Teilhard et l’Inde par Maryse Choisy

06/09/2010

Teilhard veut « psychiser » la matière, car la forme supérieure d’existence et l’état final d’équilibre pour l’étoffe cosmique est d’être pensée . Il veut donc sauver la pensée du monde et par là donner un sens nouveau au monde. Il veut rapporter la terre à Dieu et ainsi donner une valeur à la terre. Dans ce dépassement, sans le savoir, il rencontre les Oupanishads.

Choisy Maryse , ,

L’Esprit est dans la matière par Jean-E. Charon

06/09/2010

Quand nous regardons à l’œuvre chaque cellule de notre corps, nous ne pouvons pas nous empêcher d’être émerveillé devant le savoir qui est déployé, pour construire notamment notre corps depuis les deux cellules initiales du moment de la fécondation, jusqu’à l’être achevé, avec tous ses organes et ses potentialités. Ne doit-on pas dire que c’est encore là l’Esprit qui opère, puisque les actions au niveau cellulaire font apparaître un savoir que physiciens et biologistes, avec tout leur « esprit », seraient encore bien loin d’être capables de reproduire ?

Charon Jean-E. , , , ,

La pensée de Krishnamurti en 1950 par Robert Linssen

06/09/2010

En premier lieu, le terme « discussion » n’est pas approprié au genre d’échange que souhaite Krishnamurti. Mais il est difficile de trouver d’autres termes. Les « réunion-discussions » dirigées par Krishnamurti ne peuvent en aucun point être comparées à celles qui se déroulent dans les cercles intellectuels. Dans une discussion ordinaire, chaque participant émet une « opinion », une « idée ». Il défend son point de vue, recherche des arguments, s’efforce d’aboutir à la conclusion précise que commande sa formation particulière et ses préférences personnelles. Le processus normal de la discussion est un processus rationnel, logique où s’exercent les ruses de l’activité mentale.

Linssen Robert ,

Communion et la conscience-témoin par Harold KELMAN

06/09/2010

Je sais que cette expérience ne se produit que si je suis reposé, le corps tonifié par l’exercice et la natation, et les mouvements progressant en spontanéité. A l’arrière et parfois au préalable il y a conscience d’une sorte de submersion totale de tous sentiments de corps et de comportement. C’est un état d’infinie disponibilité et de possibilité d’être mû par quelque chose de profond en moi. Je ne peux pas faire que cette expérience se produise ni assurer quand elle se produira. Car par définition ce qui est véritablement spontané est imprévisible et incontrôlable. Cela se poursuivit pendant les douze années suivantes avec parfois une intermittence d’une année entière, pour faire défaut presque totalement au cours des trois dernières années. Je suis convaincu que ces événements représentent une phase de mon évolution. Ils peuvent se reproduire mais leur signification et leurs contextes seront différents. Ces expériences et celles qui se rapportent à mes courses à pied peuvent, rétrospectivement, être considérées comme des manifestations de l’émergence de mon intérêt porté vers l’orientation centripète ; la respiration, l’humaine spontanéité, les techniques de secours les rendirent plus possibles.

KELMAN Harold , , , , ,

Teilhard prophète de l’évolution par Maurice Lambilliotte

06/09/2010

Je transcris, sans rien changer, quelques notes jetées en hâte sur le papier, dès mon retour à mon hôtel : « Sa jeunesse, sa beauté, sa vivacité d’esprit, sa joie rayonnante, écrivais-je, sont quelque chose qu’on ne peut imaginer si on ne l’a vécu ». L’impression que m’avait faite cet aristocrate racé qui, à ce moment, avait 73 ans, était vraiment une impression de jeunesse, de beauté physique, d’ardeur et de rayonnement. J’aurais pu y ajouter la simplicité, la cordialité, le sentiment qu’il engendrait d’une véritable communion d’esprit et de cœur tandis qu’il nous parlait. Son information sur l’état du monde était prodigieuse. Ses jugements aigus et pénétrants. Connaissant la semi-clandestinité où il se tenait volontairement d’ailleurs, je m’attendais à lui trouver un peu d’amertume. C’est un homme joyeux qui nous entretenait. Un homme à la fois si haut par sa vision du cosmos, et si près de la réalité. Une intelligence profonde et, à la fois, délié ; un homme vif, plein d’esprit, riant parfois d’une remarque, d’un mot lancé dans la conversation, enchaînant et découvrant en un éclair des horizons vastes et insoupçonnés. Sa pensée naissait sous nos yeux. Et cette pensée jaillie, expression claire, lumineuse et simple, d’une évidence et d’une conviction, nous imposait irrésistiblement l’émouvante approche d’un verbe authentique. C’est que derrière le savant et le philosophe, il y avait en Teilhard de Chardin un poète, mais au sens étymologique du terme, un créateur…

Lambilliotte Maurice ,

L’énergie humaine par le docteur Guy van Renynghe

06/09/2010

Dans la vision cosmique de Teilhard, l’Univers est issu d’une seule et même énergie psychique. Il distinguait l’énergie tangentielle ou l’aspect matériel des choses et l’énergie radiale ou force psychique qui induit la construction d’éléments plus complexes. De l’ambivalence de l’énergie première, il résulte que toute matière porte une part de psychisme ou de conscience, tout en admettant des degrés différents dans le monde inanimé et vivant. Teilhard poursuit en écrivant que matière et conscience évoluent suivant la loi de complexité-conscience. La qualité de conscience augmente avec la complexité du cerveau qui chez l’homo sapiens permet la pensée réfléchie.

van Renynghe Guy , , , ,

Le sens de la mort par Hubert Cuypers

06/09/2010

Nous ne connaissons la mort que par celle d’autrui. Il n’empêche que l’évidence de notre existence entraîne, pour chacun de nous, un sentiment d’immortalité directement lié à la fin qui nous attend. Nous acceptons la mort physique, mais, comme le remarque Echeverria, « pour montrer aussitôt qu’une telle mort n’existe que pour ceux qui nous survivent dans le temps, tandis que pour nous-mêmes elle n’est, ni ne peut être un cesser d’exister, une mort. Ou, pour user d’une formule : dans la mort je ne meurs pas; c’est le temps qui meurt en moi. »

Cuypers Hubert ,

L’Homme et le Cosmos dans une genèse commune par Rémy Chauvin

06/09/2010

Il y a actuellement deux possibilités dans la manière de considérer l’homme et le cosmos. Elles sont à peu près équivalentes. « La première est de considérer l’extrême petitesse de l’homme sur le plan de la mesure et il est certain que l’homme en face d’une galaxie n’est pas très gros… Mais il est gros par rapport à l’atome… en sorte que l’on a pu dire que l’homme constitue un moyen terme entre le plus petit et le plus grand. » Dans ces conditions, certains esprits peuvent être tentés de croire que la vie humaine est bien puérile et bien passagère et « qu’un beau jour, avec l’égalisation de l’entropie, elle disparaîtra définitivement et que tout sera comme si l’homme n’avait jamais existé ». On peut avec autant de droit concevoir, comme le faisait le Père Teilhard, qu’il n’y a pas deux infinis seulement, mais un troisième, celui de l’infiniment complexe l’Homme. « L’Homme dont le cerveau mystérieux a en quelque sorte créé le cosmos en le mesurant, en l’organisant, en le rendant conscient. »

Chauvin Rémy , , ,

Connaissance scientifique et filiation par André Cailleux

06/09/2010

Ces connaissances sûres et efficaces qui lui viennent du passé et d’autrui, le chercheur devra les assimiler, les intégrer dans son présent, les faire siennes. Ce qui était social et extérieur deviendra pour lui personnel et intérieur. Comment et par quel mécanisme, et à l’aide de quelle forme de structure ? C’est ce que nous allons nous demander, en examinant de plus près, le fonctionnement des cerveaux humains, en face de la nature.

Cailleux André ,

L’idée d’évolution et la philosophie par André Ligneul

06/09/2010

La réflexion philosophique, à propos de l’idée d’évolution peut se faire à plusieurs niveaux. Elle peut être d’ordre « épistémologique ». L’idée est alors considérée comme « hypothèse » et la question est alors : « Que valent les preuves expérimentales fournies à l’appui de sa validité ? » On peut aussi la prendre comme « théorie » et la question devient « Quelle est sa valeur heuristique ? est-elle facteur de découverte ? Fait-elle mieux comprendre les faits découverts ? » Car une « théorie » peut faire comprendre plus en profondeur un ensemble de faits et de lois…

Ligneul André ,

Le rôle de la pensée selon Krishnamurti par Robert Linssen

03/09/2010

En un mot, il est indispensable que nous sachions POURQUOI nous pensons, COMMENT nous pensons et CE que nous pensons. Car dans la mesure où nous n’avons pas saisi clairement les processus qui commandent à nos pensées, nos émotions et nos actes, nous sommes irresponsables. La connaissance de nous-mêmes, à laquelle nous invite Krishnamurti, n’a d’autre but que de nous faire accéder à cette pleine responsabilité.

Linssen Robert , ,

L’unité de la vie par George Magloire

03/09/2010

Le dynamisme qui soulève la matière est l’Amour. L’univers dès lors n’est pas une énormité angoissante. Il n’est pas absurde. Il est une montée vers l’esprit, une Noogenèse, une histoire qui possède un sens et nous dirons avec le chrétien Pierre Teilhard de Chardin, une histoire qui possède un visage et un cœur.

Magloire George , , ,

A la Recherche d’une Intégration Psychobiologique par Guy van Renynghe

03/09/2010

Le dilemme de l’âme a pu se formuler ainsi : si nous acceptons que les activités mentales sont des manifestations de l’âme, les modifications de ces activités, par une stimulation électrique du cerveau, reviendraient à manipuler l’âme par l’électricité ce qui est illogique puisque l’âme est incorporelle par définition. Si d’autre part, nous privons l’âme des toutes les fonctions mentales dont nous pouvons démontrer la dépendance par rapport à la physiologie cérébrale, nous la réduisons à une abstraction incorporelle, difficilement saisissable par l’esprit relativement pauvre de l’homme.

van Renynghe Guy , , ,

Mystique personnaliste Occidentale, Mystique cosmique Orientale par Jean Delépierre

03/09/2010

Pour éclairer la discussion, il faut songer d’abord à la distinction d’H. Bergson, dans «Les deux sources de la religion et de la morale». L’auteur y parle d’une religion «statique» qui vise à nous sécuriser en bouchant les trous de notre ignorance et en calmant nos inquiétudes. Puis il lui oppose la religion «dynamique» : celle qui convient à l’homme adulte ; c’est-à-dire à tout qui accepte l’existence avec sa plénitude et sa fragilité, sans recourir à des consolations extérieures. La religion dynamique ouvre cet homme à ce «toujours au-delà de lui-même» qu’est la Réalité suprême ; elle le fait vivre en communion continue avec elle.

Delépierre Jean ,