspond à l’univers du Malakut (angélique). Elle est appelée degré de tariqat (chemin spirituel). Son effet est de sauver le pratiquant des attaches mondaines et de l’écarter des désirs et des caprices des passions et tentations du soi-impé­rieux.

Le cœur écoute par François Durand Gasselin o.s.b.

À vrai dire, il ne semble pas que l’expression de « voie du cœur » puisse être consacrée à la désignation d’un mouve­ment spirituel particulier qui risquerait aussi d’être margi­nal. Au contraire, elle peut ra­mener les chrétiens, toutes confessions réunies, à leur ori­gine commune : la révélation biblique. La Bible, c’est déjà un peu l’Orient. Et l’Orient, sans nier les valeurs de l’occident mais en leur permettant de s’affiner pour parvenir à leur propre vérité, peut nous aider à équilibrer dialectiquement, dans une attitude juste, l’exer­cice du sentiment et celui de l’intellect. L’un et l’autre, en ef­fet, ne sont en vérité ce qu’ils sont que dans la rencontre où, mutuellement, ils se fécon­dent. L’intelligence ainsi re­jointe est alors celle du cœur, non pas celle des « intellec­tuels » mais des « sages ».

Le chemin des contes par Eva De Vitray Meyerovitch

Tout maître spirituel cherche à éveiller les âmes endormies à la Réalité ultime qu’elles possèdent, sans le savoir, au plus profond d’elles-mêmes. Les grands Soufis, notamment, ont mis en œuvre tous les moyens dont ils disposaient pour faire accéder leurs disciples à cette prise de conscience. Leur rôle est dès lors comparable à celui du guide qui vous prend par la main pour vous conduire le long du Chemin.

Une immense nostalgie par Jean-Yves Leloup

« Au moment de t’engager sur une voie, demande-toi si cette voie a un cœur », disait Don Juan, l’initiateur de Carlos Castaneda. Il ne s’agit pas ici du cœur physique, ni même du cœur affectif et émotionnel, mais du cœur comme centre d’intégration de toutes les facultés de la personne, ce cœur — « centre » de l’homme — dont témoignent à peu très toutes les grandes traditions religieuses de l’humanité.